photo : Michel Dubreuil
Il y a dans le geste de collectionner l’idée de garder pour soi une part du monde, l’idée de faire l’inventaire d’un fragment d’univers en vue d’une appropriation. On choisit d’accumuler les signes d’une réalité qui nous échappe et qu’on veut posséder. C’est par l’accumulation du même qu’on rend compte des variations à l’intérieur d’un corpus d’objets. On parle d’objets plus souvent que d’idées. En effet, même s’il demeure théoriquement possible de collectionner des idées, d’en faire un quelconque inventaire et de les soumettre à un archivage, la collection renvoie plutôt à l’étalement d’objets, à la mise en place d’unités séparées voyageant à l’intérieur d’un même référent. Le geste d’archiver poursuit celui du collectionneur. Il y a dans l’archivage une mise en place ordonnée de la collection. Il s’agit moins ici de l’idée première de la collection dans son étalement que de celle de retenir dans le présent pour le futur les éléments objectifs d’une période révolue. On archive ce qui est, sans choisir ; du moins, ici, la question du choix qui préside à la formation de l’univers du collectionneur n’est pas centrale. Quant à l’inventaire, il apparaît comme étant la somme des éléments d’un corpus. « Tenir un inventaire » permet de savoir, de connaître ce qui est et ce qui reste, d’additionner. Faire un inventaire révèle aussi ce qui est disparu.
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