Véronique Béland

Les astronautes de la raison ont peuplé le ciel nocturne

Frédérique Renaud
Musée des beaux-arts de Sherbrooke, Sherbrooke, du 20 juin au 29 septembre 2019, dans le cadre du Festival Espace [IM] Média, réalisé par le Centre en art actuel Sporobole, Sherbrooke
Véronique Béland Vue d’installation, Les astronautes de la raison ont peuplé le ciel nocturne,Musée des beaux-arts de Sherbrooke, Sherbrooke, 2019.
Photo : François Lafrance
Musée des beaux-arts de Sherbrooke, Sherbrooke, du 20 juin au 29 septembre 2019, dans le cadre du Festival Espace [IM] Média, réalisé par le Centre en art actuel Sporobole, Sherbrooke
Véronique Béland
This is Major Tom to Ground Control
Véronique Béland
This is Major Tom to Ground Control, détail de l’installation, 2012.
Photo : François Lafrance
« Le vide de la distance n’est nulle part ailleurs ». Telle est la première phrase matérialisée par l’installation This is Major Tom to Ground Control de Véronique Béland en 2012. Présentée au centre de la salle principale du Musée des beaux-arts de Sherbrooke, elle convoque l’invisible comme matière première. Des ondes spatiales captées par le radiotélescope de l’Observatoire de Paris sont réinterprétées par un générateur de texte aléatoire créé par Béland, qui convertit ces ondes en fragments de phrases. Sous le mode de l’OuLiPo, Béland joue ainsi sur les possibilités poétiques de l’absurde et de l’improbable afin de transformer l’immensité invisible en un ensemble tangible. 

L’installation principale de l’exposition est constituée de plusieurs dispositifs visant à nous immerger dans le cosmos interpelé par l’artiste ; au centre de la salle siège une imprimante matricielle, reportant en continu sur papier ces messages cosmiques. Technologie désuète, l’imprimante contraste avec les données scientifiques de pointe employées dans le dispositif. Puisque l’installation fonctionne de manière ininterrompue, les nombreuses pages imprimées depuis l’ouverture de l’exposition s’accumulent dans l’espace de manière sculpturale et aléatoire, formant un document d’archives de cette conversation avec l’univers. La salle d’exposition est plongée dans l’ambiance sonore du vide, captée par le radiotélescope, comme un grésillement d’ondes, de messages incohérents qui n’auraient pas encore été décodés par le générateur. En canon, une voix de synthèse, personnification de l’installation, récite ces « poèmes de l’univers » matérialisés par le logiciel. L’immatériel prend ainsi la forme sensible d’une matrice écrite et sonore. L’installation de Béland amalgame le scientifique et le lyrique, réinterprétations romancées de données objectives réelles captées par le radiotélescope.

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Cet article parait également dans le numéro 98 - Savoir
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