Photo : Aleksander Komarov, permission de l’artiste
Du temps et des fleurs : Sur l’œuvre de Susanne Kriemann et d’Anaïs Tondeur
La nouvelle de Ballard a récemment été interprétée comme une mise en relief de la rhétorique de l’urgence qui caractérise l’environnementalisme populaire actuel2 2 - Rebekah Sheldon, The Child to Come: Life After Human Catastrophe, Londres et Minneapolis, University of Minnesota Press, 2016, p. 32.. Cette forme de malaise social découlant de l’incertitude peut se traduire par le désir de considérer comme sûr un avenir inconnu et menaçant, de l’envisager comme une chose prévue, régularisée et donc maitrisable. Certaines technologies offrent précisément cette promesse d’un futur connu et tout tracé. La perte progressive du pouvoir surnaturel que possède la fleur de ralentir le passage du temps trahit toutefois la futilité de l’exercice, qui a également l’avantage de détourner notre regard du présent. Mais que se passerait-il si nous renoncions à ces certitudes et que nous laissions les fleurs nous guider vers des rencontres temporelles inattendues qui nous inciteraient à embrasser une perspective plus incertaine et à demeurer dans le présent ? Guidés par les fleurs vers des avenirs indéterminés et des territoires contaminés, certains artistes contemporains s’ouvrent à des collaborations improbables avec des plantes toxiques.
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