[In French]
Une des préoccupations actuelles des biennales en arts visuels est de ne pas renforcer le schéma du centre et de la périphérie qui régit encore les relations des pays entre eux. Cette préoccupation croît en même temps que la mondialisation pénètre davantage les différents secteurs de l’activité humaine et que ses promesses d’ouverture et d’interdépendance ne se soldent souvent qu’en une accentuation des inégalités sociales, culturelles et économiques. Aussi, en tant que grand, voire gigantesque, rendez-vous des arts visuels appelé à jouer le rôle de barème en leur matière, les événements comme les biennales cherchent à faire état d’une représentation internationale plus juste et, par conséquent, à remettre en question les exclusions d’autrefois ou celles qui persistent aujourd’hui. Pari audacieux s’il en est, car le mode de diffusion, lui, reste en général calqué sur le modèle dominant hérité du passé, l’idée de réunir les plus grands constitue souvent encore le credo des événements d’aspiration internationale.
C’est justement à l’encontre de cette vision que la documenta 12 a voulu se définir cette année. Dans la foulée d’Okwui Enwesor, directeur de l’édition de 2002, les approches postcolonialistes ont été mises de l’avant par les organisateurs, Roger M. Buergel et Ruth Noack, afin d’attester de la pluralité des aires géographiques, rejetant le dualisme monolithique centre-périphérie. De là, ils ont aussi voulu délaisser la promotion de héros culturels, ces vedettes de la scène artistique mondiale contemporaine, au profit des figures marginales, voire anonymes. Aussi, conforme sans doute avec ce changement de ton, des questions plutôt que des noms ont été annoncées avant la tenue de l’événement. Dès décembre 2005, trois leitmotiv ont ainsi été lancés en guise d’axes thématiques pour préparer le terrain : Notre modernité est-elle notre Antiquité ? Qu’est-ce que la vie nue ? Éducation : que faire ?
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