Photo : Jean-Marc Fredette, permission de la Galerie B-312, Montréal
Après un passage remarqué dans diverses salles d’exposition au Québec et à Vancouver, l’installation Faire la vague de Jonathan Villeneuve était récemment présentée à la Galerie B-312, une première en sol montréalais. Réalisée en 2009 pour une exposition solo au Musée d’art contemporain des Laurentides, l’œuvre constituée d’une imposante charpente de bois et d’une vidéo marque un tournant dans la pratique de l’artiste. Le choix de matériaux familiers, souvent inaltérés, la conception d’une structure aux formes épurées, mais à l'assemblage complexe, et l’emploi de dispositifs mécaniques élémentaires contribuent à créer des pièces poétiques, animées et sonores. Par leurs titres évocateurs, tels que Mouvement de masse (2010), Longueur d’onde (2011), et ici, Faire la vague, celles-ci font référence à des phénomènes d’ordre à la fois naturel et culturel.
Dès l’entrée, le spectateur est confronté à une structure colossale insérée entre le plancher et le plafond et qui scinde la pièce en deux, tel un élément structurel du bâtiment. Or, l’objet architectural s’anime et émet un son qui rappelle celui du bateau tossant contre le quai. Composée de plusieurs dizaines de planches de bois de construction alignées à la verticale, la structure est activée au moyen d’un système d’arbre à cames laissé apparent qui, par un mouvement rotationnel, déplace les lattes insérées dans d’étroits caissons de bois. Du coup, la friction entre les planches et les parois des enclaves produit une sonorité qui, bien qu’elle nous semble amplifiée, ne résulte pourtant que de l’effet de résonance naturelle des lieux. Ainsi, au-delà de la structure physique de l’œuvre, c’est le son qui génère ici les images d’un paysage maritime, comme le laissait présager l’idée de la vague. À partir d’un dispositif mécanique rudimentaire, cette « machine simple », pour reprendre le titre du très beau texte de Daniel Canty distribué lors de l’exposition, fait appel aux sens et à l’entendement affectif des spectateurs, pour ouvrir du côté de l’imaginaire et de ses multiples possibilités d’assemblage.
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