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{"id":184724,"date":"2018-10-10T16:21:00","date_gmt":"2018-10-10T21:21:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/compte-rendu\/lenvol-ou-le-reve-de-voler-2\/"},"modified":"2023-03-10T16:48:48","modified_gmt":"2023-03-10T21:48:48","slug":"lenvol-ou-le-reve-de-voler-2","status":"publish","type":"compte-rendu","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/reviews\/lenvol-ou-le-reve-de-voler-2\/","title":{"rendered":"<em>L\u2019envol ou le r\u00eave de voler<\/em>"},"content":{"rendered":"\n<pre class=\"wp-block-verse\">[In French]\n\nLa Maison rouge, fondation cr\u00e9\u00e9e par le collectionneur Antoine de Galbert en 2004, est sur le point de mettre un terme \u00e0 ses activit\u00e9s. Les visiteurs de cette institution s\u2019\u00e9taient habitu\u00e9s \u00e0 y retrouver une ligne curatoriale bien d\u00e9finie, orient\u00e9e vers un art outsideur peu repr\u00e9sent\u00e9 ou des pratiques singuli\u00e8res d\u2019artistes \u00e9mergents et d\u2019autodidactes m\u00e9connus. \u00c0 contrepied des int\u00e9r\u00eats habituels des institutions, la Maison rouge avait, pour m\u00e9moire, ouvert sa premi\u00e8re exposition, <em>L\u2019intime, le collectionneur derri\u00e8re la porte<\/em>, en 2004 en reconstituant plusieurs int\u00e9rieurs de collectionneur \u2013 salles \u00e0 manger, chambres ou cabinets de toilette \u2013 dans lesquels nous pouvions entrer pour contempler les \u0153uvres dans leur environnement r\u00e9el ; exposition bien peu classique qui a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re d\u2019une longue s\u00e9rie de propositions toutes plus int\u00e9ressantes les unes que les autres. Il faudra donc, \u00e0 regret, faire d\u00e9sormais sans cette Maison rouge.<\/pre>\n\n\n\n<p>De Galbert annonce, comme une mise en exergue, au tout d\u00e9but de cette derni\u00e8re exposition, qu\u2019\u00ab il en va de notre survie de nourrir le r\u00eave que nous pouvons nous envoler \u00bb. L\u2019envol. Le r\u00eave de voler que Gaston Bachelard voyait comme un besoin d\u2019\u00eatre all\u00e9g\u00e9 et, surtout, d\u2019\u00eatre lib\u00e9r\u00e9. Face \u00e0 la pesanteur qui nous ram\u00e8ne in\u00e9luctablement et invariablement \u00e0 terre, ce fantasme d\u2019\u00e9mancipation, de changement, rel\u00e8ve d\u2019une forme archa\u00efque. Cette exposition, pour cette raison, et aussi parce qu\u2019il s\u2019agit de la derni\u00e8re, suscite d\u00e8s lors beaucoup d\u2019attente. Deux axes d\u2019approche sont annonc\u00e9s : les artistes extravagants convaincus qu\u2019ils peuvent vaincre la pesanteur et les \u00ab conceptuels \u00bb, \u00ab fabricants d\u2019utopies plus po\u00e9tiques que scientifiques \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019exposition commence par la sc\u00e8ne d\u2019ouverture de&nbsp;<em>La dolce vita<\/em>, de Federico Fellini, o\u00f9 des femmes en bikini retiennent par leurs regards des hommes conduisant un h\u00e9licopt\u00e8re \u00e0 quelques dizaines de m\u00e8tres du sol. Jeu de s\u00e9duction qui d\u00e9tourne un instant ces hommes de la mission qui leur a \u00e9chu : transporter la sculpture d\u2019un christ par les airs au-dessus de la ville de Rome. Celui-ci devient un point blanc dans le ciel azur \u2013 prise de distance litt\u00e9rale d\u2019avec le commun et le terrestre. On retrouve plus loin ceux qui croient vraiment qu\u2019ils pourraient voler, tels des oiseaux, sans attache, comme Gustav Mesmer (1903-1994), qui passa sa vie \u00e0 imaginer des machines volantes, si bien qu\u2019\u00e0 en croire le sourire qu\u2019il arborait dans les films de Hartmut Schoen, il avait l\u2019impression de voler r\u00e9ellement. Une de ses bicyclettes aux ailes a\u00e9rodynamiques, libellule fragile faite de b\u00e2ches et de plastiques transparents, c\u00f4toie ici ses chaussures \u00e0 ressorts et s\u2019offre comme \u00e9quivalent \u00e0 la libert\u00e9 qu\u2019il tentait de retrouver face aux institutions psychiatriques. Les fabricants d\u2019ailes sont assez nombreux dans l\u2019exposition, comme Auguste Rodin avec son&nbsp;<em>Aile<\/em>&nbsp;en pl\u00e2tre ou Mario Terzic et ses \u00ab dispositifs d\u2019extension \u00bb. Ils sont associ\u00e9s, par analogie, \u00e0 tous les sportifs, funambules, plongeurs ou hommes-canons qui se propulsent d\u2019une fa\u00e7on ou d\u2019une autre dans le cadre de leur pratique sportive. La danse sert naturellement de m\u00e9taphore pour l\u2019envol : des documents tr\u00e8s classiques, comme les vid\u00e9os vues et revues de la danse serpentine de Lo\u00efe Fuller, font contrepoint \u00e0 des \u0153uvres plus contemporaines, dont nous pouvons d\u00e9couvrir les mises en sc\u00e8ne (de Yoann Bourgeois ou de Timo Wright, entre autres) dans la belle programmation vid\u00e9o r\u00e9alis\u00e9e en collaboration avec le Centre national de la danse. Malheureusement, le dispositif pour les regarder n\u2019est pas des plus r\u00e9ussis : non seulement il occupe une place non n\u00e9gligeable dans un espace qui en manque d\u00e9j\u00e0 cruellement, mais il ne fait qu\u2019accentuer la sensation de surcharge li\u00e9e \u00e0 la quantit\u00e9 d\u2019objets pr\u00e9sent\u00e9s. Par ailleurs, l\u2019int\u00e9r\u00eat de regarder vers le ciel pour voir des vid\u00e9os dans une exposition sur l\u2019envol est plut\u00f4t limit\u00e9. La densit\u00e9 de l\u2019accrochage qui accompagne l\u2019\u00e9tendue des domaines relatifs \u00e0 la th\u00e9matique fait du coup regretter certains choix, comme les \u00e9tats de conscience modifi\u00e9s, par les drogues ou l\u2019extase, parfois caract\u00e9ristiques d\u2019une \u00ab ethnographie psych\u00e9d\u00e9lique \u00bb, ou encore l\u2019envol pens\u00e9 en relation avec l\u2019imaginaire de l\u2019espace ou de ses occupants. La fascination pour les extraterrestres, vue \u00e0 travers des photos anonymes de soucoupe volante, s\u2019\u00e9carte peut-\u00eatre un peu trop du d\u00e9sir ancestral de voler.<\/p>\n\n\n\n<p>Les types d\u2019objets pr\u00e9sent\u00e9s sont eux aussi tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9roclites : des planches de bandes dessin\u00e9es aux archives historiques en passant par des objets ethnographiques. Non loin de la vitrine occup\u00e9e par des dizaines de masques ou parures de la collection de De Galbert qui empruntent leur forme aux ailes des oiseaux, se trouvent par exemple les photographies tragiques de l\u2019exp\u00e9dition polaire de 1897 de S. A. Andr\u00e9e prises par Nils Strindberg. Retrouv\u00e9es en 1930, ce sont les seules traces de cette exp\u00e9dition o\u00f9 tous trouv\u00e8rent la mort. On y voit l\u2019\u00e9quipe d\u00e9sempar\u00e9e aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019un dirigeable \u00e0 terre, sur la banquise, le ballon ne semblant plus pouvoir les monter dans les airs.<\/p>\n\n\n\n<p>Un peu plus loin, une salle enti\u00e8re est r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 la projection d\u2019un film \u00e9trange de Fantazio,&nbsp;<em>Instantan\u00e9#partitura-sparizione<\/em>, d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Paula Aisemberg et \u00e0 De Galbert pour leur souhaiter un \u00ab envol lumineux \u00bb. Un homme parcourt une Maison rouge vide, occup\u00e9e par des caisses de transport, vraisemblablement entre deux expositions. Il est arm\u00e9 d\u2019une pelle et creuse par endroit. Que cherche-t-il ?<\/p>\n\n\n\n<p>Tout compte fait, c\u2019est une exposition qui a le d\u00e9faut de certaines expositions multic\u00e9phales. Chaque commissaire apporte ses artistes, avec ses obsessions ou ses int\u00e9r\u00eats. Trop d\u2019\u0153uvres proviennent de la collection exceptionnelle de Bruno Decharme (abcd), que De Galbert a beaucoup montr\u00e9e, mais qui, dans ce cas-ci, aurait m\u00e9rit\u00e9 d\u2019\u00eatre \u00e9lagu\u00e9e. Les beaux dessins de George Widener ou de Zdenek Ko\u0161ek, relevant d\u2019une pens\u00e9e magique cherchant \u00e0 conjurer le sort, \u00e0 pr\u00e9voir la m\u00e9t\u00e9o ou les probabilit\u00e9s d\u2019un \u00e9crasement d\u2019avion, s\u2019\u00e9loignent un peu trop du propos initial. La volont\u00e9 de remontrer une derni\u00e8re fois ces artistes ou ces collections afin de marquer l\u2019engagement de la Fondation se comprend, mais ce dernier envol aurait pu \u00eatre aussi synonyme de respiration en donnant la possibilit\u00e9 aux visiteurs d\u2019y d\u00e9ployer leurs ailes.<\/p>\n<div style='display: none;'>Nathalie Desmet<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1303,"featured_media":184722,"template":"","categories":[884,892],"numeros":[],"disciplines":[],"statuts":[335],"checklist":[],"auteurs":[927],"artistes":[],"thematiques":[],"type_compte-rendu":[],"class_list":["post-184724","compte-rendu","type-compte-rendu","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category-reviews","category-webzine","statuts-archive","auteurs-nathalie-desmet-en"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/compte-rendu\/184724","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/compte-rendu"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/compte-rendu"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1303"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/184722"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=184724"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=184724"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=184724"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=184724"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=184724"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=184724"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=184724"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=184724"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=184724"},{"taxonomy":"type_compte-rendu","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_compte-rendu?post=184724"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}