Gwenaël Bélanger
La résistance des lignes

Étienne Tremblay-Tardif
Occurrence, espace d’art et d’essai contemporains, Montréal
du 17 janvier au 15 mars 2025
Gwenaël Bélanger
La résistance des lignes, 2025.
Gwenaël Bélanger La résistance des lignes, vue d'exposition, Occurrence, espace d’art et d’essai contemporains, Montréal, 2025.
Photo : Jean-Michael Seminaro, permission de l’artiste
Occurrence, espace d’art et d’essai contemporains, Montréal
du 17 janvier au 15 mars 2025
[In French]

La résistance des lignes marque un retour au format de l’exposition individuelle pour Gwenaël Bélanger. Dans la petite galerie d’Occurrence, quatorze œuvres s’alignent sobrement. D’emblée, les correspondances formelles — réseaux, grilles et treillis, grands « X » qui vont de coin à coin, découpes rectangulaires qui imitent des procédures « copier/-coller » — invitent le regard à scruter les objets graphiques à la recherche d’indices expliquant la conception de ces étranges assemblages.

Ni tableaux découpés, ni reliefs sculpturaux, ces œuvres nous confrontent avant tout à l’énigme de leur fabrication et à une esthétique de la production. D’une facture impeccable, les pièces de Bélanger révèlent néanmoins les marques du fait-main, les coulures du ciment de plâtre débordant généreusement des structures de support sous-jacentes. De loin, ces contours irréguliers rappellent les sélections fines, quoiqu’aléatoires, des outils du logiciel Photoshop. De près, la matière poreuse du plâtre Hydrocal© donne l’impression d’un gigantesque fil d’araignée tendu à tâtons. Ensemble, ces lattis créent une surface plane et en saillie qui révèle un second réseau filigrane de vecteurs creux qui s’alignent ou non avec les coulées épaisses. Par moments, les échappements liquides se tarissent et dévoilent la grille de polymère que l’on peut imaginer sous-tendre le reste de l’armature. Sur les parties hautes comme sur les sillons concaves, les détails photographiques qui ont survécu à l’évidement des formes attirent l’attention sur des zones de couleurs floutées ou des fragments d’images qui nous situent devant un édifice, dans un paysage, en galerie ou dans un intérieur sans qualité particulière. Parfois, ces deux surfaces présentent un visuel continu qui indique un plan pictural uni. Tantôt, ce sont deux images différentes qui se superposent l’une à l’autre, évoquant ainsi les multiples fenêtres de multiples fichiers simultanément ouverts sur l’écran d’un portable.

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Image de la couverture du numéro Esse 115 décomposition.
This article also appears in the issue 115 - Decay
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