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Émilie SerriDamascus Dreams, capture vidéo, 2021.
Photo : permission de l’artiste

L’opacité des rêves

Gwynne Fulton
Tout rêve renferme un lieu inaccessible, un nœud autour duquel il se construit, qui résiste à l’interprétation. Sigmund Freud appelait cela l’ « ombilic du rêve1 1 - Sigmund Freud, L’interprétation des rêves, Paris, Presses universitaires de France, 1980, p. 446.». Pour Émilie Serri, artiste d’origine syrienne née à Montréal, et Basma Alsharif, artiste visuelle d’origine palestinienne née au Koweït, le topos ombilical au cœur du rêve – son ­nombril ­impénétrable et inanalysable – évoque un lien avec un lieu dont l’accès est compliqué.

Œuvrant au croisement du film et de l’installation, Serri et Alsharif mettent en lumière de manière performative le phénomène du déplacement qui caractérise l’expérience diasporique. Elles font migrer l’énergie d’une image à l’autre, transférant l’affect vers un ailleurs qui résiste à la figuration. En écho aux interrogations de Susan Sontag sur l’éthique de la représentation de la guerre, elles cherchent à montrer la Syrie et la Palestine sans reproduire l’esthétisation de la violence perpétuée par les médias2 2 - Susan Sontag, Devant la douleur des autres, traduit de l’anglais par Fabienne Durant-Bogaert, Paris, Christian Bourgois, 2003..

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Cet article parait également dans le numéro 112 - Rêves
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