À la reconquête des temps improductifs
Avec l’arrivée des nouvelles technologies – du téléphone intelligent, notamment –, le temps de travail de ceux qui ont un emploi tend même à empiéter sur les loisirs et la vie personnelle, augmentant le stress et les cas d’épuisement professionnel sans pour autant accroitre la productivité. Les artistes, à qui l’on envie souvent une activité perçue comme libre et faiblement routinière, sont aussi confrontés à ces mutations. Non seulement les exigences de visibilité dans un monde concurrentiel entrainent la nécessité de savoir gérer son activité comme une entreprise, sur le plan de l’organisation et de la communication, mais la plupart des artistes sont également aux prises avec la réalité du travail salarié dans le cadre de leurs emplois dits « alimentaires ». Dans leur pratique artistique, certains artistes s’invitent de plus en plus souvent dans la réalité du monde du travail. Ils y agissent même directement, en devenant parfois employeurs, pour mieux en faire saillir les aberrations ou tenter de générer un temps improductif. Ils anticipent en cela un monde post-travail dans lequel le temps libéré permettrait de créer des projets individuels et collectifs et participent ainsi à la définition d’un « travail » qui ne serait plus conditionné à l’obtention d’un salaire3 3 - Proche en cela des thèses accélérationnistes. Voir Nick Srnicek et Alex Williams, Accélérer le futur : Post-travail et post-capitalisme, Saint-Étienne, Cité du design, 2017..
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