Derek Sullivan, Fifteen Illustrations for (and/or from) a book that is (and/or will be) titled More Young Americans, 2011.
photo : Toni Hafkenscheid, permission de l'artiste | courtesy of the artist
En quoi consiste le résidu de l’abstraction ? Comment son sens change-t-il au fil du temps et de la traduction ? Où se manifeste-t-il, dans nos vies ? Le travail récent de Derek Sullivan table sur un aspect clé de l’abstraction : son rapport insaisissable, changeant et parfois arbitraire au sens. Puisant à une grande variété de sources bibliographiques, l’artiste approche les histoires du design moderniste, de l’abstraction et de l’art conceptuel comme un champ de signes en suspension. Il accorde une attention particulière aux formes et aux motifs récurrents, dont il tisse de nouveaux rapports au sens avec une agilité aveugle. Les images qui en résultent paraissent familières, évoquent une curieuse ressemblance, mais au final, échappent à l’interprétation.

Voilà qui est particulièrement évident dans Illustrations for (and/or from) the book that is (and/or will be) titled More Young Americans (2011), une œuvre en plusieurs parties qui se présentent comme les illustrations d’un livre disparu. Les panneaux qui la composent comprennent des dessins, des peintures, des collages et des images trouvées qui empruntent au langage visuel de l’abstraction géométrique : les motifs textiles de Lyubov Popova et de Varvara Stepanova, les compositions modernistes de Frank Stella et l’art optique de Bridget Riley ou de Victor Vasarely. Certaines illustrations de Sullivan constituent des exercices de composition formelle, d’autres extraient d’ouvrages, de brochures et de catalogues des images mettant en scène de jeunes gens en interaction avec des formes familières, abstraites par la production, la juxtaposition ou le jeu. Des enfants grimpent sur des sculptures publiques, des adolescents composent des motifs géométriques, des jeunes portent des vêtements inspirés de l’art optique. Réunies, ces images mettent à l’honneur des moments où l’abstraction courante est absorbée dans la culture populaire, se détache du cadre du grand art et devient en vogue – ce qui n’est pas sans ironie, si l’on tient compte du statut avant-gardiste de l’abstraction au fil du temps.

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Cet article parait également dans le numéro 76 - L’idée de la peinture
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