Photo : Rebecca Fanuele, permission de Antoine Aguilar, Galerie Hussenot, Paris
[In French] Antoine Aguilar est fasciné par la lumière. Il la décompose, l’analyse, la transpose. Ce n’est cependant pas la lumière, métaphore de la raison ou du progrès qui l’intéresse, mais la lumière que Pier Paolo Pasolini a opposée à l’aube incertaine (Incerta Alba). Celui-ci constatait, en 1975, que les lucioles disparaissaient en Italie, et il faisait une analogie avec la disparition de la résistance aux formes nouvelles du fascisme. La lumière selon lui se modifia pour devenir aube incertaine.
L’installation d’Aguilar intitulée Volatile, Nuremberg (2012) revient sur l’une des premières instrumentalisations de la lumière opérée par un pouvoir totalitaire. Les congrès du Parti national socialiste à Nuremberg avaient comme objectif d’affirmer la grandeur de l’Allemagne nazie et sa force collective. En 1934, on confie la mise en scène du Parti à Albert Speer qui est confronté à un problème de taille appelant une réponse pragmatique : les administrateurs du régime étaient incapables de former correctement les rangs. Il fallait détourner l’attention de leur ventripotence ; il proposa donc à Hitler de les faire défiler de nuit. Pour détourner le regard de cette réalité, il réquisitionna tous les projecteurs antiaériens de l’Allemagne et orienta leurs faisceaux lumineux vers le ciel comme des colonnes de près de 8 km de haut. L’une des images connues de ces « cathédrales de lumière » nazies (Lichtdome), immortalisées par Leni Riefenstahl, est ici reproduite en grand format au sol. Elle est recomposée par un tapis de confettis en nuances de gris qui ne demandent qu’à être balayés.
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