On parle beaucoup en ce moment dans les ateliers ou les bureaux d’artistes, dans les galeries et au sein des revues d’art, de la disparition de l’objet. Les pratiques artistiques travaillant de plus en plus dans l’ordre de la relation, l’objet, dit-on, est appelé à devenir un simple prétexte, presque un moment dans un processus, et encore, seulement lorsque l’on en a besoin. Je voudrais m’immiscer dans ce débat en tant que philosophe par une question sur le statut de cet objet dont on annonce la disparition. Avant de décider pour ou contre cette disparition, il faudrait préciser ce qu’il s’agit de rejeter. De quelle choséité parle-t-on au juste, aujourd’hui ? Il se peut que la question soit mal posée, qu’elle ne porte pas sur la présence et la production d’objets. Que l’on choisisse ou non d’en produire, il faut reconnaître que leur statut n’est plus le même dès que l’on assume la dimension relationnelle. On serait passé d’un objet autonome ou, plus exactement, dont l’autonomie définit la présence, à un objet relationnel qui n’existe et ne se soutient que dans l’ensemble des relations dont il dépend et qu’il déploie.
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