photo : John Tamblyn, permission de l'artiste | courtesy of the artist
« Chaque peintre à sa manière résume l’histoire de la peinture1 1 - Gilles Deleuze, Francis Bacon. La logique de la sensation, Paris, Seuil, 2002, p. 115. », écrivait Gilles Deleuze. À cet égard, Jinny Yu récapitule une histoire particulière de la peinture. Son travail fait référence aux multiples occasions, dans l’histoire du 20e siècle, où les peintres ont voulu mettre à l’épreuve les frontières de leur discipline en limitant leur palette de couleurs au noir. En même temps qu’elle s’inscrit dans ce sillage artistique, très porté sur la rigueur formaliste autoréflexive, Yu défie les orthodoxies modernes en repensant l’utilisation des matériaux et de l’espace dans la pratique picturale. Or, selon le théoricien Jean‑François Lyotard, le peintre, lorsqu’il reconceptualise les limites de l’art, se met dans la peau d’un philosophe2 2 - Jean-François Lyotard, Le postmoderne expliqué aux enfants : correspondance, 1982-1985, Paris, Galilée, 1986, p. 31..
Présentée en 2011 à la Galerie Patrick Mikhail, l’exposition de Yu intitulée Latest from New York crée un environnement pictural. Les peintures noires sont suspendues ou appuyées aux murs, ou s’inclinent pour s’éloigner de ces surfaces blanches éclairées par une grande fenêtre ; il va sans dire que l’espace de la galerie est inextricablement lié à l’agencement de ces surfaces.
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