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{"id":180884,"date":"1999-09-01T20:00:00","date_gmt":"1999-09-02T01:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/editoriaux\/editorial-no-37\/"},"modified":"2024-10-10T10:55:08","modified_gmt":"2024-10-10T15:55:08","slug":"iles-de-la-madeleine","status":"publish","type":"editoriaux","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/editorial\/iles-de-la-madeleine\/","title":{"rendered":"\u00celes de la Madeleine"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00abIl n&#8217;existe pas de plus grande douleur au monde que la perte de sa terre natale.\u00bb<\/p>\n<cite>Euripide, 432 av.J.-C.[1]<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Le syst\u00e8me \u00e9conomique actuel qui r\u00e9sulte de la collusion finance internationale-secteur priv\u00e9-\u00c9tats ne fait qu'accro\u00eetre les profits des d\u00e9j\u00e0 bien nantis en prenant dans la poche des d\u00e9j\u00e0 moins nantis. Le m\u00eame principe s'applique quand il s'agit du retrait de l'\u00c9tat de services publics qu'on aurait cru intouchables. Le gouvernement argue que des coupures dans les d\u00e9penses sont devenues n\u00e9cessaires alors qu'il ne remet jamais en cause les mesures fiscales complaisantes envers les grandes entreprises et les citoyens fortun\u00e9s. Vaut mieux piger encore et toujours dans la poche des plus d\u00e9munis!<\/pre>\n\n\n\n<p>Les m\u00e9canismes de redistribution et de protection sociale ne tiennent plus : on se fait d\u00e9poss\u00e9der par la privatisation progressive de nos biens collectifs. Qu&#8217;en est-il exactement au Qu\u00e9bec? Voici des faits concrets.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout d&#8217;abord dans le domaine de la sant\u00e9. Quand il y a de l&#8217;argent \u00e0 faire, les requins se pointent. Puisque les d\u00e9penses de sant\u00e9 totalisaient 75,2 milliard milliards en 1996 au Canada, il est facile de comprendre que ce secteur repr\u00e9sente un march\u00e9 tr\u00e8s all\u00e9chant pour le secteur priv\u00e9. Il est important d&#8217;y voir parce que selon certaines clauses de l&#8217;AL\u00c9NA \u2014 les requins sont bien pr\u00e9voyants! \u2014, il sera difficile d&#8217;inverser le processus pour que des services privatis\u00e9s soient \u00e0 nouveau couverts par l&#8217;\u00c9tat.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;\u00c9tat qu\u00e9b\u00e9cois a commenc\u00e9 \u00e0 se d\u00e9sengager dans le domaine de la sant\u00e9 \u00e0 partir de 1982. Comme on n&#8217;a pas cess\u00e9 d&#8217;\u00eatre malade, qui en profite? Les compagnies d&#8217;assurances priv\u00e9es. Les cinq plus grosses \u2014 la Sun Life, la Financi\u00e8re Manuvie, Canada-Vie, la Great-West et le groupe London, ces deux derni\u00e8res \u00e9tant propri\u00e9t\u00e9 de Power Corporation qui devient l&#8217;un des deux premiers assureurs vie au Canada \u2014 se portent fort bien car leurs revenus de primes d&#8217;assurance maladie croissent deux fois plus vite que l&#8217;ensemble des revenus des autres primes. De nouveaux march\u00e9s lucratifs s&#8217;ouvrent : les cliniques priv\u00e9es, tout le domaine des soins \u00e0 domicile et des appareils n\u00e9cessaires \u2014 alors que beaucoup de mat\u00e9riel demeure inutilis\u00e9 \u00e0 cause des fermetures de lits et d&#8217;h\u00f4pitaux \u2014, tout le domaine des biotechnologies et des technologies de l&#8217;information&#8230; march\u00e9s que flairent des compagnies am\u00e9ricaines \u00e0 la pr\u00e9sence accrue, sans compter l&#8217;industrie pharmaceutique, le secteur le plus rentable au monde. Les vis\u00e9es ne sont jamais en fonction d&#8217;un mieux-\u00eatre, mais de maximiser les profits \u00e0 court terme. M\u00eame si on peut offrir des services de qualit\u00e9, ceux-ci sont peu accessibles parce que trop dispendieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela en vient \u00e0 \u00e9tablir un syst\u00e8me qu&#8217;on appelle \u00ab\u00e0 deux vitesses\u00bb, dans lesquels les plus d\u00e9munis ne peuvent jouir de services de sant\u00e9 ad\u00e9quats, alors qu&#8217;on avait tout pour \u00eatre fier de s&#8217;\u00eatre donn\u00e9 pour principe l&#8217;\u00e9quit\u00e9 d&#8217;acc\u00e8s aux services pour tous, sans \u00e9gard au contenu de leur portefeuille. Qu&#8217;attendons-nous aussi pour prendre notre sant\u00e9 en mains, pour axer notre mode de vie plut\u00f4t vers la pr\u00e9vention? Il y a 20 ans, on en parlait; on en parle toujours!<\/p>\n\n\n\n<p>Entre-temps, c&#8217;est \u00e9peurant de voir \u00e7a aller! Pour qui voudrait aller plus loin dans l&#8217;horreur, lire&nbsp;<em>\u00c0 qui profite le d\u00e9mant\u00e8lement de l&#8217;\u00c9tat?<\/em>&nbsp;de Martin Poirier, Fran\u00e7ois Patenaude, Martin Petit et Gino Lambert (Chaire d&#8217;\u00e9tudes socio-\u00e9conomiques de l&#8217;UQAM, 1998). Les auteurs nous pr\u00e9viennent: : \u00bbOn ne r\u00e9p\u00e9tera jamais assez que la crise [dans notre syst\u00e8me de sant\u00e9] a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e artificiellement par les choix de nos politiciens.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le mouvement de privatisation atteint aussi d&#8217;autres secteurs, dont celui de l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9. En plus de nous assurer le contr\u00f4le de nos ressources hydro\u00e9lectriques, la nationalisation avait entre autres permis une diminution des tarifs et une politique tarifaire uniforme sur l&#8217;ensemble du territoire.<\/p>\n\n\n\n<p>La construction de petites centrales de moins de 50 MW et dont les producteurs priv\u00e9s ont obtenu l&#8217;exclusivit\u00e9 \u2014 entreprise sous les Lib\u00e9raux et reprise sous le gouvernement p\u00e9quiste \u2014 a caus\u00e9 des pertes d&#8217;environ 75 millions $ pour Hydro-Qu\u00e9bec, donc pour la soci\u00e9t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9coise. Ces producteurs peuvent harnacher toutes les petites rivi\u00e8res du Qu\u00e9bec, sans se soucier de l&#8217;effet sur l&#8217;environnement. Et alors qu&#8217;Hydro-Qu\u00e9bec pr\u00e9voit des surplus \u00e9nerg\u00e9tiques! De plus, ces projets ne cr\u00e9ent des emplois qu&#8217;\u00e0 court terme. Un tel revirement en faveur du secteur priv\u00e9 relevait d&#8217;une d\u00e9cision purement politique, sans fondement \u00e9conomique.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1997, Hydro-Qu\u00e9bec a perdu deux de ses monopoles : elle n&#8217;est plus la seule \u00e0 pouvoir acheter ou vendre de l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 en gros au Qu\u00e9bec, et n&#8217;est plus la seule \u00e0 utiliser son r\u00e9seau de transport d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9. Cela n&#8217;\u00e9tait pourtant pas une condition essentielle pour obtenir un permis d&#8217;exploitation aux \u00c9tats-Unis, pour un march\u00e9 disponible finalement plut\u00f4t restreint pour Hydro-Qu\u00e9bec. Donc pas de raison valable pour une telle perte de contr\u00f4le public. Une dangereuse porte vient de s&#8217;ouvrir : des pressions du c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;organisme de r\u00e9glementation am\u00e9ricain pourraient s&#8217;exercer pour d\u00e9manteler davantage la soci\u00e9t\u00e9 d&#8217;\u00c9tat. Cela pourrait provoquer une hausse de tarifs \u2014 parmi les moins chers en Am\u00e9rique du Nord \u2014 pour les consommateurs qu\u00e9b\u00e9cois, tout cela pour augmenter les profits d&#8217;une minorit\u00e9 d&#8217;investisseurs priv\u00e9s. Le principe des tarifs uniformes pour l&#8217;ensemble du territoire serait remis en question et d\u00e9favoriserait des r\u00e9gions \u00e9loign\u00e9es comme l&#8217;Abitibi, la Gasp\u00e9sie ou les \u00celes de la Madeleine, ce qui plairait \u00e0 ceux qui pr\u00e9conisent l&#8217;abandon de r\u00e9gions consid\u00e9r\u00e9es \u00abnon rentables\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs arguments ne sont pas mentionn\u00e9s. Si Hydro \u00e9tait privatis\u00e9e, le gouvernement serait oblig\u00e9 de subventionner une grande partie des frais de recherche et de d\u00e9veloppement actuellement assum\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9 d&#8217;\u00c9tat. Si la formation du personnel et les investissements en immobilisation, qu&#8217;assume aussi Hydro-Qu\u00e9bec, deviennent \u00e0 la charge des entreprises priv\u00e9es, celles-ci peuvent b\u00e9n\u00e9ficier pour ces activit\u00e9s de g\u00e9n\u00e9reuses subventions de l&#8217;\u00c9tat, somme estim\u00e9e \u00e0 plus de 400 millions $. Les investisseurs priv\u00e9s n&#8217;en retireraient que des avantages : ils pourraient accro\u00eetre les dividendes en n\u00e9gligeant les investissements. La belle affaire! Les consommateurs et les employ\u00e9s ne retirent quant \u00e0 eux aucun avantage, mais que des incidences fiscales n\u00e9gatives.<\/p>\n\n\n\n<p>Le patron d&#8217;Hydro-Qu\u00e9bec, Andr\u00e9 Caill\u00e9, est un ardent d\u00e9fenseur d&#8217;un virage commercial pour la soci\u00e9t\u00e9 d&#8217;\u00c9tat. Il ne se cache m\u00eame pas pour avouer qu&#8217;il ne reconna\u00eet plus le r\u00f4le de justice redistributrice d&#8217;Hydro-Qu\u00e9bec, qui est, selon lui, une entreprise comme une autre, donc arrangeons-nous entre gens de l&#8217;\u00e9lite financi\u00e8re pour nous en mettre plein les poches. Le programme d&#8217;efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique (E\u00c9), qui comprend une s\u00e9rie de mesures pour r\u00e9duire la consommation d&#8217;\u00e9nergie, prot\u00e8ge l&#8217;environnement, tout en cr\u00e9ant beaucoup d&#8217;emplois. Selon ce programme, on arr\u00eaterait tout barrage ou d\u00e9rivation de rivi\u00e8res pour des ann\u00e9es. Malgr\u00e9 tous ces avantages, Hydro-Qu\u00e9bec a graduellement abandonn\u00e9 le programme d&#8217;E\u00c9. Les consommateurs y gagnaient, mais Hydro vendait moins d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9. On voit clairement combien valent les int\u00e9r\u00eats de la collectivit\u00e9&#8230; Le Plan strat\u00e9gique de la soci\u00e9t\u00e9 d&#8217;\u00c9tat pr\u00e9voit plut\u00f4t des mesures pour alimenter les \u00c9tats-Unis en \u00e9lectricit\u00e9, autant de contrats pour l&#8217;entreprise priv\u00e9e. Le tout se fait \u00e0 toute vapeur, \u00e0 coup de d\u00e9crets, sans d\u00e9bat public ni \u00e9tude pr\u00e9alable.<\/p>\n\n\n\n<p>Le secteur de l&#8217;\u00e9ducation n&#8217;\u00e9chappe pas \u00e0 l&#8217;intrusion de l&#8217;entreprise priv\u00e9e, \u00e9tablissant l\u00e0 aussi un syst\u00e8me \u00e0 deux vitesses. Les \u00e9coles priv\u00e9es, subventionn\u00e9es et m\u00eame non-subventionn\u00e9es, re\u00e7oivent un g\u00e9n\u00e9reux financement de la part de l&#8217;\u00c9tat, indirectement par des d\u00e9ductions fiscales pour frais de scolarit\u00e9 favorisant le secteur priv\u00e9. Et les \u00e9tudiants de ce secteur sont eux aussi admissibles \u00e0 l&#8217;aide financi\u00e8re du minist\u00e8re de l&#8217;\u00c9ducation. Mais les \u00e9coles priv\u00e9es ont eu une moins grande part des compressions budg\u00e9taires impos\u00e9es par l&#8217;\u00c9tat que les \u00e9coles publiques. Pour l&#8217;\u00e9galit\u00e9 des chances en \u00e9ducation, on repassera&#8230; Des entreprises ont fait leur entr\u00e9e dans les \u00e9coles : Canadian Tire, Energizer, le groupe Investors et la Banque de Montr\u00e9al. Pour palier l&#8217;effet n\u00e9gatif des compressions budg\u00e9taires, les universit\u00e9s administrent des fondations qui recueillent des fonds du secteur priv\u00e9, fonds que l&#8217;\u00c9tat finance par le biais de d\u00e9ductions fiscales. Les fonds aux chaires et groupes de recherche universitaires constituent une autre forme d&#8217;intrusion int\u00e9ress\u00e9e pour un syst\u00e8me d&#8217;\u00e9ducation adapt\u00e9 aux besoins des entreprises. \u00c0 pr\u00e9voir : l&#8217;\u00e9limination de programmes d&#8217;\u00e9tudes \u00abmoins rentables\u00bb?<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant ce temps, les r\u00e9gions du Qu\u00e9bec, m\u00eame si elles tirent le diable par la queue, n&#8217;ont pas l&#8217;intention de se laisser fermer. Le DOSSIER de ce num\u00e9ro, sur les \u00celes de la Madeleine \u2014 le 6e de la s\u00e9rie \u2014 a fourni une autre occasion toute concr\u00e8te de traiter du contexte \u00e9conomique actuel, dans l&#8217;\u00e8re de mondialisation que nous vivons et dont les secousses se font sentir partout. Ce dossier s&#8217;int\u00e9resse \u00e0 ce que sont en train de d\u00e9velopper les Madelinots qui, comme d&#8217;autres dans des r\u00e9gions en d\u00e9croissance \u00e9conomique, doivent compter sur leurs propres ressources et d\u00e9velopper localement d&#8217;autres avenues. Le survol des r\u00e9gions jusqu&#8217;\u00e0 maintenant a permis de constater la contribution des intervenants culturels, contribution pas suffisamment reconnue.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;art qui se fait en r\u00e9gion n&#8217;a pas fini de susciter des r\u00e9actions. Deux DROITS DE R\u00c9PLIQUE, de Sylvette Babin et de Dominique Laquerre, \u00e0 un commentaire n\u00e9gatif de Manon Morin \u00e0 propos de productions r\u00e9gionales et paru dans le num\u00e9ro pr\u00e9c\u00e9dent, soul\u00e8vent des pistes de r\u00e9flexion et contribuent \u00e0 alimenter toute la question de l&#8217;art dans et hors des centres urbains. Roger Gaudreau, quant \u00e0 lui, \u00e9met une OPINION sur la situation v\u00e9cue \u00e0 Trois-Rivi\u00e8res. Une partie du probl\u00e8me soulev\u00e9 vient du fardeau qui p\u00e8se actuellement sur tous les centres de production \u00e0 travers le Qu\u00e9bec, que le Conseil des arts et lettres du Qu\u00e9bec (CALQ) voudrait bien fermer ou orienter vers des activit\u00e9s de diffusion. Gaudreau cerne tr\u00e8s bien la difficult\u00e9 que conna\u00eet l&#8217;atelier dont il est l&#8217;un des fondateurs, et les tensions internes qui en r\u00e9sultent.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux auteurs s&#8217;en prennent \u00e0 des types de lieux de diffusion, composantes importantes du milieu des arts. Camille Bouchi fustige l&#8217;institution mus\u00e9ale \u00e0 partir de l&#8217;exposition&nbsp;<em>Travers\u00e9es<\/em>&nbsp;du Mus\u00e9e des beaux-arts du Canada. Le texte de ce nouveau collaborateur s&#8217;inscrit bien \u00e0 la suite du dossier du num\u00e9ro pr\u00e9c\u00e9dent traitant notamment du choix des artistes immigrants vis-\u00e0-vis du syst\u00e8me artistique qui pr\u00e9vaut. Les exposants de&nbsp;<em>Travers\u00e9es<\/em>, immigrants ou r\u00e9fugi\u00e9s, jouent \u00e0 plein le jeu du syst\u00e8me en place, selon Bouchi qui questionne ce que les artistes choisis avaient de \u00abdiff\u00e9rent\u00bb \u00e0 nous apporter. La pr\u00e9sence du Cubain Kcho, pr\u00e9sent\u00e9 au CIAC en septembre 1996 avec l&#8217;appui officiel de son pays, semble r\u00e9pondre aux interrogations de Bernard Mulaire, auteur du dossier sur Cuba (<em>ESSE<\/em>n\u00b0 30, automne 1996), sur l&#8217;avenir de cet \u00abartiste de la jet-set des biennales\u00bb qui a d&#8217;ailleurs fait d\u00e9fection tout de suite apr\u00e8s sa venue \u00e0 Montr\u00e9al. Le voil\u00e0 aujourd&#8217;hui bien positionn\u00e9!<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;artiste Yves O&#8217;Reilly, interview\u00e9 par Sylvain Latendresse, critique quant \u00e0 lui les centres d&#8217;artistes autog\u00e9r\u00e9s. Alors que Guy Sioui Durand en fait l&#8217;un des porte-flambeaux de \u00abL&#8217;art comme alternative\u00bb, pour reprendre le titre de son livre (\u00c9ditions Inter, 1998), les centres d&#8217;artistes seraient plut\u00f4t de simples lieux d&#8217;exposition sans projet artistique. Si, selon Bouchi et O&#8217;Reilly, il n&#8217;y ait rien \u00e0 attendre des mus\u00e9es et des centres d&#8217;artistes pour pr\u00e9senter ou d\u00e9velopper un art \u00e0 risque, o\u00f9 le trouver? La r\u00e9ponse : sans doute ailleurs&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Il est int\u00e9ressant de noter, \u00e0 propos de ces articles et opinons, les id\u00e9es qui se recoupent ou s&#8217;opposent. Un fait qui revient souvent est le r\u00f4le d\u00e9terminant des subventionneurs, notamment le CALQ, qui d\u00e9tourne d&#8217;une trajectoire donn\u00e9e et m\u00e8ne \u00e0 une forme d&#8217;\u00e9puisement. Alors que Gaudreau mentionne \u00e0 propos de l&#8217;exp\u00e9rience trifluvienne qu&#8217;il leur a fallu faire dispara\u00eetre tout ce qui pouvait \u00e9voquer la modernit\u00e9, Bouchi parle de la fin de la postmodernit\u00e9&#8230; bien des termes convenus&#8230; Les centres d&#8217;artistes en g\u00e9n\u00e9ral sont sur la sellette dans ce num\u00e9ro et Dominique Laquerre contextualise le cas particulier de celui de Victoriaville. Et alors qu&#8217;Yves O&#8217;Reilly affirme que \u00ables centres de production fonctionnent bien\u00bb, Roger Gaudreau nous laisse entrevoir un tout autre portrait.<\/p>\n\n\n\n<p>Lise Gagnon aborde, \u00e0 travers le travail photographique de Stephan Ballard, les rapports possibles entre les d\u00e9marches artistiques et les r\u00e9cents d\u00e9veloppements scientifiques, notamment le ph\u00e9nom\u00e8ne du chaos. Le sujet n&#8217;est pas nouveau dans&nbsp;<em>ESSE<\/em>&nbsp;; il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 trait\u00e9 dans le n\u00b0 25 (automne 1994). Il ne faut cependant pas oublier que certains recherches scientifiques n&#8217;\u00e9chappent pas, elles non plus, aux imp\u00e9ratifs \u00e9conomiques : applications commerciales, recherches orient\u00e9es vers un profit.<\/p>\n\n\n\n<p>Encore cette ann\u00e9e, traiter de courts m\u00e9trages fut l&#8217;optique retenue par V\u00e9ronique Bellemare Bri\u00e8re pour rendre compte du dernier&nbsp;<em>Festival du cin\u00e9ma international en Abitibi-T\u00e9miscamingue<\/em>. Certaines disciplines ne peuvent b\u00e9n\u00e9ficier d&#8217;une diffusion ad\u00e9quate, faute de p\u00e9riodiques qui s&#8217;y consacrent. Ainsi la danse \u2014 Sylvette Babin s&#8217;en charge en traitant de la chor\u00e9graphie&nbsp;<em>Giselle la maudite amour sale<\/em>&nbsp;de Rolline Laporte, reprise l&#8217;hiver dernier \u00e0 Montr\u00e9al, et en faisant un bilan du collectif Brouhaha Danse \u2014 et la BD \u2014 Denis Lord nous fait conna\u00eetre l&#8217;\u0153uvre (et l&#8217;exp\u00e9rience) de Farid Boudjellal, Alg\u00e9rien n\u00e9 en France.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la lecture du nouvel acte de la chronique Gossage de Paul Gr\u00e9goire, peut-\u00eatre demanderons-nous : \u00abAs-tu eu ta dose de po\u00e9sie aujourd&#8217;hui?\u00bb Un rem\u00e8de \u00e0 essayer. Si on avait moins perdu contact avec notre propre po\u00e9sie, peut-\u00eatre aurions-nous ce pays qui nous manque&#8230;<\/p>\n<div style='display: none;'>Johanne Chagnon<\/div><div style='display: none;'>Johanne Chagnon<\/div><div style='display: none;'>Johanne Chagnon<\/div><div style='display: none;'>Johanne Chagnon<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1303,"featured_media":0,"template":"","categories":[886],"numeros":[5383],"disciplines":[],"statuts":[],"checklist":[],"auteurs":[4826],"artistes":[],"thematiques":[],"type_editoriaux":[],"class_list":["post-180884","editoriaux","type-editoriaux","status-publish","hentry","category-editorial","numeros-37-iles-de-la-madeleine-en","auteurs-johanne-chagnon-en"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/editoriaux\/180884","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/editoriaux"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/editoriaux"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1303"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=180884"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=180884"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=180884"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=180884"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=180884"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=180884"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=180884"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=180884"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=180884"},{"taxonomy":"type_editoriaux","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_editoriaux?post=180884"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}