Tête à tête avec Michael Flomen

Manon Klein

Michael Flomen
Photo : Alain Beauchesne
Je me souviens d’être entrée dans son atelier comme on franchit la porte d’un conte. Seize années ont passé et pourtant, ce moment reste imprimé dans ma mémoire. Je me revois avancer, à la manière d’une Alice passée de l’autre côté du miroir, parmi des œuvres à demi voilées, des négatifs empilés, des instruments dont l’usage alors m’échappait. Des microscopes, des fragments organiques, des cuves et des potions magiques. L’ensemble paraissait à la fois chaotique et rigoureusement orchestré, en suspens, dans l’attente d’une révélation.

C’est en ces lieux que Michael Flomen déploie une approche radicale de la photographie, en explorant les possibilités du photogramme, procédé sans appareil, objectif ni mise au point, où l’image se forme au contact direct d’éléments déposés sur une surface sensible exposée à la lumière. Des phénomènes invisibles à l’œil nu (flux, vibrations, mémoires infimes) s’inscrivent dans la matière. Dans un milieu saturé de pixels, Flomen nous ramène à une définition fondamentale de son médium : non pas représenter des objets, mais accueillir des présences. Le photogramme est ainsi un art de l’interstice, un langage inframince – au sens duchampien – qui trace des passages entre les règnes et rend perceptible ce qui, d’ordinaire, est hors de notre portée.

Ce contenu est offert avec un abonnement Numérique ou Premium seulement. Abonnez-vous pour lire la rubrique complète et avoir accès à tous nos Dossiers, Hors-Dossiers, Portfolios et Chroniques !

S’abonner (à partir de 20 $)

Vous avez déjà un abonnement Numérique ou Premium ?

Se connecter

Vous ne souhaitez pas vous abonner ? Sachez que d’autres contenus sont accessibles si vous avez un compte Esse. C’est gratuit et sans achat ultérieur requis ! Créez un compte ou connectez-vous :

Mon Compte

Suggestions de lecture