L’un des symptômes les plus visibles ces derniers temps de l’intérêt porté par le monde de l’art contemporain à la question de l’exposition se trouve dans la prolifération des reconstitutions en tout genre – remakes, reprises ou transpositions – d’expositions jugées significatives. Celles-ci, en petit nombre, sont de plus en plus l’objet de discussions et d’évocations qui tendent à leur ménager une place importante au sein des représentations de l’art contemporain. La situation la plus spectaculaire est celle où une exposition est entièrement reconstituée, à l’image de la présentation de Quand les attitudes deviennent forme, en 2013, à la fondation Prada de Venise (Berne, 1969 ; Venise, 2013). Si l’on ne tient pas compte du changement important de contexte – l’exposition ayant désormais lieu dans un palais vénitien du 18e siècle –, la reconstruction était extrêmement fidèle à l’original, réunissant une grande partie des mêmes œuvres et des mêmes artistes dans une architecture reproduite de manière aussi exacte que possible, tout en laissant en pointillés les manques. L’ensemble ressemblait ainsi à une sorte de period room d’un nouveau genre, manifestant une attention très soignée aux moindres détails (fausses fenêtres, fausses plinthes, numéros d’ordre sur les murs, imitation du parquet ou du carrelage…).
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