Photo : Matthew Septimus, permission du MoMA PS1, New York
Que peut montrer une exposition à New York sur le 11 septembre ? Les images qui ont déjà tourné en boucle sur toutes les télévisions du monde ? Des traces de destruction, comme au mémorial de Ground Zero, ou au contraire des éléments de reconstruction, notamment celle bien réelle d’un New World Trade Center ? Chacune de ces options aurait donné lieu à une exposition convenue et probablement sans grand intérêt. Le commissaire de September 11 au PS1, Peter Eleey, a choisi une tout autre solution, remarquable, qui fait de la catastrophe le point de départ d’une réflexion rétrospective sur l’historicité du regard. Pour la plupart antérieures à 2001, les œuvres sélectionnées offrent des possibilités de réinterprétations chocs, provoquant un enchaînement de questions sur l’image de l’Amérique, celle que les Américains souhaiteraient avoir d’eux-mêmes, celle que leur renvoie le monde.
Non pas que les œuvres présentent des signes avant-coureurs du 11 septembre. C’est plutôt la catastrophe qui révèle des composantes jusqu’alors passées inaperçues. L’emballage de deux immeubles de Manhattan par Christo, Two Lower Manhattan Packed Buildings (2 Broadway And 20 Exchange Place) Project (1964–1966), ne présageait pas la destruction des tours jumelles mais, après le 11 septembre, le projet exprime une agressivité iconoclaste insoupçonnée.
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