Contre l’innovation : appropriation et disruption à l’ère de l’esclavage immatériel
De tels effets ont été observés récemment chez des artistes qui cherchent à figurer la douleur des autres, comme Dana Schutz, dont le tableau Open Casket (2016) représente Emmett Till, jeune Noir lynché en 1955. Des spectateurs noirs s’insurgent – à juste titre – contre cette forme d’appropriation culturelle, non pas parce qu’ils mésinterprètent l’intention de Schutz, qui était de dénoncer les injustices du passé, mais plutôt parce que l’artiste semble mal évaluer la praxis, qui associe les connaissances nécessaires à la création d’une œuvre d’art, l’activation des concepts qui en émanent et l’engagement autoréflexif envers les réactions déclenchées. Cette praxis cristallise le sens de l’œuvre de Schutz et dépasse ses intentions personnelles. Le tableau distille passablement d’informations à partir de la position biopolitique de son auteure ; son privilège de Blanche s’accorde mal avec le sujet traité, ce qui illustre de manière implicite les asymétries de pouvoir qui persistent entre les races aux États-Unis.
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