Adrian Blackwell, Furnishing Positions (Configuration 2) , 2014, vues d’installation, Blackwood Gallery, Mississauga.
Photos : Adrian Blackwell, permission de l'artiste & Blackwood Gallery
La circulation suppose un mouvement, une action. L’action toutefois est rarement directe, puisque la circulation agit simultanément dans et entre les réseaux – comme quand on dit d’un journal qu’il « circule ». Les œuvres récentes d’Adrian Blackwell soulignent cet aspect de la circulation et le problématisent, tout en reconstruisant l’exposition comme une manière de dialogue ou d’échange, aussi asymétrique soit-il. Car telle est la nature de la circulation ; elle n’est ni symétrique ni équilibrée, mais tordue, emmêlée dans des nœuds et des contradictions. De la même façon, une exposition n’est jamais ouverte à tous également ; le degré d’engagement qu’elle suscite est influencé par à peu près tout, du niveau d’éducation au temps dont on dispose, et plus globalement par le fossé qui ne cesse de s’élargir entre les classes sociales. S’il est vrai que l’exposition s’ouvre davantage à mesure que les méthodes de distribution numériques et imprimées repoussent les limites imposées par les contraintes spatiales, il reste que les outils technologiques et la littératie sont toujours aussi nécessaires, sans compter l’accessibilité, qui est souvent limitée.

Cette asymétrie, ces contradictions rendent le projet de Blackwell intitulé Furnishing Positions (2014) particulièrement adéquat à l’examen de la notion de circulation. Furnishing Positions se déploie en trois parties, dont chacune demande au spectateur ou participant un degré d’engagement différent. Le projet comprend la construction d’une vaste structure modulaire en amphithéâtre, l’impression d’un journal grand format s’intéressant aux diverses dimensions de l’espace public, ainsi qu’un ensemble de conversations s’étant déroulées dans les locaux de la galerie. Ces trois niveaux de fonctionnement font de l’œuvre une contradiction, dans la mesure où elle est à la fois un corpus écrit, clos, et une conversation vivante et participative. La structure bâtie sert de socle à ces deux formes et, pendant la durée de l’exposition, elle était ouverte aux groupes, scolaires ou autres, ce qui permettait d’accroitre encore les possibilités d’activation.

This content is available with a Digital or Premium subscription only. Subscribe to read the full text and access all our Features, Off-Features, Portfolios, and Columns!

Subscribe (starting at $20)

Already have a Digital or Premium subscription?

Log in

Don’t want to subscribe? Additional content is available with an Esse account. It’s free and no purchase will ever be required. Create an account or log in:

My Account

This article also appears in the issue 84 - Exhibitions
Discover

Suggested Reading