Marina Abramović interprétant Joseph Beuys dans How to Explain Pictures to a Dead Hare (1965) dans le cadre de Seven Easy pieces, Solomon R. Guggenheim Museum, New York, 13 novembre 2005. © Marina Abramović / SODRAC (2013)
Photo : Kathryn Carr, © The Solomon R. Guggenheim Foundation, New York
Accompagnée d’un afflux de théories sur la performance et de pratiques abordant tout spécialement la temporalité et la répétition, la reconstitution est dans l’air du temps. Les penseurs ont élaboré un discours critique qui souligne l’impossibilité pour un acte isolé d’exister en toute plénitude (invariablement, l’acte dépend de celui qui en fait l’expérience et des divers modes par lesquels celui-ci le mémorise, le fait entrer dans l’histoire). Cela dit, en Europe et en Amérique du Nord, certains artistes et commissaires, et avec eux de plus en plus de sociétés intéressées par la reconstitution populaire et culturelle, mettent de l’avant l’idée d’une pratique de reconstitution qui constituerait un moyen d’extraire une vérité du passé1 1  - Voir Rebecca Schneider, Performing Remains in Visual Culture: Essays on Re-enactment, New York et Londres, Routledge, 2011. .

Depuis le tournant du millénaire, la reconstitution gagne du terrain et de nouvelles préoccupations se font jour sur notre rapport à l’histoire. On a avancé que l’histoire, toute la culture et même l’expérience humaine en général reposeraient nécessairement sur une logique de reconstitution ou de réitération. Comme le soutient Adam Mendelsohn, « la reconstitution prend appui sur un raisonnement voulant que la fabrication de l’art, vecteur de production culturelle, soit elle-même une sorte de reconstitution historique, une activité de préservation de l’héritage passant par un comportement ritualisé ». Ou, comme le dit Robert Blackson lorsqu’il réfléchit au rapport de la mémoire falsifiée à la reconstitution artistique, « la mémoire, comme l’histoire, est un acte de création2 2 - Adam Mendelsohn, « Be Here Now », Art Monthly, no 300, octobre 2006, p. 13-16. [Trad. libre] Robert Blackson, « Once More… With Feeling: Re-enactment in Contemporary Culture », Art Journal, vol. 66, no 1 (printemps 2007), p. 31. [Trad. libre] Soulignons également, dans les années 1950, le travail de l’historien britannique R. G. Collingwood, qui a soutenu que l’histoire ne peut être extraite que par reconstitution, un processus qui exige l’identification. R. G. Collingwood, The Idea of History, Oxford, Oxford University Press, 1956, p. 215. ».

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Cet article parait également dans le numéro 79 - Reconstitution
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