Pussy-Riot
Pussy RiotPlace Rouge, Moscou, 20 janvier 2012.
Photo : Denis Sinyakov
L’indignation est une haine envers quelqu’un qui a fait du mal à l’autre. 
Spinoza1 1  -  Baruch Spinoza, Éthique [1677], Paris, GF, 1993, p. 204.


Ceux qui, comme moi, connaissent bien le climat social et politique actuel en Russie ont sursauté lorsqu’ils ont lu dans un article publié dans La Voix de la Russie du 23 mai 2012 que le gouvernement de Vladimir Poutine condamne la violence exercée par le Québec à l’égard de ses citoyens. Faisant référence à la répression policière des manifestations qui ont eu lieu en mai dernier à Chicago (dans le cadre du Sommet de l’OTAN) et à Montréal (en opposition à la loi 78), Konstantin Dolgov, chargé des Droits de l’Homme au ministère russe des Affaires étrangères, déclarait que « malgré le fait que les actions étaient pour la plupart des cas pacifiques, les mesures des forces de l’ordre étaient des fois disproportionnées2 2  - « La Russie préoccupée par des interpellations de masse aux USA et au Canada », La Voix de la Russie, 23 mai 2012, en ligne : http : //french.ruvr.ru/2012_05_23/Canada-OTAN-Sommet-protestations/ [consulté le 20 août 2012]. ». Cynisme ?

Comme aux États-Unis et au Québec, depuis quelques mois la ­jeunesse en Russie tente de se faire entendre. Dans un contexte où la liberté de la presse est particulièrement restreinte3 3 -  Voir « Comment le Kremlin étouffe la presse russe », Le Figaro.fr, 27 octobre 2006, en ligne : www.lefigaro.fr/international/20061027.FIG000000156_comment_le_kremlin_etouffe_la_presse_russe.html [consulté le 20 août 2012]., la place publique devient le lieu privilégié pour agir et l’activité symbolique, le langage le plus sûr. Les enjeux et les risques sont cependant autrement plus graves en Russie, où il n’existe presque pas de culture de la protestation et où la répression est sévère. Par exemple, accusées en mars 2012 de vandalisme motivé par la « haine de la religion », d’incitation à la violence et de l’organisation d’une manifestation non autorisée, trois membres du groupe féministe punk Pussy Riot ont failli écoper de sept ans de prison. Un mouvement international de solidarité avec les artistes s’est alors rapidement construit : Amnistie internationale a condamné les arrestations, des actions de solidarité ont été organisées partout sur la planète et une myriade d’artistes ont exprimé leur appui. La décision de la cour criminelle a été rendue le 17 août. Après près de cinq mois de détention provisoire, Maria Alekhina, Nadezhda Tolokonnikova et Ekaterina Samoutsevitch purgeront une peine de deux ans dans un camp pénitentiaire4 4 - Le 10 octobre 2012, à la suite d’un recours en appel, le tribunal de Moscou ordonne la libération conditionnelle d’Ekaterina Samoutsevitch. Les peines auxquelles ont été condamnées les deux autres membres de Pussy Riot sont maintenues..

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Cet article parait également dans le numéro 77 - Indignation
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