À ma place
en compagnie de Travail
Afin de composer ce texte, l’auteur aura dû m’emprunter, presque céder sa place, c’est-à-dire travailler. Il a travaillé et moi je lui ai offert l’état mental : je lui ai chuchoté de poursuivre avec l’acharnement que nécessite le long à pondre, même pour un petit texte. Les procrastinateurs demanderont si j’ai été jusqu’à lui instiller ce qu’il devait écrire. Ces paranoïaques à l’échine trop souple croient toujours que j’insiste, et j’insiste : je ne fais que procurer le contexte psychique et physique, je stimule la concentration nécessaire à l’accomplissement du travail devant être réalisé, quel qu’il soit, rien d’autre.
Je suis une obsession, passage obligé et incessant de la réussite adaptative. Peu d’activités constructives se font sans moi. Depuis quelques siècles et de manière exponentielle, mon usage se répand, je prends de l’expansion. Sapiens, vous êtes des fanatiques de moi, c’est ce qui vous distingue. D’une manière inespérée et constante, vous vous épuisez au travail. Vous êtes mes héros !
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