La première marque à laquelle je me souviens avoir été réellement fidèle était Commodore. Au début des années 1980, tous les jeunes branchés de mon école secondaire possédaient un ordinateur Commodore 64, et nous nous sentions collectivement supérieurs à tous ceux dont les parents avaient eu le mauvais goût d’acheter des machines moins méritantes comme le TRS-80 (le « Trash 80 ») ou, pire, l’Apple II. Bien sûr, nous n’avions pas le sentiment de faire preuve de fidélité envers une marque. Nous considérions tout simplement que le C-64 était un produit de qualité supérieure, qualité que le célèbre logo de Commodore en forme de « tête de poulet » résumait à merveille.

Mais Commodore a mal jugé la rapidité des changements qui allaient marquer l’industrie informatique et a mordu la poussière lorsqu’elle a tenté de lancer un ordinateur bas de gamme au moment même où IBM et ses clones s’assuraient la domination du marché grâce au PC. L’entreprise a ensuite périclité, et la marque est tombée en désuétude – un autre logo oublié de mon adolescence, époque de l’avant-consommateurisme. Mais la marque n’avait pas disparu pour autant, du moins pas tout à fait. Elle a été maintenue en vie discrètement grâce à des douzaines de communautés d’internautes qui lui sont restés fidèles, jusqu’à ce qu’elle soit achetée, en janvier dernier, par Yeahronimo Media Ventures (YMV), une société d’électronique hollandaise qui se prépare à mettre en marché un lecteur MP3 portant la marque Commodore. Des marques comme Atari ont survécu de la même façon, à l’état latent, dans des sites Internet rétro consacrés au jeu, en attendant que leur fabricant se rende compte que le marché est suffisamment vaste pour qu’il les ressuscite en tant que véhicules commerciaux.

Ce contenu est offert avec un abonnement Numérique ou Premium seulement. Abonnez-vous pour lire la rubrique complète et avoir accès à tous nos Dossiers, Hors-Dossiers, Portfolios et Chroniques !

S’abonner (à partir de 20 $)

Vous avez déjà un abonnement Numérique ou Premium ?

Se connecter

Vous ne souhaitez pas vous abonner ? Sachez que d’autres contenus sont accessibles si vous avez un compte Esse. C’est gratuit et sans achat ultérieur requis ! Créez un compte ou connectez-vous :

Mon Compte

Cet article parait également dans le numéro 56 - Irrévérence
Découvrir

Suggestions de lecture