Precarious Visualities : New Perspectives on Identification In Contemporary Art and Visual Culture
La notion de «visualité» a fait l’objet d’un tel investissement critique dans les dernières décennies que l’on peut se demander de quelle manière il est encore possible de l’inquiéter. En effet, avec le poststructuralisme et les études culturelles et visuelles, l’idée d’une vision décentrée est devenue un postulat difficile à contourner. Or, comment penser aujourd’hui l’actualité des recherches menées dans ces domaines, suivant l’hypothèse d’un déplacement de l’horizon critique et des thèmes dominants de l’identité et de la différence ? Une réponse convaincante est donnée par Precarious Visualities, un ouvrage collectif qui a la (trop rare) qualité de faire place à une grande diversité de propositions sans que jamais le lecteur ne perde de vue la thèse qui les rassemble.
Indissociable du «tournant corporel» des études visuelles discuté par Christine Ross en introduction, cette thèse est que la «précarité» s’affirme à présent comme la condition contemporaine de l’expérience esthétique. Cependant, cette notion de «précarité» ne renvoie par à un simple état – celui de l’image instable ou du spectateur appréhendé dans sa finitude et la faillibilité de ses fonctions sensorielles et cognitives. Si ces aspects entrent dans la définition de la «visualité précaire», c’est plutôt en tant que stratégies esthétiques, c’est-à-dire comme des opérations productives visant une complexification du rapport entre le «regardeur» et l’œuvre d’art. La publication entend démontrer, entre autres, que les pratiques contemporaines participent à l’invention de nouvelles sensibilités par l’exploration d’espaces incertains entre le sensible, le virtuel et l’imaginaire – un questionnement qui, on le constate, se répercute sur les approches des historiens de l’art et des théoriciens du visuel.
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