Marie-Claire Blais
Être la porte qui s’ouvre
Photo : © Marie-Claire Blais
Une douceur bienvenue enveloppe les murs de la Galerie René Blouin, le temps de l’exposition Être la porte qui s’ouvre de Marie-Claire Blais. Essentiellement picturale, cette douceur parvient à générer une ambiance qui transforme, momentanément, l’atmosphère de la galerie. Les codes rigoureux de ce white cube s’en trouvent étrangement ébranlés, comme si la pseudoneutralité d’un tel espace était délicatement invalidée. Portés par une palette aux pâles teintes de bleu et de rouge, les grands formats de Blais envahissent, subtilement ; ils investissent l’endroit d’une sensibilité précieuse. C’est presque une douzaine de toiles, seules ou en diptyques, qui peuplent l’espace d’exposition. L’assemblage organique crée une impression de cocon par lequel on se retrouve agréablement cerné. Cependant, malgré le sentiment de légèreté palpable, il n’en ressort pas moins une critique incisive qui questionne avec finesse les rapports de pouvoir à l’œuvre dans la peinture et l’histoire de l’art.
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