La mort est aujourd’hui omniprésente chez les Premières Nations, aussi bien au niveau individuel, où l’espérance de vie est une des plus basses d’Occident, qu’au niveau collectif, puisqu’il faudra bien un jour admettre que la colonisation des Amériques s’est faite au prix de plusieurs génocides. Aussi, personne ne s’étonnera que le thème de la mort est récurrent dans les œuvres de l’artiste ojibwe Ron Noganosh. Il s’y décline à l’échelle individuelle, collective et même planétaire. Dans son installation Anan Among Us (1999), l’artiste énumère une à une les morts violentes survenues dans sa famille : « Ma sœur Bella s’est saoulée à mort après le décès de sa famille », etc. En 1999, le chiffre s’élevait à 44 personnes mortes par noyades, accidents de la route, chutes, agressions, suicides … dont la plupart étaient liées à l’alcool1 1 - Lucy R. Lippard, « Des rires et des pleurs : l’art de Ron Noganosh », Ron Noganosh : It Takes Times, catalogue de l’exposition tenue du 9 déc. 1999 au 27 févr. 2000 à la Galerie d’art d’Ottawa, Ottawa/Brantford, Galerie d’art d’Ottawa/Woodland Cultural Centre, 2001, p. 63-64.. The Final Solution (1991), un collage techniques mixtes, établit un parallèle explicite entre l’extermination des Juifs par les Nazis et la réponse du gouvernement canadien à la « crise d’Oka » de l’été 1990. L’œuvre récente The Only Good lndian (1999) évoque le génocide indien au XIXe siècle et le vol des terres indiennes par les Blancs. L’installation Forget Me Not (1999), traite d’Hiroshima et de l’apocalypse nucléaire qui menace l’humanité depuis 1945.
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