Marc-Antoine K. Phaneuf

Peinture canadienne

Andréanne Roy
Galerie Leonard et Bina Ellen,
du 3 mars au 25 juin 2014
Marc-Antoine K. PhaneufPeinture canadienne, détail, Galerie Leonard et Bina Ellen, Université Concordia, Montréal, 2014.
Photo : Paul Smith, permission de l’artiste
[In French]
Pour la neuvième occurrence du projet Sightings, le cube nomade de la Galerie Leonard et Bina Ellen de l’Université Concordia revient cette fois avec Peinture canadienne, une installation de Marc-Antoine K. Phaneuf. Dans ce dispositif modulable, créé à l’origine pour une diffusion de la collection hors les murs de la galerie, l’artiste présente des compositions réalisées à partir d’une collection d’un tout autre type, configurée de manière à proposer un regard badin et astucieux sur un pan de notre histoire de l’art et de son hagiographie.

Répondant à l’invitation de Mélanie Rainville, MAKP expose, dans ce lieu de passage, une œuvre qui se dévoile progressivement au fil de la déambulation. Abordée de loin, elle apparait telle une représentation-abstraite qui ne manque pas d’évoquer les grandes mosaïques réalisées par Riopelle dans les années 1950. Ainsi, les couleurs et les compositions de Phaneuf nous paraissent familières tant la production canonique du « plus grand peintre canadien » fait partie de notre culture visuelle. S’ajoutent, dans ce panthéon cocasse, des références à Borduas et à Lemoyne. Une fois à proximité de l’œuvre, le passant découvre que ces pastiches ont pour matériaux une autre forme de production visuelle bien connue des Nord-Américains, celle de la carte de hockey. Objets de culture de masse associés à l’enfance et à la ferveur fanatique, ces cartes, au nombre de 3 000, sont assemblées selon un procédé d’accrochage maintes fois exploré par l’artiste, soit la mosaïque. Cette stratégie de mise en exposition lui a déjà permis de déployer, entre autres, ses collections de livres de cuisine, de livres Harlequin ou encore de trophées. Peinture canadienne de MAKP transcende la fonction originale de ses ready mades en combinant culture matérielle « populaire » et références culturelles de l’« élite ». C’est dans ce jeu d’échelle entre le tout et ses parties, entre le recul et la proximité, que se révèle cette astuce conceptuelle visant à interpeler une mémoire collective riche de son hétérogénéité.

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This article also appears in the issue 82 - Spectacle
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