Mexico
[In French]
Sans témoigner de beaucoup d’enthousiasme, la dernière élection a porté au pouvoir le Parti québécois. Depuis, nous voguons de ministre de la culture en ministre de la culture par intérim. Le dernier en lice est nul autre que le premier ministre Jacques Parizeau. Nous sommes endroit de nous questionner sur les véritables avantages que nous pourrons retirer de ce changement. Certes, Parizeau est sensible aux arts – il fut membre du conseil d’administration du TNM – mais en quoi cela est-il garant d’un souci plus marqué pour la chose culturelle? Il apparaît que nombre de gens du milieu se contentent de bien peu et se leurrent, comme si le fait de fréquenter des galeries ou des spectacles suffisait, pour un politicien, à donner du souffle à la culture, à l’«auréoler». Cette nomination relève d’une stratégie politique très habile et qui a atteint son but : faire taire le milieu artistique à la veille du référendum. Soyons sérieux! Même si un comité de responsables doit lui prêter main forte, et qu’un sous-ministre (Roland Arpin, auteur du rapport du même nom) a été nommé pour une période de six mois, entre les commissions régionales sur l’avenir du Québec et les sessions à l’Assemblée nationale, Parizeau ne peut s’occuper adéquatement de ce dossier.
En début du mandat de Parizeau, le milieu culturel attendait un geste, une intention du nouveau gouvernement face à la culture. Comme énoncé de politique culturelle, nous avons vu la part de 1 % du budget du Québec allouée à la culture reportée à «plus tard», avec comme excuse (cent fois entendue) qu’il s’agit d’un but à atteindre. Nous croyions entendre les explications du gouvernement précédent sur la récession, l’état des finances publiques, etc. Et puis, on nous parle de l’importance des régions. Actuellement, ces dernières subissent des pertes importantes de l’ordre de centaines de milliers de dollars pour l’aide à la création (sujet que nous aborderons dans le dossier du prochain numéro). Il faudra bien en tenir compte un jour, appliquer ce que l’on prêche et rectifier le tir.