L’exposition monographique de Luigi Ghirri au Jeu de Paume est d’une rare densité : bien que son commissaire, James Lingwood, ait choisi de présenter uniquement la production des années 1970 du photographe italien, l’accrochage est serré et les images s’enchainent. Et quelque chose, immédiatement, affleure : outre le fait qu’il s’agit sans doute, pour beaucoup de spectateurs, d’une découverte quasi totale, il est difficile d’achopper sur une série en particulier. Ce n’est pas qu’il n’y a pas de qualité, c’est même précisément l’inverse. Sur chaque photographie, le regard bute.
Luigi Ghirri est né en 1943, a suivi une formation de géomètre avant de se consacrer pleinement à la photographie à l’âge de 30 ans. Les choix plastiques du photographe peuvent étonner : ses images ont toutes été réalisées en couleur, à une époque où le noir et blanc était un gage de bon gout et de sérieux, et il a assumé n’avoir aucun attrait pour les tirages, développés par des laboratoires photographiques sans qualité. Certains textes de Ghirri, publiés dans le catalogue qui accompagne l’exposition, saisissent par leur crudité, conjointement lucides et austères : « Mes photographies sont en couleur parce que le monde réel n’est pas en noir et blanc. » Elles sont en effet de petites dimensions, parce qu’il n’apprécie guère de les voir transformées en objets de collection. Et quand il voyage, c’est « dans un rayon de trois kilomètres autour de chez [lui] », parce que l’analyse critique est plus aisée face à « la réalité [qu’il vit] quotidiennement ».
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