Un livre noir marqué des lettres rouges de la persistance avec un autoportrait numismatique de l’artiste sur la couverture. Voilà qui donne le ton à cet ouvrage conçu à l’image de Mathieu Beauséjour, qui en a assuré la direction artistique. Si l’artiste s’est fait lui-même le porte-étendard de la persistance, allant même jusqu’à se faire tatouer le mot dans sa chair, on ne peut que constater la pertinence de son parcours depuis les 15 dernières années.
Publié par Quartier éphémère, hôte de l’exposition Monument de l’artiste en 2007, cette première monographie bilingue consacrée à Beauséjour fait état d’une démarche artistique résolument inscrite dans la durée. Qu’on pense, par exemple, à l’International Virologie Numismatique (IVN) qui a infiltré et contaminé le système économique canadien sur une période de neuf années. Un rapport final de ce projet, que l’on peut consulter, recense les numéros de série de billets de banque qui ont été marqués du sceau par cette cellule anarchiste clandestine. Comme l’analyse l’économiste Ianik Marcil dans son essai, ce travail de contamination questionne l’inatteignable de l’argent et, par extension, interroge « le pouvoir qu’il a dans le système social et [sur] le pouvoir qu’il confère à qui en possède ». (p. 117) Malgré la présence de ce virus artistique sur la monnaie, celle-ci a continué à posséder la même valeur d’échange dans le système économique, faisant dire à Marcil que le « virus n’a pas atteint la Bête. »
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