Non au oui, pour «autrement»
[In French]
L’après-26 octobre
Depuis la parution du dernier numéro de ESSE, certains événements ont lieu au Québec, un certain 26 octobre. Considérons le type de discours qui nous était alors proposé, et puisque la binarité semble à l’honneur ces temps-ci (et les référendums également), procédons par colonnes : OUI – NON. Mais pour contrer l’impression désagréable de tourner en rond, permettons-nous d’en ajouter une troisième que nous appellerons L’AUTRE. Celles du OUI et du NON correspondant à quelques éléments du projet social des deux options qui se sont affrontées lors de la campagne référendaire québécoise, celle de L’AUTRE étant d’à-côté, l’autrement, qui suppose un changement de pensée en profondeur. Au moment où le paysage mondial se fendille – des frontières bougent, des pays sont en redéfinition (même notre page couverture semble en avoir subi les répercussions) – nous ne faisons que colmater les brèches. Ce travail est inutile parce que toujours à recommencer. À l’image d’une personne qui s’acharne à construire et reconstruire sans cesse une maison avec les mêmes matériaux que l’ancienne, à l’endroit même où la brèche s’est faite, au lieu de construire une autre maison, à côté, sur un terrain stable.
Pendant ce temps… et en rapport avec les événements qui ont ébranlé le Québec : nous avons été «positivement» en faveur du NON. Pour ne pas céder au chantage de la peur, pour ne pas accepter de mettre un point final au désir de se prendre en main, pour afficher pleinement notre confiance en nous-mêmes. Par contre, quel choix avions-nous! Les choses n’étaient pas aussi simples.