L’affaire est entendue. Depuis le référendum de 1980, il n’y aurait plus de cinéma engagé au Québec. Certes, la plus grande part du cinéma produit ici est de plus en plus consensuelle, mais n’y a-t-il pas des exceptions ? Est-ce que l’échec référendaire expliquerait à lui seul la fin des luttes idéologiques ? Ne serait-ce pas plutôt un des contre-effets du relativisme absolu inhérent au post-modernisme qui favorise le repli sur soi et ses petites histoires, ses petites vérités, plutôt que d’encourager l’engagement et le militantisme ? Quoi qu’il en soit, il faut constater que si l’idée du Grand soir et des lendemains qui chantent est effectivement morte, les inquiétudes citoyennes n’ont pas disparu pour autant. Comme le fait remarquer Antonio Negri, il ne s’agit pas d’être «engagés dans des récits, dans l’idéologie, mais être militants dans le réel, par rapport aux pauvres et à ceux qui nous entourent1 1 - «Le communisme n’est pas un rêve, c’est un moteur… Entrevue avec Toni Negri», Conjonctures, no 29, printemps-été 1999, p. 35.». Comment la pratique cinématographique pourrait-elle rendre compte de cette nouvelle forme de militance ? Tout simplement en pratiquant ce qu’il nous plaît de nommer un cinéma de l’indignation. Cependant, avant d’aborder cette question, il faut revenir sur la définition même de cinéma engagé pour bien souligner ce qui distingue la nouvelle approche.
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