[In French]
Une bonne partie de notre vie se passe à boucher les trous, à remplir les vides, à réaliser et à fonder symboliquement le plein1 1 - Jean-Paul Sartre, L’être et le néant, Paris, Gallimard, 1943, p. 705..
Artiste pluridisciplinaire, s’intéressant autant à la performance, à la vidéo, à l’installation, à l’écriture qu’à l’enregistrement d’œuvres sonores, Christof Migone rejoint, par sa production, plusieurs publics fréquentant diverses scènes artistiques. Mais le fait de rassembler dans un même lieu plus d’une vingtaine de ces œuvres, dont les plus anciennes remontent à 1995, est aussi une excellente occasion d’apprécier la cohésion qui se dégage de l’ensemble de son travail. Intitulée Trou, cette exposition, proposée par la commissaire Nicole Gingras, voulait en effet montrer l’importance de certaines préoccupations de l’artiste qui se situent, principalement, au niveau du corps. Mais quel corps ?
Parmi les œuvres, deux installations sonores furent le résultat de performances réalisées dans la galerie en vue de cette exposition. Microfall est composée d’une plaque de carton-mousse de polyuréthane sur laquelle sont déposés les restes d’un micro, conséquence de sa chute répétée, causée par l’artiste juché sur une échelle de quatre mètres. Un haut-parleur suspendu au-dessus des fragments du micro transmet l’enregistrement sonore lors de cette action. Une autre installation intitulée cette fois Microhole laisse voir un trou dans un mur. Ce trou est le résultat de plusieurs coups donnés par l’artiste avec un micro sur une des cimaises de la galerie. Désormais inutile, le micro est étalé sur le sol devant le trou bien visible. Un enregistrement sonore de l’impact du micro sur le mur est diffusé par un haut-parleur installé derrière le mur. Dans la monographie qui accompagne cette exposition, des photographies témoignent, pour chacune de ces actions, des gestes répétés de Migone en vue de parvenir à ces expériences sonores issues de la destruction de ces deux micros2 2 - Trou, catalogue d’exposition, Éd. Galerie de l’Uqam, 2006..
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