Claudie Gagnon

Katrie Chagnon
Mélanie Boucher (dir.), Saint-Hyacinthe, Québec et Joliette, Expression, centre d’exposition de Saint-Hyacinthe, L’Œil de Poisson et Musée d’art de Joliette, 2009, 141 p.
Claudie Gagnon se donne pour objectif de mettre en valeur la démarche d’une artiste présente depuis plus de vingt ans sur la scène ­nationale, mais dont la diffusion écrite demeure somme toute lacunaire. Conçue dans une visée documentaire et analytique, cette première ­monographie sur l’artiste vient clore un projet rétrospectif mené par Mélanie Boucher, commissaire de deux expositions individuelles, au centre Expression de Saint-Hyacinthe en 2007 et au Musée d’art de Joliette en 2009. La nécessité de telles initiatives d’édition en art contemporain étant reconnue, il faut noter qu’ici le résultat, des plus honnêtes, constitue ­également un outil de travail utile pour les recherches à venir. À cet égard, l’approche chronologique et thématique des textes, la présentation matérielle de l’ouvrage et son appareil critique confèrent une structure cohérente au parcours artistique de Claudie Gagnon, dont la présentation bénéficie des efforts de synthèse des différents collaborateurs. 

Après une présentation générale de l’univers esthétique de Gagnon, les explorations plus ciblées du corpus sont l’occasion d’une rencontre féconde avec les réflexions de trois jeunes chercheures dont la thèse ou le mémoire porte (en partie ou en totalité) sur ce travail. Cela vaut la peine d’être souligné dans la mesure où le milieu universitaire néglige encore trop la valeur « scientifique » des textes de catalogues ­d’expositions, alors que les recherches en histoire de l’art trouvent peu de lieux ­d’accueil en dehors de ce genre de publications. Témoignant du pont créé entre l’université et le milieu de l’art contemporain, les essais de Julie Bélisle, Mélanie Boucher et Mariette Bouillet présentent, de manière accessible, des interprétations fines et articulées fondées sur les questions qui les ­occupent respectivement : les stratégies d’accumulation, l’usage ­performatif et symbolique de la nourriture et la dimension théâtrale des tableaux vivants de l’artiste. L’exercice de concision auquel se livrent les auteures est réussi, bien qu’on aurait voulu les textes un peu plus longs, vu la qualité des analyses.

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Cet article parait également dans le numéro 69 - bling-bling
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