Bigminis. Fétiches de crises

Stéphanie Dauget
CAPC Musée d’art contemporain de Bordeaux
du 19 novembre 2010 au 27 février 2011
Akiko et Masako TakadaPill Cup, 2007.
Photo : permission des artistes
CAPC Musée d’art contemporain de Bordeaux
du 19 novembre 2010 au 27 février 2011
[In French]

La Bordeaux Block Party (BBP) est l’occasion pour le public de faire étape dans plusieurs lieux de la ville dédiés à l’art contemporain, dont la galerie Eponyme qui représente actuellement en France les artistes québécois Mathieu Beauséjour et Pascal Grandmaison. Le parcours de visite mis en place lors de la dernière édition de la BBP le 18 novembre dernier s’achève au Musée d’art contemporain de Bordeaux où est inaugurée l’exposition Bigminis. Fétiches de crises. Elle réunit les œuvres d’une cinquantaine d’artistes parmi lesquelles comptent entre autres un Tableau de poche de Picabia, une reproduction miniature de La mariée de Duchamp, la Mini Wrong Gallery de Cattelan ou encore des accumulations d’objets, Dream Object, réalisées par Jim Shaw, à qui le CAPC consacrait sa dernière ­rétrospective.

Bigminis propose une réflexion autour du désir singulier, presque cleptomane, que suscite l’objet miniaturisé, et ce, à l’heure d’une récession dont il se fait le symptôme. Anticipation ou bien reflet de crise, l’objet réduit révèle une dynamique de production autre par le biais d’un corpus d’œuvres dont les dimensions matérielles ne font pas systématiquement état de la portée du message qu’elles délivrent : de petites œuvres habitées par de grandes idées confrontées à des grands formats à la signification restreinte, tel était le souhait d’Alexis Vaillant, commissaire de l’exposition. Ainsi, certaines de ces « petites » œuvres frappent par la force de leur discours, comme la saynète incisive de Daniel MacDonald, Forced To Sell Artwork From Personal Collection In Order To Offset Living Expenses, qui évoque avec un humour certain et du haut de ses trente centimètres une situation économique qui inquiète. A contrario, l’imposante toile Llareggub, de Richard Wathen, offre le spectacle aux teintes acidulées d’une scène animalière étrangement désincarnée.

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