Photo : Gilles Renaud, permission du Festival TransAmériques
du 25 au 27 mai 2012
[In French] « Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s’annonce comme une immense accumulation de spectacles. » Dire que la plupart des créations d’Olivier Choinière s’inscrivent dans le prolongement des thèses de La Société du spectacle (Guy Debord, 1967) tient de l’évidence. Explorant brillamment les notions d’obéissance, d’aliénation, de propagande, de conditionnement et de marchandisation, faisant de notre soif de divertissement un inépuisable objet d’étude plutôt qu’une religion à pratiquer, l’auteur et metteur en scène est en train d’édifier une œuvre d’une rare cohérence, férocement critique, aussi vigoureuse que clairvoyante.
Pour tendre un miroir à ses contemporains, les inciter à contempler leur reflet souvent monstrueux, le directeur artistique de l’Activité n’a pas son pareil. Félicité (2007) s’attaquait à notre fascination morbide pour la vie désespérément banale des gens riches et célèbres. ParadiXXX (2009) s’aventurait sur le territoire extraordinairement révélateur de la pornographie. Élu meilleur spectacle montréalais de la saison 2010-2011 par l’Association québécoise des critiques de théâtre, Chante avec moi, créé à l’Espace libre, repris au Théâtre français du CNA puis à l’Usine C lors du plus récent FTA, est une implacable illustration des ravages de la spectacularisation. Avec ses 50 comédiens-chanteurs, son caractère répétitif et sa scénographie en constante expansion, la représentation s’approche avec une adresse admirable de l’absurde et de la grandiloquence du phénomène qu’elle dépeint.
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