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{"id":169808,"date":"2014-01-14T18:35:00","date_gmt":"2014-01-14T23:35:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/chronique\/rater-mieux\/"},"modified":"2024-10-17T13:22:33","modified_gmt":"2024-10-17T18:22:33","slug":"rater-mieux","status":"publish","type":"chronique","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/columns\/rater-mieux\/","title":{"rendered":"Rater mieux"},"content":{"rendered":"\n<p>[In French]<\/p>\n\n\n\n<p>(Vous \u00eates dans une boucle : ce qui pr\u00e9c\u00e8de est \u00e0 la fin du texte.)<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230; Enfin, le lifting est une r\u00e9troaction, un d\u00e9sir de retour, une guirlande de microsutures qui encadre la tra\u00eetrise de l\u2019\u00e2ge.\u2009\u00bb \u2013 Orlan, <em>Aphorismes du masque<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u2009Ah\u2009! je ris de me voir si belle en ce miroir\u2009\u00bb, chantait la Castafiore dans l\u2019<em>Air des bijoux<\/em> (extrait du <em>Faust<\/em> de Gounod). Il faut bien que ce soit dr\u00f4le un moment, m\u00eame bri\u00e8vement.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9ridage chirurgical forme l\u2019iconographie trash et symbolique de notre \u00e9poque. Les ravalements de fa\u00e7ades am\u00e9liorent rarement les b\u00e2timents, mais les propri\u00e9taires insistent.<\/p>\n\n\n\n<p>H\u00e9raclite disait, \u00ab\u2009on ne prend jamais deux fois la m\u00eame douche\u2009\u00bb, d\u2019accord, mais se vouloir comme nous f\u00fbmes, \u00e7a tourne en rond, non\u2009?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Se sentir mieux<\/h2>\n\n\n\n<p>Notre civilisation spectaculaire-mafieuse insiste fixement sur l\u2019\u00e9conomie. Aucun imp\u00e9ratif moral, aucune politique, aucun surgissement \u00e9clair\u00e9 n\u2019offrent une r\u00e9sistance suffisante \u00e0 l\u2019amn\u00e9sie que provoque le r\u00e8gne \u00e9conomique. \u00ab\u2009Les gens veulent s\u2019amuser, se sentir jeunes, et se divertir\u2009\u00bb, r\u00e9p\u00e8tent les directeurs de festivals grand public qui gouvernent le Quartier des spectacles. Ces programmateurs sp\u00e9cialistes de liftings collectifs ne r\u00e9alisent pas qu\u2019ainsi, \u00e0 programmer d\u2019infinies niaiseries, ils nous pr\u00e9parent une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de d\u00e9biles intellectuels, ou pire.<\/p>\n\n\n\n<p>Leur programmation <em>grand <\/em><span style=\"white-space: nowrap;\">public<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-1\" href=\"#footnote-1\"><sup>1<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-1\"><a href=\"#fn-ref-1\"> 1 <\/a> - <em>Grand public<\/em> est un terme r\u00e9novateur. La d\u00e9signation pr\u00e9c\u00e9dente \u2013 <em>masse<\/em> \u2013 \u00e9tant devenue trop impersonnelle pour le go\u00fbt du jour, <em>grand public<\/em> fut la solution prescrite&nbsp;: plus l\u00e9ger, il offre un sentiment de grandeur individuelle, une appartenance collective qui semble moins idiote. C\u2019est ce que les philanthropes de l\u2019\u00e9conomie sociale contemporaine appellent un <em>win-win<\/em> (expression chinoise qui signifie \u00e9quilibre et merveilleux). L\u2019important c\u2019est que la foule y soit, et qu\u2019elle s\u2019amuse, spectacle, bi\u00e8re, souvenirs et produits d\u00e9riv\u00e9s. Dans une \u00e9conomie de march\u00e9, il faut que l\u2019offre rencontre la demande, et inversement.<\/span> rend inimaginable qu\u2019une divergence \u00e9veill\u00e9e puisse surgir du fatras global. Adieu la part d\u2019ombre, le rituel initiatique, les d\u00e9viances salutaires ou les fragments insolites, enfin tout ce qui n\u2019est pas d\u2019abord et avant tout du spectacle\u2122. Debord avait raison \u2013 certains pr\u00e9tendent m\u00eame que nous en sommes \u00e0 la fin de l\u2019art, que nous arrivons au miracle du bout du temps.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u2009La devise que je pr\u00e9f\u00e8re aujourd\u2019hui pour d\u00e9finir ma forme d\u2019esprit, c\u2019est celle de cr\u00e9ateur d\u2019indiff\u00e9rences. Je voudrais que mon action en faveur de la vie consiste, par-dessus tout, \u00e0 former les autres \u00e0 sentir toujours davantage pour eux-m\u00eames, et toujours moins selon la loi dynamique de la collectivit\u00e9. Former \u00e0 cette antisepsie spirituelle gr\u00e2ce \u00e0 laquelle il ne peut y avoir de contamination par le vulgaire, voil\u00e0 ce qui m\u2019appara\u00eet comme le destin astral par excellence du p\u00e9dagogue intime que je voudrais <span style=\"white-space: nowrap;\">\u00eatre<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-2\" href=\"#footnote-2\"><sup>2<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-2\"><a href=\"#fn-ref-2\"> 2 <\/a> - Fernando Pessoa, <em>Le Livre de l\u2019intranquillit\u00e9<\/em>, Christian Bourgois \u00e9diteur, Paris, 1999, p. 375.<\/span>.\u2009\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut maintenant s\u2019enfoncer individuellement dans l\u2019effort concentr\u00e9&nbsp;: \u00ab\u2009Essayer encore. Rater encore. Rater mieux\u2009\u00bb, \u00e9crivait Beckett. Voil\u00e0 un projet de r\u00e9novation enthousiasmant\u2009!<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Novation<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Culture<\/em> est un terme g\u00e9n\u00e9rique r\u00e9novateur et vaporeux. Avant nous disions <em>art<\/em>. Le climat actuel est en d\u00e9faveur de l\u2019art, de sa d\u00e9signation. La diversion culturelle ambiante s\u2019offre un air r\u00e9novateur et cache mal sa r\u00e9elle l\u00e9gitimit\u00e9, commerciale et h\u00e9g\u00e9monique. Toute tentative d\u2019am\u00e9lioration en s\u2019offrant une forme nouvelle \u2013 partielle ou totale \u2013 est le mobile de l\u2019art. Imaginer d\u2019autres solutions demeure le ferment ferme de l\u2019art. Cage nous a enseign\u00e9 qu\u2019il n\u2019y a pas de recette pour arriver \u00e0 l\u2019art et qu\u2019il n\u2019y en a pas non plus pour ne pas y arriver.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les r\u00e9novations successives d\u2019Elizondo<\/h2>\n\n\n\n<p>1. L\u2019ann\u00e9e de son arriv\u00e9e solitaire au Qu\u00e9bec, Elizondo, unilingue hispanophone de naissance, souhaite une rapide ma\u00eetrise du fran\u00e7ais, il \u00e9coute alors sans cesse la radio. Ces six chansons, succ\u00e8s qu\u00e9b\u00e9cois populaires de l\u2019\u00e9poque, tournent en boucle, et il est contamin\u00e9 malgr\u00e9 lui&nbsp;: <em>L\u2019escalier<\/em>, <em>J\u2019ai besoin d\u2019un ami<\/em>, <em>J\u2019ai besoin de toi<\/em>, <em>J\u2019l\u00e2che pas<\/em>, <em>\u00c7a va mieux<\/em>, et<em> Je ne suis qu\u2019une chanson<\/em>. Nous sommes en 1980, Elias Elizondo a alors vingt-deux ans, il a fui son pays d\u2019origine par d\u00e9sespoir, et c\u2019est \u00e0 l\u2019aide de ces chansons qu\u2019il apprend les rudiments du fran\u00e7ais. Rapidement, il comprend que son blues est universel, imparable et d\u00e9vastateur. Ici ou l\u00e0-bas, l\u2019\u00e9tat de d\u00e9labrement \u00e9motif de l\u2019humanitude est catastrophique. Il a l\u2019intuition mortif\u00e8re que pour des si\u00e8cles, il faudra encore louvoyer, renouveler, refaire, bref, \u00ab\u2009essayer encore. Rater encore. Rater mieux\u2009\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>2. Sa premi\u00e8re histoire d\u2019amour montr\u00e9alaise fut une d\u00e9confiture. Il rencontra Jacques Talbot \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une f\u00eate donn\u00e9e par la flamboyante interpr\u00e8te d\u2019une de ses chansons qu\u00e9b\u00e9coises favorite (<em>J\u2019l\u00e2che pas<\/em>). Talbot, photographe des vedettes au go\u00fbt du jour, paparazzi local, est de la f\u00eate. C\u2019est par un hasard improbable qu\u2019Elizondo s\u2019y retrouvera&nbsp;: livreur de pizza arriv\u00e9 \u00e0 vingt-trois heures avec six pizzas all dress xlarges, il ne repartira de la f\u00eate que dix heures plus tard. Cok\u00e9, \u00e9puis\u00e9, il reprendra la conduite de sa Lada \u00e0 l\u2019enseigne Pizza Giganta en m\u00e9ditant alternativement sur trois constats, r\u00e9troviseur \u00e0 l\u2019appui&nbsp;: l\u2019in\u00e9vitable perte de son emploi, la cessation soudaine de tout revenu, et la goutte de sperme cristallis\u00e9e sur sa pommette gauche. Malgr\u00e9 l\u2019ampleur de la catastrophe, l\u2019odeur persistante du sexe de Talbot fut la musique odorif\u00e9rante, r\u00e9jouissante, qui accompagna sa d\u00e9route jusqu\u2019aux locaux de Pizza Giganta.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019idylle ne durera dur dur que cinq mois. L\u2019amant photographe termina sa lettre de rupture par une citation d\u2019Oscar Wilde&nbsp;: \u00ab\u2009Ne rien faire du tout, ce qui est la chose la plus difficile au monde, la plus difficile et la plus intellectuelle.\u2009\u00bb \u2013 Haut commentaire, r\u00e9bellion intense devant la l\u00e9gitimit\u00e9 exclusivement productive de l\u2019existence humaine. Elizondo comprit instantan\u00e9ment que Talbot \u00e9tait une exception&nbsp;: rien chez lui n\u2019indiquait un r\u00e9flexe r\u00e9novateur, il n\u2019en avait que pour la rupture.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9plique \u00e9nigmatique, Elizondo posta une carte postale \u00e0 Talbot&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u2009J\u2019ai aim\u00e9 te l\u00e9cher le cul.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019amour c\u2019est l\u2019infini \u00e0 la port\u00e9e des caniches.<\/p>\n\n\n\n<p>Je lape et je jappe.<\/p>\n\n\n\n<p>Je r\u00eave d\u2019un Dieu ind\u00e9cis et dissolu.\u2009\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>3. Elizondo terminera des \u00e9tudes en sociologie de l\u2019art, et deviendra professeur \u00e0 l\u2019UQAM. <em>Culture et confusion<\/em> est le titre de sa <span style=\"white-space: nowrap;\">th\u00e8se<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-3\" href=\"#footnote-3\"><sup>3<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-3\"><a href=\"#fn-ref-3\"> 3 <\/a> - Elias Elizondo Vasqu\u00e8s, <em>Culture et confusion<\/em>, 2010 (th\u00e8se de doctorat non publi\u00e9e), Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Montr\u00e9al.<\/span>. En voici un extrait&nbsp;: \u00ab\u2009Les politiciens, dans nos d\u00e9mocraties \u00e9clair\u00e9es, ne parlent plus gu\u00e8re de l\u2019art. Dans le discours des \u00e9lites, la culture a remplac\u00e9 l\u2019art. C\u2019est pourtant flou, la culture&nbsp;: personne ne sait exactement de quoi il s\u2019agit, et tout s\u2019y confond. Mais, pour les politiciens au pouvoir depuis quelques d\u00e9cennies, l\u2019enjeu dans ce domaine demeure la d\u00e9mocratisation de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 cette fameuse culture, cens\u00e9e permettre le resserrement du tissu social. \u00c9tonnante fa\u00e7on de transformer l\u2019art en simple facteur d\u2019int\u00e9gration, et de pervertir un sujet qui fut longtemps br\u00fblant.\u2009\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>4. R\u00e9novateur habile, Elizondo dessina lui-m\u00eame les plans du r\u00e9am\u00e9nagement de son appartement&nbsp;:&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"533\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/80_Schize_F.Cote_Plan-renovation.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-169267\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/80_Schize_F.Cote_Plan-renovation.jpg 800w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/80_Schize_F.Cote_Plan-renovation-768x512.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/80_Schize_F.Cote_Plan-renovation-300x200.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/80_Schize_F.Cote_Plan-renovation-600x400.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Ing\u00e9nieux, n\u2019est-ce pas\u2009? Dans le coin droit de ce plan trop petit pour vos yeux, est \u00e9crit ceci&nbsp;: \u00ab\u2009Un d\u00e9corativisme int\u00e9rieur \u2013 cela me semble une fa\u00e7on sup\u00e9rieure et \u00e9clair\u00e9e de donner un sens \u00e0 notre existence. Si seulement ma vie pouvait \u00eatre v\u00e9cue parmi de somptueux brocarts de l\u2019\u00e2me, je n\u2019aurais pas d\u2019ab\u00eemes \u00e0 d\u00e9plorer.\u2009\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>5. \u00ab\u2009Pour que l\u2019art r\u00e9ussisse, son auteur doit \u00e9chouer\u2009\u00bb, aime r\u00e9p\u00e9ter Elias Elizondo Vasqu\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>La psychologie appliqu\u00e9e aux affaires<\/p>\n\n\n\n<p>Gaston De Grandmont, psychologue attach\u00e9 \u00e0 l\u2019Institut sup\u00e9rieur des hautes affaires commerciales (ISHAC, Gen\u00e8ve), propose une grille analytique afin de discerner les diff\u00e9rents caract\u00e8res de l\u2019homme d\u2019affaires. R\u00e9novateur propri\u00e9taire de vastes \u00e9tendues c\u00e9r\u00e9brales, De Grandmont d\u00e9clare qu\u2019il y a deux types d\u2019hommes d\u2019affaires, l\u2019<em>agit\u00e9<\/em> et le <em>d\u00e9prim\u00e9<\/em>. Selon lui, ces deux arch\u00e9types ont une c\u00e9nesth\u00e9sie \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 (<em>c\u00e9nesth\u00e9sie<\/em>, joli mot au sens vague qui indique une impression g\u00e9n\u00e9rale d\u2019aise ou de malaise r\u00e9sultant d\u2019un ensemble de sensations internes non sp\u00e9cifiques).<\/p>\n\n\n\n<p>Type I&nbsp;: L\u2019<em>agit\u00e9<\/em> a une bonne c\u00e9nesth\u00e9sie. Il agit vite, parle beaucoup, se d\u00e9pense et d\u00e9cide rapidement. Il donne l\u2019impression d\u2019avoir beaucoup d\u2019id\u00e9es. Il est toujours enjou\u00e9\u2009; il rejette les pens\u00e9es tristes, les spectacles affligeants. Il n\u2019aime pas Beckett, se sent chez lui sur le parquet de la bourse et au Quartier des spectacles. Il dompte facilement les revers et la mauvaise fortune, il a un abonnement au TNM, et il est pr\u00e9sident du conseil d\u2019administration d\u2019une compagnie de danse \u00e0 la mode. C\u2019est aussi un col\u00e9reux qui s\u2019excite devant les obstacles&nbsp;: il n\u2019h\u00e9sitera pas \u00e0 d\u00e9nouer sa cravate publiquement en situation d\u2019agacement. Les grands <em>agit\u00e9s<\/em> se trouvent l\u00e0 o\u00f9 le monde se r\u00e9nove. On dit d\u2019eux qu\u2019ils ne peuvent pas rester en place, qu\u2019ils ont de la poudre dans les veines. Souvent vers l\u2019\u00e2ge m\u00fbr, si une infirmit\u00e9 ou une maladie les accable, on les voit tr\u00e8s rapidement dispara\u00eetre. On dirait un pantin dont le ressort est cass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Type II&nbsp;: Le <em>d\u00e9prim\u00e9<\/em> aime surfer sur ses vagues \u00e0 l\u2019\u00e2me. Il a une c\u00e9nesth\u00e9sie confuse, il incline facilement au pessimisme et joue les Cassandre en pr\u00e9disant les pires catastrophes. Il est \u00e9motif\u2009; il \u00e9prouve des \u00e9motions brusques, souvent accompagn\u00e9es de r\u00e9flexes intenses. Il passe avec une rapidit\u00e9 \u00e9tonnante de l\u2019exub\u00e9rance \u00e0 l\u2019accablement, du rire aux larmes, de la r\u00e9pl\u00e9tion \u00e0 l\u2019inanition mentale. Il tourne en rond, et puisqu\u2019il est membre VIP du MBAM, cela lui permet de revoir trente-sept fois la m\u00eame exposition sans frais suppl\u00e9mentaires. Il aime l\u2019art lyrique, le th\u00e9\u00e2tre grec, et la sobri\u00e9t\u00e9 ambiante des halls de banque. Il est du genre \u00e0 cr\u00e9er une entreprise de pr\u00e9servatifs tout en consid\u00e9rant ce commerce sans avenir. C\u2019est un anxieux qui, accidentellement, innove parfois. Le <em>d\u00e9prim\u00e9<\/em> a des fins de mois difficiles&#8230; Ce n\u2019est pas le type d\u2019administrateur souhaitable pour le conseil d\u2019administration de votre jeune entreprise culturelle.<\/p>\n\n\n\n<p>De Grandmont sugg\u00e8re aux adh\u00e9rents du type II l\u2019exercice suivant&nbsp;: s\u2019efforcer de tenir le journal intime de quelqu\u2019un d\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Esth\u00e9tique du lifting, manifeste rat\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u2009Le lifting est un renouvellement au futur ant\u00e9rieur. Le lifting est performatif. Le lifting est une coquetterie du refus. Le lifting fait l\u2019apologie du rater mieux. Le lifting est un sabotage de l\u2019ego. Le lifting est une audace au d\u00e9sastre. Le lifting est une distraction, un origami inverti. Le lifting est une persistance illusoire&#8230; (Suite au d\u00e9but du texte.)<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Illettr\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de 18 ans, l\u2019auteur a fait de son mieux pour survivre \u00e0 cette carence initiale. Il en a m\u00eame fait une strat\u00e9gie. Particuli\u00e8rement inapte au d\u00e9veloppement, compensateur expert, l\u2019auteur est surtout habile dans ses introductions et ses conclusions. Il est le seul batteur professionnel \u00e0 reconna\u00eetre officiellement l\u2019int\u00e9r\u00eat de ne pas jouer de son instrument.<\/p>\n<div style='display: none;'>Michel F C\u00f4t\u00e9<\/div><div style='display: none;'>Michel F C\u00f4t\u00e9<\/div><div style='display: none;'>Michel F C\u00f4t\u00e9<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1303,"featured_media":0,"template":"","categories":[281,887],"numeros":[3308],"disciplines":[],"statuts":[335],"checklist":[],"auteurs":[912],"artistes":[],"thematiques":[],"type_chronique":[512],"class_list":["post-169808","chronique","type-chronique","status-publish","hentry","category-archive","category-column","numeros-80-renovation-en","statuts-archive","auteurs-michel-f-cote-en","type_chronique-schize-en"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/chronique\/169808","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/chronique"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chronique"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1303"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=169808"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=169808"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=169808"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=169808"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=169808"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=169808"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=169808"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=169808"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=169808"},{"taxonomy":"type_chronique","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_chronique?post=169808"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}