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{"id":186517,"date":"2021-11-27T09:44:00","date_gmt":"2021-11-27T14:44:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/compte-rendu\/anne-imhof-palais-de-tokyo\/"},"modified":"2023-05-31T09:44:54","modified_gmt":"2023-05-31T14:44:54","slug":"anne-imhof-palais-de-tokyo","status":"publish","type":"compte-rendu","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/reviews\/anne-imhof-palais-de-tokyo\/","title":{"rendered":"Anne Imhof<br><em>Natures mortes<\/em>"},"content":{"rendered":"\n<pre class=\"wp-block-verse\">[In French]\n\nL\u2019ouverture des performances d\u2019Anne Imhof au Palais de Tokyo commence par un rod\u00e9o urbain. De jeunes gar\u00e7ons, recrut\u00e9s dans un club de boxe de Sarcelles en banlieue parisienne, s\u2019adonnent au cabrage de leurs motos. On ne comprend pas imm\u00e9diatement qu\u2019ils font partie de la derni\u00e8re pi\u00e8ce perform\u00e9e d\u2019Imhof, con\u00e7ue dans le cadre de sa carte blanche&nbsp;<em>Natures mortes&nbsp;<\/em>: huit soir\u00e9es de performances attendues comme le point d\u2019orgue de son exposition (cf. compte rendu dans&nbsp;<em>Esse<\/em>&nbsp;no 103). Ce temps tr\u00e8s restreint nous laisse esp\u00e9rer revivre le sentiment puissant qu\u2019avait produit&nbsp;<em>Faust<\/em>sur les visiteurs et visiteuses du pavillon allemand de la Biennale de Venise de 2017.<\/pre>\n\n\n\n<p>La fum\u00e9e des pots d\u2019\u00e9chappement, les \u00e0-coups d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration, les bruits de moteur d\u00e9rangent. Perdus dans le quartier chic du 16e arrondissement de Paris, les motards affichent l\u2019univers quotidien de la banlieue et, par le jeu de la s\u00e9gr\u00e9gation r\u00e9sidentielle, la menace d\u2019une jeunesse ind\u00e9sirable. Aussi importun\u00e9ment arrive un v\u00e9hicule tout-terrain sur lequel a pris place le noyau dur des performeurs d\u2019Imhof, avec en t\u00eate Eliza Douglas, sa muse et compagne, en reine majestueuse. Sur une musique op\u00e9ratique qu\u2019elle projette par des enceintes mobiles, la meute, comme l\u2019appelle Imhof, horde de morts-vivants refusant toute communication, d\u00e9ploie des mouvements d\u2019une lenteur infinie pour entrer dans le b\u00e2timent. Elle ouvre la procession des visiteurs et visiteuses qui vont se bousculer autour de ces cr\u00e9atures p\u00e2les jusqu\u2019aux tr\u00e9fonds du centre d\u2019art. Il y a beaucoup de monde, trop pour bien saisir toutes les qualit\u00e9s du dispositif pr\u00e9vu par l\u2019artiste dans l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 du Palais de Tokyo&nbsp;; architecture, peintures, installations et sons servent d\u2019ossature aux images qui vont se former au c\u0153ur d\u2019une tourmente de pr\u00e8s de quatre heures. On se bouscule.<\/p>\n\n\n\n<p>La meute sait fendre la masse. Elle avance vers le corridor constitu\u00e9 de panneaux tagu\u00e9s provenant de bureaux d\u00e9saffect\u00e9s qu\u2019Imhof a install\u00e9s comme un sas vers son exposition. Les performeurs se portent mutuellement sur les \u00e9paules pour aller de plus en plus profond dans le Palais, faisant \u00e9cho \u00e0 la perspicacit\u00e9 des plus jeunes, que le philosophe Jean de&nbsp;Salisbury soulignait par la bouche de son maitre, Bernard de&nbsp;Chartres, dans&nbsp;<em>Metalogicon<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;Nous sommes des nains assis sur des \u00e9paules de g\u00e9ants. Si nous voyons plus de choses et plus loin qu\u2019eux, ce n\u2019est pas \u00e0 la perspicacit\u00e9 de notre vue, ni de notre grandeur, c\u2019est parce que nous sommes \u00e9lev\u00e9s par eux.&nbsp;\u00bb Puis, ils se mettent paradoxalement \u00e0 genoux, face contre terre, serr\u00e9s les uns contre les autres, pour produire une image de p\u00e9nitence collective ou de devenir animal. De temps \u00e0 autre, l\u2019un d\u2019eux monte sur le dos du groupe, comme pour ne pas perdre de vue le but invisible qu\u2019ils se sont fix\u00e9. Que voit la meute que nous ne voyons pas&nbsp;? On les suit de loin en loin \u00e0 travers les vitres, comme on le ferait dans un zoo. Sur les visages ferm\u00e9s du d\u00e9but, on se prend maintenant \u00e0 chercher la souffrance. De la&nbsp;<em>noise music<\/em>&nbsp;tirant vers le punk scande l\u2019espace. L\u2019artiste l\u2019a compos\u00e9e comme une partition avec l\u2019Am\u00e9ricaine Eliza Douglas, qui par moment chantera ou jouera de la guitare \u00e9lectrique.<\/p>\n\n\n\n<p>Les performeurs, quant \u00e0 eux, sont enferm\u00e9s dans un monde sans paroles. D\u00e8s qu\u2019ils le peuvent, ils rivent leurs yeux sur leurs t\u00e9l\u00e9phones. C\u2019est le moyen qu\u2019Imhof a choisi pour tenir la horde. Le cadre leur est pr\u00e9cis\u00e9 par texto, davantage pour donner une temporalit\u00e9 que pour ordonner des gestes pr\u00e9cis. L\u2019improvisation est assum\u00e9e. D\u2019une pi\u00e8ce \u00e0 l\u2019autre, on retrouve les motifs d\u2019une iconographie propre \u00e0 l\u2019artiste. Outre le choix de performeurs aux caract\u00e9ristiques physiques fortes&nbsp;\u2013 visages \u00e9maci\u00e9s taill\u00e9s \u00e0 la serpe, androgynie, minceur extr\u00eame, etc.&nbsp;\u2013, Imhof prolonge ses obsessions par des gestes assimilables \u00e0 des rituels de mortification et de purification. Les protagonistes sortent par une fen\u00eatre du Palais de Tokyo vers les bassins ext\u00e9rieurs pour s\u2019y immerger. \u00c0 un autre moment, ils s\u2019arrosent d\u2019un liquide transparent. Dans&nbsp;<em>Natures mortes<\/em>, symbole du temps des calamit\u00e9s \u00e9pid\u00e9miques, c\u2019est du gel hydroalcoolique qui sert \u00e0 se mouiller int\u00e9gralement. Autre topos&nbsp;: on se rase le corps ou les bras. Les mouvements de t\u00eate violents issus du heavy&nbsp;m\u00e9tal r\u00e9apparaissent \u00e9galement d\u2019une performance \u00e0 l\u2019autre, chevelures lib\u00e9r\u00e9es en guise de rempart contre la col\u00e8re. Comme dans certains concerts, des corps l\u00e9vitent au-dessus du public, port\u00e9s sur le dos ou sur le ventre, produisant ici des images d\u2019\u00eatres au sommeil \u00e9ternel auxquels on rend hommage une derni\u00e8re fois. Imhof cherche \u00e0 traduire les rapports de domination et de pouvoir auxquels la soci\u00e9t\u00e9 actuelle nous confronte. Les attitudes sont hautaines, les regards, dominateurs, les performeurs peuvent \u00eatre coercitifs, encercler rapidement des membres du public choisis ou faire barrage. Les irruptions brusques, les acc\u00e9l\u00e9rations soudaines de leurs mouvements, le bruit brutal d\u2019un skateboard que l\u2019on cogne sur le sol nous ins\u00e9curisent. La fronti\u00e8re est t\u00e9nue, tendue, entre les performeurs et l\u2019attroupement des visiteurs et visiteuses.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns alignfull is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:66.66%\">\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1280\" height=\"1920\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/11A7015-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-195057\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/11A7015-1.jpg 1280w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/11A7015-1-300x450.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/11A7015-1-600x900.jpg 600w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/11A7015-1-768x1152.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/11A7015-1-1024x1536.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1280px) 100vw, 1280px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Anne Imhof<\/strong><br><em>Natures Mortes<\/em>, vue de la performance, Palais de Tokyo, Paris, 2021.<br>Photo : Nadine Fraczkowski, permission de l\u2019artiste<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\"><\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>L\u2019artiste d\u00e9clare avoir pour r\u00e9f\u00e9rence le th\u00e9\u00e2tre de la cruaut\u00e9 d\u2019Antonin Artaud. Les similitudes entre le programme de celui-ci et les performances sont en effet troublantes aussi bien en ce qui concerne ce que le spectacle est cens\u00e9 contenir de donn\u00e9es agissant sur la sensibilit\u00e9 et la psychologie&nbsp;\u2013 cris, apparitions, surprises&nbsp;\u2013 que sa mise en sc\u00e8ne. Le premier manifeste du th\u00e9\u00e2tre de la cruaut\u00e9 propose que des \u00ab&nbsp;gestes \u00e9vocateurs, attitudes \u00e9motives ou arbitraires, pilonnages \u00e9perdus de rythmes et de sons&nbsp;\u00bb se doublent et soient multipli\u00e9s par \u00ab&nbsp;des gestes et [des] attitudes reflets, constitu\u00e9s par l\u2019amas de tous les gestes impulsifs, de toutes les attitudes manqu\u00e9es, de tous les lapsus de l\u2019esprit et de la langue, par lesquels se manifeste ce que l\u2019on pourrait appeler les impuissances de la <span style=\"white-space: nowrap;\">parole&nbsp;\u00bb<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-1\" href=\"#footnote-1\"><sup>1<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-1\"><a href=\"#fn-ref-1\"> 1 <\/a> - Antonin Artaud,&nbsp;<em>Le th\u00e9\u00e2tre et son double<\/em>, Paris, Gallimard, 1964, p.&nbsp;146.<\/span>. On ne r\u00e9sumerait pas mieux ce que l\u2019on per\u00e7oit des performances. Il pr\u00f4ne \u00e9galement l\u2019id\u00e9e que les sons et la musique doivent intervenir comme des personnages, ce qu\u2019Imhof pourrait revendiquer aussi. Nous retrouvons une m\u00eame ind\u00e9cision entre l\u2019hyperpr\u00e9sence et la repr\u00e9sentation dans les performances. De la m\u00eame fa\u00e7on, Artaud d\u00e9sirait supprimer la sc\u00e8ne et la salle pour les remplacer par un lieu unique \u00ab&nbsp;sans cloisonnement, ni barri\u00e8re d\u2019aucune sorte, et qui deviendra le th\u00e9\u00e2tre m\u00eame de <span style=\"white-space: nowrap;\">l\u2019action \u00bb<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-2\" href=\"#footnote-2\"><sup>2<\/sup><\/a><\/span> <span class=\"fn\" id=\"footnote-2\"><a href=\"#fn-ref-2\"> 2 <\/a> - Ibid., p.&nbsp;148.<\/span>. Imhof d\u00e9clare vouloir cr\u00e9er des images qui puissent persister dans l\u2019imagination du public, l\u2019exposition devenant le cadre id\u00e9al et ce lieu unique. On serait tent\u00e9 de voir les performeurs comme des objets minimaux, qui certes bougent, mais qui ne renvoient \u00e0 rien d\u2019autre qu\u2019eux-m\u00eames, dans un espace litt\u00e9ral ne permettant de saisir que leurs contours ou l\u2019image qu\u2019ils produisent. Cette image ne peut en effet se construire qu\u2019en la pr\u00e9sence des spectateurs et spectatrices&nbsp;; pourtant, les corps renvoient \u00e0 autant d\u2019antith\u00e9\u00e2tralit\u00e9 que de th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 tant ils sont enti\u00e8rement absorb\u00e9s dans leurs t\u00e2ches, imperm\u00e9ables \u00e0 ce qui les entoure.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre aspect important du travail d\u2019Imhof, pouvant davantage relever de la th\u00e9\u00e2tralit\u00e9, est li\u00e9 aux liens qu\u2019elle a tiss\u00e9s avec le monde de la mode. Imhof, qui s\u2019int\u00e9resse pleinement \u00e0 son \u00e9thos, dit reconnaitre chez les mannequins une sorte de pr\u00e9sence qu\u2019elle peine \u00e0 retrouver dans l\u2019art. Dans&nbsp;<em>Natures mortes<\/em>, les rapports que l\u2019artiste entretient avec la mode s\u2019affirment encore plus que dans les performances pr\u00e9c\u00e9dentes. Outre la pr\u00e9sence de Douglas, qui est \u00e0 la fois \u00e9g\u00e9rie de Balanciaga et de Burberry, Imhof \u00e9voque les grands couturiers&nbsp;: Burberry m\u00e9c\u00e8ne l\u2019exposition aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019autres marques qui rivalisent sur le corps des performeurs. L\u2019artiste d\u00e9clare que les v\u00eatements issus de la mode cherchent \u00e0 contrebalancer l\u2019inexpressivit\u00e9 des performeurs, mais son vocabulaire vestimentaire habituel, issu des cultures suburbaines&nbsp;\u2013 v\u00eatements \u00e0 capuche informes, amples, d\u00e9contract\u00e9s&nbsp;\u2013, est de plus en plus contamin\u00e9 par les marques d\u2019un pr\u00eat-\u00e0-porter de luxe. Celui-ci est-il vraiment gage d\u2019expressivit\u00e9&nbsp;? La noblesse de la porosit\u00e9 des arts s\u2019\u00e9corne lorsque le regard s\u2019accroche \u00e0 maintes reprises sur les sweatshirts arborant en lettres capitales \u00ab&nbsp;enfants riches d\u00e9prim\u00e9s&nbsp;\u00bb. Bas\u00e9e \u00e0 Los&nbsp;Angeles, cr\u00e9\u00e9e par un jeune homme de 25&nbsp;ans fid\u00e8le aux cures de d\u00e9sintoxication depuis l\u2019\u00e2ge de 15&nbsp;ans, cette marque de pr\u00eat-\u00e0-porter affiche sans complexe une gamme de v\u00eatements pour jeunes bourgeois incapables de trouver un sens \u00e0 leur vie et pouvant se permettre l\u2019achat d\u2019un sweat \u00e0 capuche \u00e0 1&nbsp;800&nbsp;euros.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns alignfull is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:66.66%\">\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1280\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/11A3266.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-195059\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/11A3266.jpg 1920w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/11A3266-300x200.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/11A3266-600x400.jpg 600w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/11A3266-768x512.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/11A3266-1536x1024.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Anne Imhof<\/strong><br><em>Natures Mortes<\/em>, vue de la performance, Palais de Tokyo, Paris, 2021.<br>Photo : Nadine Fraczkowski, permission de l\u2019artiste<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>Imhof s\u2019apparente donc \u00e0 ce monde underground d\u2019enfants trop riches et, r\u00e9trospectivement, on a du mal \u00e0 situer ce que l\u2019esth\u00e9tique de la banlieue du d\u00e9but de la performance a affaire avec lui. Les uns ach\u00e8tent des contrefa\u00e7ons, les autres s\u2019offrent les produits authentiques. En relisant notre \u00e9motion premi\u00e8re \u00e0 la lueur de ces d\u00e9tails&nbsp;\u2013 grands noms de la mode, mannequins choisis pour leur physique par un milieu de la mode accus\u00e9 \u00e0 juste titre d\u2019inciter \u00e0 une maigreur morbide, choix de partenariat avec de grosses galeries pour les \u0153uvres pr\u00e9sent\u00e9es&nbsp;\u2013, on ne peut qu\u2019\u00eatre mal \u00e0 l\u2019aise et ressentir combien il est difficile de parler des rapports de domination et de violence r\u00e9els ou symboliques tout en se rattachant \u00e0 un syst\u00e8me \u00e9litiste et \u00e9conomiquement dominant. Le malaise fait partie de la performance, mais ce que nous voyons d\u2019abord comme une critique acerbe de notre monde contemporain pourrait, \u00e0 force de collusion avec les plus forts, devenir cynisme. La masse du peuple contre la petite meute de jeunes urbains cosmopolites, d\u00e9s\u0153uvr\u00e9s, riches et d\u00e9prim\u00e9s.<\/p>\n<div style='display: none;'>Anne Imhof, Nathalie Desmet<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<strong> Palais de Tokyo,<\/strong> Paris<br>du 14 au 24 octobre 2021<\/br>","protected":false},"author":1303,"featured_media":195054,"template":"","categories":[884,892],"numeros":[],"disciplines":[],"statuts":[],"checklist":[],"auteurs":[927],"artistes":[1784],"thematiques":[],"type_compte-rendu":[],"class_list":["post-186517","compte-rendu","type-compte-rendu","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category-reviews","category-webzine","auteurs-nathalie-desmet-en","artistes-anne-imhof-en"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/compte-rendu\/186517","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/compte-rendu"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/compte-rendu"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1303"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/195054"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=186517"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=186517"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=186517"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=186517"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=186517"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=186517"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=186517"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=186517"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=186517"},{"taxonomy":"type_compte-rendu","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_compte-rendu?post=186517"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}