Marie-Claire Blais
Lumières déferlantes

Marie-Ève Charron
Musée des beaux-arts de Montréal
du 20 juin 2025 au 24 janvier 2026
Marie-Claire Blais
Lumières déferlantes, 2025.
Marie-Claire Blais Lumières déferlantes, 2024-2025, vue d’installation, Musée des beaux-arts de Montréal, 2025.
Photo : Denis Farley
Musée des beaux-arts de Montréal
du 20 juin 2025 au 24 janvier 2026
[In French]

Pour cette première exposition muséale individuelle au Québec, Marie-Claire Blais a droit à des moyens à la hauteur de ses élans, de quoi susciter le ravissement du public. L’invitation faite par la commissaire et conservatrice de l’art québécois et canadien contemporain, Anne-Marie St-Jean Aubre, stimule judicieusement la propension de l’artiste qui, dans les dernières années, a créé des installations d’envergure, des assemblages audacieux intégrant de plus en plus à la peinture abstraite des composantes d’architecture, son domaine de formation initial. Au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), Blais poursuit dans cette veine avec sa pièce maitresse, Lumières déferlantes, qui se déploie avec majesté au sein de la salle d’exposition selon une composition in situ finement étudiée. Une immense toile suspendue traverse l’espace en oblique, la surface légère de sa courbe offrant des champs colorés aux teintes de bleu, de rose et d’orangé, palette envoutante caractéristique de l’artiste.

De la sorte, Blais occupe avec brio l’espace de la salle, défiant la difficulté posée par le volume démesuré du « Carré d’art contemporain ». Elle pousse également ses recherches sur le support de la peinture, qu’elle n’a pas l’habitude de tendre sagement sur un châssis, dérogeant ainsi aux conventions classiques. Dans les œuvres de Blais, la toile, souvent libre, est façonnée, pliée ou entaillée pour évoquer autant les formes du corps que du construit en délaissant l’espace spéculatif de la vision désincarnée propre à la tradition de la peinture illusionniste en perspective. À la Fondation Guido Molinari en 2021, dans une installation remarquable qui explorait le modèle mathématique du cône de vision, l’artiste avait édifié dans l’espace des lignes de perspective avec des structures en bois tandis qu’en dessous, des monceaux de toile reposaient au sol, arborant les nuances des cieux animés par le cycle du soleil, au coucher ou au lever. Avec sa ligne en diagonale, le dispositif au MBAM dégage le support des murs et présente cette fois à la vue les deux faces de la toile de manière à valoriser la particularité du procédé d’application de la peinture développé par l’artiste1 1 - L’artiste parle de son processus de travail au cours d’un entretien filmé par l’équipe du MBAM. Il est également dévoilé avec lyrisme dans la vidéo Apparition (2025), réalisée par l’artiste Pascal Grandmaison. Conjoint de Blais, celui-ci a également participé à la création de la bande sonore de Lumières déferlantes..

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Image de la couverture du numéro Esse 115 décomposition.
This article also appears in the issue 115 - Decay
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