Par pudeur ou par souci d'objectivité, on ose rarement parler des affects dans les rapports entre artistes et historien.ne.s de l'art ou commissaires d'expositions. De fait, très peu d'écrits témoignent encore du lien intime qui, dans bien des cas pourtant, se tisse entre ces protagonistes au travers de leurs rencontres et collaborations. Qu'il soit davantage d'ordre intellectuel ou qu'il relève de l'amitié véritable, voire de l'amour, l'attachement qui sous-tend l'élaboration d'une pensée de et sur l'art se trouve généralement dissimulé derrière le discours dit savant des catalogues d'exposition, monographies, essais analytiques et textes critiques où se construit l'interprétation des œuvres.
À ce titre, la petite publication patiemment murie par Sylvie Cotton et Nathalie de Blois fait merveilleusement exception. Délicat amalgame entre un livre d’artiste et un essai narratif proche du roman épistolaire, moi aussi se veut avant tout une expérience de dévoilement : dévoilement de ce refoulé affectif du discours interprétatif, mais aussi, surtout, dévoilement l’une à l’autre de deux amies par l’esquisse de leurs portraits réciproques. « Nous avons convenu de suivre un même mouvement l’une envers l’autre », explique de Blois, « celui de dépeindre, de dévoiler et de se laisser dévoiler » (p. VI).
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