Sturtevant
The Razzle Dazzle of Thinking

Nathalie Desmet
ARC, Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, Paris
du 5 février au 25 avril 2010
Elaine Sturtevant
Elaine SturtevantHouse of Horrors (The Painter), 2010.
Photo : © Pierre Antoine, Musée d’Art moderne de la Ville de Paris/ARC 2010, permission galerie Thaddaeus Ropac, Paris-Salzbourg & galerie Anthony Reynolds, Londres
[In French]

L’heure est à la redécouverte du travail d’Elaine Sturtevant, artiste rattachée un peu trop rapidement au courant appropriationniste des années 1980. Jusque-là, son travail intéressait surtout les galeries. Plutôt qu’une exposition rétrospective, ici le choix s’est porté sur deux axes de travail conçus « en opposition ». L’un propose aux visiteurs de prendre un train fantôme de fête foraine (House of Horrors, 2010) et d’y découvrir des scènes gore ou scatologiques (reprise d’une performance de Paul McCarthy, Divine reniflant une crotte de chien, dans un film de John Waters...). L’autre, intitulé Wild to Wild, regroupe quelques œuvres de Gonzales-Torres, de Beuys, de Keith Haring ou de Frank Stella copiées par l’artiste, en plus d’une salle entière consacrée à Duchamp, reproduisant la scénographie de l’exposition internationale surréaliste de 1938.

L’œuvre qui se situe au point de jonction des deux parcours de l’exposition – The Dillinger Running Series (2000) – pourrait servir de manifeste. Cette vidéo, projetée depuis une plateforme tournante, montre l’artiste revêtue d’un imperméable et d’un chapeau reproduisant les pas fuyants du brigand Dillinger. Fuir ou courir ? C’est aussi la question que pose cette autre vidéo montrant en gros plan la course d’un chien sur le plus long mur de l’espace d’exposition (Finite Infinite, 2010), 43 mètres sans but et sans fin. Courir ou nous faire courir ? On hésite toujours chez Sturtevant entre l’arnaque intellectuelle et le joli contre-pied. Passée l’analyse en termes de redites, de problématiques relatives à l’aura ou à l’authenticité, c’est surtout un travail qui semble dénoncer toutes les naïvetés associées aux questions postmodernes de littéralité et de négation dans l’art actuel. Il n’est d’ailleurs pas étonnant que Stella figure en bonne place dans son corpus.

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