Photo : permission de Taipei Fine Arts Museum
Si l’esprit ne se fait pas image, il sera anéanti comme le reste du monde.Simon le magicien
Difficile de nommer cette évidence sensible qui transit l’espace métropolitain branché et, de manière presque imperceptible, délimite et pasteurise les existences. Dans le milieu de l’art, ce séjour indéfiniment prolongé dans le relationnel abstrait se vérifie en premier lieu à ce désir d’installer des situations propices à « l’interaction », afin de remédier à un supposé manque de « communication ». Anesthésie procédurale en grand style, qui recoupe la disposition étudiée des corps dans l’espace si soyeusement quadrillé de l’intersubjectivité. Une ritournelle de la maternelle tournoie dans l’air du temps : « C’est mon corps, c’est mon corps, ce n’est pas le tien » – puis la cloche sonnera et ce sera l’heure de la performance.
Cette vaste entreprise d’exposition/privatisation de l’existence, dont l’art contemporain n’est souvent que le triste symptôme, nous avons l’habitude de la penser sous le signe du spectacle et du règne de l’image. De Benjamin à Debord, de Baudrillard à Deleuze et Guattari, tous s’accordent pour dire que l’aliénation de l’humanité atteint son comble lorsque sa destruction est vécue sur le mode esthétique. Dans un passage devenu classique de l’Anti-Œdipe, le problème est posé en ces termes :
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