Ella-Dawn_McGeough_Baby
Ella Dawn McGeoughBaby, de la série Dream~form, 2020, vue d’installation, Gales Gallery of York University, Toronto, 2021.
Photo : Colin Miner, permission de l'artiste

Mon cerveau à trois heures du matin

Ella Dawn McGeough
Il y a les personnes qui dorment et celles qui ne dorment pas. Dans le monde des dormeurs et dormeuses, le sommeil arrive facilement, sans lutte ni acharnement ; une certitude ­physiologique. Enfant, je dormais. Dans ma vie d’adulte, je ne dors plus. En 2019, en lisant le poème « Ode to Sleep » (2005) d’Anne Carson, qui nous invite à envisager une vie « sans cette tranche de temps hors-la-loi qui ponctue chaque oreiller1 1 - Anne Carson, Decreation: Poetry, Essays, Opera, New York, Vintage Contemporaries, 2006, p. 41. [Trad. libre]», je me suis rendu compte que j’avais passé la moitié de la vie avec le sommeil, et l’autre, avec le doute ; moitié repos, moitié détresse. Dix‑huit ans avec, dix-huit ans sans.

C’est en plein cœur de l’été que le sommeil m’a échappé pour la première fois, à l’époque où j’allais et venais entre la maison parentale et la ville où j’étudiais en arts. J’avais l’esprit à vif, échauffé par les idées nouvelles et les traumatismes familiaux récemment exhumés. La chaleur accablante. Les ronflements incessants de ma mère.

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Cet article parait également dans le numéro 112 - Rêves
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