Ground Zero : la domestication des restes ou le pouvoir de disposer
Dakar, Sénégal, 2007.
Photo : Louise Lachapelle
La connaissance du passé ressemblerait plutôt à l’acte par lequel à l’homme au moment d’un danger soudain se présentera un souvenir qui le sauve. - Walter Benjamin
L’étude de la reconstruction à Ground Zero a déjà permis de montrer qu’il aura fallu exclure rapidement la réalité des restes, débris et autres ruines pour produire le lieu de la catastrophe comme site où la construction est possible conformément au modèle du mythique recommencement américain1 1 - Voir articles précédents : Ground Zero, where do we go from here ?, sous la dir. de Bertrand Gervais et Christina Horvarth, Écrire la ville, Université du Québec à Montréal, Centre Figura de recherche sur le texte et l’imaginaire (coll. Figura), no 14, 2005, p. 183-196. « Ground Zero – Quand l’architecture, comme la guerre, devient préventive », Le Devoir, 11 septembre 2003, p. A7.. Il s’agit maintenant de prendre spécifiquement pour objet le traitement de ces restes : les vestiges matériels qui témoignent encore du 11 septembre sur le site du World Trade Center, comme les empreintes en creux laissées par l’effondrement des tours, le mur de fondation qui retient l’Hudson ; mais surtout ces restes que l’on choisit de jeter ou de retrouver, de conserver (au sens muséologique) ou d’enfouir, et leur vertigineuse prolifération dans les formes, les langages et les technologies d’une culture contemporaine exposée au danger.
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