Photo : Jérémie Battaglia
Avant même de terminer ses études en écriture dramatique à l’École nationale de théâtre, Guillaume Corbeil avait à son actif trois livres chaudement salués par la critique : un recueil de nouvelles, un roman et une biographie du metteur en scène André Brassard. Après Le mécanicien, un spectacle décevant, et pas seulement pour des raisons dramaturgiques, présenté à la salle Jean-Claude Germain du Théâtre d’Aujourd’hui en septembre 2012, on découvrait en février dernier un auteur de théâtre en pleine possession de ses moyens avec Nous voir nous, que Claude Poissant, metteur en scène et codirecteur artistique du Théâtre PÀP, a rebaptisé Cinq visages pour Camille Brunelle.
La pièce est ce qu’il est convenu d’appeler un miroir aux alouettes. Dans ces hauts lieux du narcissisme contemporain que sont les réseaux sociaux, cinq jeunes adultes viendront bientôt sous nos yeux s’abîmer, si ce n’est physiquement, à tout le moins moralement. Auparavant, ils utiliseront les plateformes mises à leur disposition pour étaler leur bonheur incommensurable, lever le voile sur leurs riches personnalités, restituer en somme, par le truchement de leur téléphone ou de leur ordinateur, toute la complexité de leurs identités. Inévitablement, un jour où l’autre, le vernis finit par craquer. Se pourrait-il que nos héros ne soient pas aussi heureux qu’ils le laissent paraître ? Que le regard des autres ne suffise plus à donner cohérence et envergure à leurs existences ?
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