Alexandre David
Alexandre DavidSans titre, exposition La Demeure, Optica, 2002.
Photo : Alexandre David
[In French]
L’être, considéré concrètement, et par exemple dans la personne, se ramène donc à ce je-ne-sais-quoi de douteux et d’équivoque, à cet hybride d’être et de non-être, à ce presque-rien en un mot qu’est le fuyant devenir. Le devenir contrarie l’arrondissement plastique de l’objet, car il est la dimension selon laquelle l’objet se défait sans cesse, se forme, se déforme, se reforme et se transforme ; le changement que le devenir fait advenir n’est pas modelage, mais modification continuée1 1  - Vladimir Jankélévitch, Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien. La Manière et l’Occasion (Tome 1), Paris, Seuil, 1980, p. 30..

Le travail d’Alexandre David se distingue du fait qu’il résiste à se laisser fixer dans un seul langage ou un seul registre artistique. Ses ­installations sont autant d’espaces d’indécision où se lient et se délient, se ­conjuguent et se repoussent les qualités plastiques qu’évoque leur apparence ­minimale. Loin de perpétuer les valeurs modernistes qui en feraient des objets spécifiques stables et autonomes, les constructions de bois ­proposées par l’artiste jouent sans cesse sur les écarts et les variations. Elles misent sur l’oscillation du sens et de la forme, sur ce je-ne-sais-quoi ou ce presque-rien que Jankélévitch associe au perpétuel devenir des choses, incessant mouvement de dévoilement qui se déploie dans ­l’expérience.

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