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{"id":180886,"date":"1999-05-01T20:00:00","date_gmt":"1999-05-02T01:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/editoriaux\/poser-des-gestes-socialement-responsables-cest-tu-possible\/"},"modified":"2022-12-05T14:30:01","modified_gmt":"2022-12-05T19:30:01","slug":"poser-des-gestes-socialement-responsables-cest-tu-possible","status":"publish","type":"editoriaux","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/editorial\/poser-des-gestes-socialement-responsables-cest-tu-possible\/","title":{"rendered":"\u00abPoser des gestes socialement responsables\u00bb C&#8217;est-tu possible?"},"content":{"rendered":"\n<p>[In French]<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">On entend couramment par cette expression l'action souhaitable d'agir au moyen de gestes \u00e0 sa port\u00e9e, en r\u00e9action au raz-de-mar\u00e9e \u00e9conomique actuel. Mais le chemin entre l'intention et l'action n'est pas toujours \u00e9vident.<\/pre>\n\n\n\n<p>Il reste que nos d\u00e9cisions en tant que consommateurs soucieux des impacts sociaux et environnementaux de nos choix sont aussi importants que le fait d&#8217;apposer un X sur un bulletin de vote. Ne pas s&#8217;en soucier, c&#8217;est appuyer les compagnies dont nous achetons les produits et leurs fa\u00e7ons de proc\u00e9der. Car une des principales causes des probl\u00e8mes actuels vient du syst\u00e8me d&#8217;\u00e9changes commerciaux implant\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle internationale. C&#8217;est ainsi que se remplissent les tablettes de toutes ces grandes surfaces qui prolif\u00e8rent un peu partout. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 comme de l\u2019autre \u2014 localement et dans les pays producteurs du tiers monde \u2014, les r\u00e9sultats sont d\u00e9sastreux et n\u2019apportent pas la croissance \u00e9conomique promise. En regard de ces consid\u00e9rations, profitons-nous v\u00e9ritablement, en tant que soci\u00e9t\u00e9, de l\u2019abondance de ces produits vendus \u00e0 bon prix? S\u00fbrement pas, vu le prix \u00e0 payer en termes de co\u00fbts sociaux, et les effets d\u00e9vastateurs constat\u00e9s ailleurs dans le monde.<\/p>\n\n\n\n<p>D&#8217;o\u00f9 l&#8217;urgence de dresser une liste de gestes contestataires possibles, d&#8217;entrevoir une action concert\u00e9e, qui vise \u00e0 revenir \u00e0 des activit\u00e9s \u00e0 \u00e9chelle humaine et respectueuses des conditions des communaut\u00e9s des pays producteurs. L&#8217;un des terrains o\u00f9 l&#8217;on peut agir : le caf\u00e9. Il vaut la peine de s&#8217;y int\u00e9resser, car ce produit omnipr\u00e9sent est le deuxi\u00e8me plus vendu au monde, juste apr\u00e8s le p\u00e9trole. Il g\u00e9n\u00e8re 25 millions d&#8217;emplois dans 70 pays, et il s&#8217;en ramasse quatre millions de tonnes, qui repr\u00e9sentent une somme de 12 milliards de dollars par ann\u00e9e. L&#8217;id\u00e9e n&#8217;est pas d&#8217;en faire pousser dans sa cour, mais de r\u00e9duire les in\u00e9galit\u00e9s sociales qui marquent ce secteur. Dans la cha\u00eene habituelle de production qui part du caf\u00e9ier pour aboutir dans la tasse que nous buvons, le caf\u00e9 passe par plus de dix inter-m\u00e9diaires. Ceux-ci accaparent la plus grande part des profits, perp\u00e9tuant l&#8217;exploitation des petits agriculteurs, version am\u00e9lior\u00e9e de l&#8217;exploitation coloniale instaur\u00e9e au 15e si\u00e8cle. Le salaire du premier producteur est de 5 \u00e0 80 \u00a2 le kilo, alors qu&#8217;en bout de ligne, le consommateur paie jusqu&#8217;\u00e0 24 $. Les entreprises mutinationales qui dominent le commerce du caf\u00e9 (Philip Morris [Kraft], Nestl\u00e9, Procter &amp; Gamble, Sara Lee) affichent des chiffres d&#8217;affaires qui d\u00e9passent le produit int\u00e9rieur brut de nombreux pays producteurs de caf\u00e9, sans souci de la d\u00e9t\u00e9rioration des conditions de vie des communaut\u00e9s prises dans une d\u00e9pendance sans issue et de l&#8217;environnement de plus en plus pollu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La solution du caf\u00e9 dit \u00ab\u00e9quitable\u00bb existe dans nombre de pays. Au Qu\u00e9bec, elle a \u00e9t\u00e9 mise de l&#8217;avant par Oxfam-Qu\u00e9bec, avec l&#8217;organisme A SEED (Action pour la solidarit\u00e9, l&#8217;\u00e9quit\u00e9, l&#8217;environnement et le d\u00e9veloppement), qui s&#8217;appovisionne aupr\u00e8s de Bridgehead, la succursale commerciale d&#8217;Oxfam-Canada. Cette organisation de commerce \u00e9quitable fonctionne ainsi : elle ach\u00e8te directement des paysans producteurs, regroup\u00e9s en coop\u00e9ratives (r\u00e9unissant jusqu&#8217;\u00e0 2000 familles chacune), puis revend directement aux commer\u00e7ants, et de l\u00e0 aux consomma-teurs, \u00e9liminant ainsi une foule d&#8217;interm\u00e9diaires. Les agriculteurs re\u00e7oivent toujours au moins 3,75 $ le kilo. De telles exp\u00e9riences de coop\u00e9ratives existent d\u00e9j\u00e0, entre autres, au Mexique (\u00c9tat d&#8217;Oaxaca), en Am\u00e9rique latine (Nicaragua, El Savador) et en Afrique (Tanzanie). Ces groupes, \u00e9tant moins d\u00e9pendants de pouvoirs qui \u00e9chappent \u00e0 leur contr\u00f4le, peuvent utiliser les revenus g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par leur travail, et g\u00e9r\u00e9s sur place, pour am\u00e9liorer leur niveau de vie, r\u00e9pondre \u00e0 leurs besoins fondamentaux en services de sant\u00e9, \u00e9ducation&#8230; services qui leur faisaient cruellement d\u00e9faut. Pour le consommateur, le co\u00fbt du caf\u00e9 \u00ab\u00e9quitable\u00bb est d&#8217;environ 30 $ le kilo, pour un produit pr\u00e9sent\u00e9 comme \u00e9tant de m\u00eame qualit\u00e9 que celui import\u00e9 par les multinationales (on dit m\u00eame que ce caf\u00e9 peut \u00eatre de meilleure qualit\u00e9, car \u00e0 plus petite \u00e9chelle, il est possible de le cultiver de fa\u00e7on biologique, quoique certains commer\u00e7ants avouent ne pas pouvoir certifier que le produit qu&#8217;ils vendent est bien biologique). Cependant, pour le moment, le choix restreint de sortes de caf\u00e9 offert n&#8217;a rien pour attirer un amateur.<\/p>\n\n\n\n<p>Revenons au co\u00fbt du caf\u00e9 \u00e9quitable : voil\u00e0 un point qui fait sourciller. Le nombre moindre d&#8217;interm\u00e9diaires ne devrait-il pas r\u00e9sulter en une baisse du co\u00fbt? On peut expliquer que les frais de transformation et de manutention soient plus \u00e9lev\u00e9s, vu le volume moindre transig\u00e9. Mais il semble qu&#8217;Oxfam pr\u00e9l\u00e8verait une sorte de don indirect qui serait redistribu\u00e9 aux coop\u00e9ra-tives (dans quelle proportion?), pr\u00e9l\u00e8vement dont l&#8217;organisme ne s&#8217;empresse pas de d\u00e9voiler le montant. Oxfam m\u00e8ne pr\u00e9sentement une campagne de lev\u00e9e de fonds, avec grands panneaux couleur diss\u00e9min\u00e9s dans Montr\u00e9al. \u00c7a se paie&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Il ne faut cependant pas baisser les bras et d\u00e9nigrer ce type de commerce. Mais la m\u00eame r\u00e8gle s&#8217;applique ici comme ailleurs : bien s&#8217;informer, demeurer vigilant. Si le co\u00fbt plus \u00e9lev\u00e9 du caf\u00e9 \u00e9quitable s&#8217;av\u00e8re justifi\u00e9, les retomb\u00e9es directes de ce geste en valent la peine en termes d&#8217;implication, de d\u00e9velop-pement, en comparaison avec l&#8217;aide humanitaire internationale qui ne r\u00e8gle souvent rien d&#8217;autre que les urgences? On parle ici d&#8217;un travail r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 de fa\u00e7on juste, non plus d&#8217;exploitation. L&#8217;envers de la m\u00e9daille, c&#8217;est que ce type d&#8217;aide renforce la perception qu&#8217;on peut avoir des pays du Sud comme des pays \u00e0 aider avec l&#8217;argent du Nord. Et que le rapport Nord-Sud n&#8217;est pas ainsi renvers\u00e9&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs endroits au Qu\u00e9bec vendent ce type de caf\u00e9, identifiable par un logo affichant un globe terrestre entour\u00e9 des mots \u00abProduits de monde \u2014 Oxfam. Certifi\u00e9 commerce \u00e9quitable\u00bb. Pour une liste \u00e0 jour des endroits o\u00f9 se le procurer (dans la r\u00e9gion de Montr\u00e9al, \u00e0 Qu\u00e9bec, Rimouski, Joliette, Alma, Bois-des-Filions, Val d&#8217;Or, Saint-J\u00e9r\u00f4me, Baie-Saint-Paul, Victoriaville, Shawinigan&#8230;), on contacte A SEED au (514) 398-8969 ou \u00e0&nbsp;<a href=\"mailto:aseed@cam.org\">aseed@cam.org<\/a>. \u00c0 quand ce type de caf\u00e9 dans tous les M\u00e9tro et Provigo, dans tous les Van Houtte et Second Cup? Pour plus d&#8217;informations, on peut lire le livre de Laure Waridel (photographies de \u00c9ric St-Pierre), Une&nbsp;<em>cause caf\u00e9<\/em>&nbsp;(\u00c9ditions Les Intouchables, 1997). Un tel contrepoids, modeste, au syst\u00e8me \u00e9conomique en vigueur ne date pas d&#8217;hier. Une quarantaine d&#8217;organismes \u00e0 travers le monde se sont regroup\u00e9s, en 1989, au sein de la F\u00e9d\u00e9ration internationale du commerce alternatif. Si bien que ce type de commerce existe aussi pour le cacao, le th\u00e9, le miel, le sucre, les noix, les \u00e9pices, l&#8217;artisanat&#8230; L&#8217;organisme Bridgehead dispose d&#8217;un catalogue de vente par correspon-dance de divers produits. Pour se le procurer ou conna\u00eetre la liste des endroits qui vendent ces produits, on contacte Bridgehead au 1-800-565-8563 (880 rue Wellington, bureau 99, Ottawa, (Ontario) K1R 6K7). Pour des renseignements plus pr\u00e9cis sur le fonctionnement du march\u00e9 mondial de l&#8217;alimentation, et des propositions de solutions de remplacement, on consulte le livre&nbsp;<em>Justice sans faim \u2014 Le guide montr\u00e9alais des choix alimentaires \u00e9cologiques et socialement responsables<\/em>&nbsp;(une publication du GRIP Qu\u00e9bec, Universit\u00e9 de Montr\u00e9al, 1994).<\/p>\n\n\n\n<p>Sur un plan plus local, existe ce qu&#8217;on appelle l&#8217;Agriculture soutenue par la communaut\u00e9 (ASC) qui fonctionne selon le m\u00eame principe : un lien direct, sans interm\u00e9diaire, entre des fermes biologiques locales et des consommateurs. Le consommateur devient partenaire en achetant en d\u00e9but de saison une part de la r\u00e9colte d&#8217;une des fermes participantes et re\u00e7oit par la suite des paniers de produits frais chaque semaine, \u00e0 un point de chute dans son quartier. Au Qu\u00e9bec, le r\u00e9seau de fermes coordonn\u00e9 par A SEED compte une trentaine de fermes. On s&#8217;informe \u00e9galement aupr\u00e8s de cet organisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Des petits gestes, certes, mais qui feront peut-\u00eatre boule de neige. Encore faut-il r\u00e9pandre la nouvelle. En \u00e9tant conscient que la joute se joue contre des puissances autrement mieux ferr\u00e9es (et insidieuses). C&#8217;est ce qui manque toujours : les moyens pour \u00eatre entendu sur la place publique. Tout comme aux derni\u00e8res \u00e9lections qu\u00e9b\u00e9coises : peut-on conclure que la gauche a pu faire conna\u00eetre ses constatations et propositions lucides et sensibles? Celles-ci avaient le potentiel de rejoindre nombre de gens aux prises avec des probl\u00e8mes dont ils connaissent mal la source et qui, avides de changement, n&#8217;ont pas trouv\u00e9 mieux que de voter pour Mario Dumont!<\/p>\n\n\n\n<p>Le raz-de-mar\u00e9e de la mondialisation (ph\u00e9nom\u00e8ne qui hante cet \u00e9dito tout comme les pr\u00e9c\u00e9dents) ne fait pas un d\u00e9tour sp\u00e9cial quand il arrive sur le Qu\u00e9bec et a emport\u00e9 dans sa tourmente le projet souverainiste. Comme on n&#8217;a pas perdu de temps, d\u00e8s le lendemain des \u00e9lections, pour noyer ce projet! Pourra-t-on jamais se remettre de cette immersion brutale? Cela donne raison \u00e0 ceux qui ont toujours pens\u00e9 que Lucien Bouchard n&#8217;avait jamais voulu mener \u00e0 terme le projet de souverainet\u00e9. Pourra-t-on se consoler, en achetant du caf\u00e9 \u00ab\u00e9thiquement correct\u00bb, de ne pas avoir r\u00e9alis\u00e9 le pays dont nous r\u00eavions? Il nous reste \u00e0 continuer \u00e0 nous valoriser nous-m\u00eames en tant que peuple, dans les moindres faits quotidiens. Si seulement nous nous assumions, la situation serait d\u00e9j\u00e0 r\u00e9gl\u00e9e. Un projet que Paul Gr\u00e9goire tient \u00e0 c\u0153ur, lui qui signe, avec l&#8217;Acte sacr\u00e9 de sa chronique r\u00e9guli\u00e8re&nbsp;<em>Alzheimer social<\/em>&nbsp;(GOSSAGE), le premier texte d&#8217;une s\u00e9rie valorisant la langue qu\u00e9b\u00e9coise.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n&#8217;y a pas que les produits de consommation qui circu-lent outre fronti\u00e8res. Le DOSSIER de ce num\u00e9ro, sign\u00e9 \u00c8ve Langevin, traite de la situation des artistes ayant \u00e9migr\u00e9 \u00e0 Montr\u00e9al. Son dossier t\u00e9moigne d&#8217;un esprit d&#8217;ouverture \u00e0 d&#8217;autres cultures comme moyen d&#8217;enrichissement pour nous tous. M\u00eame si nous nous sommes beaucoup int\u00e9ress\u00e9s aux r\u00e9gions du Qu\u00e9bec dans les dossiers pr\u00e9c\u00e9dents (et ce n&#8217;est pas fini), nous ne n\u00e9gligeons pas non plus Montr\u00e9al dont une des grosses diff\u00e9rences avec le reste du pays r\u00e9side dans son caract\u00e8re multiethnique. Le ph\u00e9nom\u00e8ne ne date pas d&#8217;aujourd&#8217;hui. \u00c0 toutes les \u00e9poques, dans tous domaines, des gens venus d&#8217;ailleurs se sont int\u00e9gr\u00e9s au milieu des arts et ont apport\u00e9 une contribution importante. Ce qui est nouveau aujourd&#8217;hui, c&#8217;est que le mouvement a pris beaucoup plus d&#8217;ampleur et origine aussi de communaut\u00e9s non-occidentales. \u00c0 tel point que, comme nous l&#8217;apprenait&nbsp;<em>La Presse<\/em>&nbsp;r\u00e9cemment, le nom de famille Nguyen a supplant\u00e9 au Qu\u00e9bec celui de Tremblay. \u00c8ve Langevin souligne les valeurs autres apport\u00e9es par ces gens venus d&#8217;ailleurs, et dont nous pouvons tirer profit, car elles tranchent avec le mat\u00e9rialisme, l&#8217;indiff\u00e9rence et la passivit\u00e9 occidentale. Cette ouverture de leur part doit se faire toutefois en ne s&#8217;excusant pas d&#8217;exister en tant que tels, avec leur bagage culturel propre. Et ne jamais oublier que m\u00eame si on parle de soci\u00e9t\u00e9s de plus en plus multiculturelles, il n&#8217;en reste pas moins qu&#8217;il y a une culture dominante sur la plan\u00e8te, l&#8217;\u00e9tatsunienne, puissante, et accueillie \u00e0 bras ouverts par une majorit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Allant de pair avec ce texte,&nbsp;<em>ESSE<\/em>&nbsp;accueille le t\u00e9moignage d\u2019un Cubain r\u00e9sidant au Qu\u00e9bec, Victor Mozo (PO\u00c9SIE\/CUBA) qui, depuis une premi\u00e8re lettre adress\u00e9e \u00e0 la revue (n\u00b0 31) en r\u00e9ponse au dossier sur Cuba, prend de plus en plus la parole sur la place publique, apr\u00e8s des ann\u00e9es de silence. Depuis quelques num\u00e9ros, la situation \u00e0 Cuba et ses liens avec le Qu\u00e9bec sont devenus un des sujets r\u00e9currents de la revue.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;ouverture aux autres, si elle est souhaitable, ne doit pas faire oublier le contexte politique particulier du Qu\u00e9bec, o\u00f9 persistent des tensions linguistiques. Le sujet est abord\u00e9 par le biais d&#8217;une discipline peu trait\u00e9e dans la revue jusqu&#8217;\u00e0 maintenant, la caricature politique ou \u00e9ditoriale (CARICATURE\/MONT-R\u00c9AL). L&#8217;auteur Bernard Mulaire signe un texte assez politique merci. Il contredit l&#8217;id\u00e9e sous-jacente de l&#8217;exposition du Mus\u00e9e McCord qui pr\u00e9sentait comme \u00e9tant du pareil au m\u00eame les deux caricaturistes montr\u00e9alais, le francophone Serge Chapleau et l\u2019anglophone Aislin. Le McCord a pens\u00e9 pouvoir escamoter les diff\u00e9rences entre les deux communaut\u00e9s sous le couvert du rire : nous rions, donc nous sommes pareils. Prenant l&#8217;espace n\u00e9cessaire, l&#8217;auteur propose un substitut de catalogue \u00e0 celui que le mus\u00e9e n&#8217;a pas produit, et pour appuyer ses avanc\u00e9es sur des bases autres que \u00e9motives ou partisanes. Tout \u00e0 l&#8217;oppos\u00e9 de cette \u00e9mission humoristique diffus\u00e9e r\u00e9cemment \u00e0 la T\u00e9l\u00e9 d&#8217;\u00c9tat (!) anglaise, qui montrait un Hitler avec ceinture fl\u00e9ch\u00e9e! (Question : quel est le sport national du Canada anglais? D\u00e9nigrer le Qu\u00e9bec.)<\/p>\n\n\n\n<p>La musique occupe une bonne part dans ce num\u00e9ro, comme en font foi deux articles, fruits de deux nouveaux collaborateurs. Sont ainsi trait\u00e9s deux cr\u00e9neaux dans l&#8217;\u00e9ventail de la musique qui se fait aujourd&#8217;hui. D&#8217;un c\u00f4t\u00e9, une musique majoritairement improvis\u00e9e, qui laisse plus de place \u00e0 l&#8217;interpr\u00e8te, trait\u00e9e par Steve Savage qui a assist\u00e9 \u00e0 tous (ou presque! un exploit!) les concerts du dernier&nbsp;<em>Festival international de musique actuelle de Victoriaville<\/em>&nbsp;\u2014 FIMAV (MUSIQUE\/VICTORIAVILLE).&nbsp;<em>ESSE<\/em>&nbsp;affiche ainsi son int\u00e9r\u00eat soutenu pour cet \u00e9v\u00e9nement, car nous avons d\u00e9j\u00e0 couvert l&#8217;\u00e9dition de 1997 (n\u00b0 33 [hiver 1998]). De l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9, une musique \u00e9crite, plus directive, \u00abvue\u00bb gr\u00e2ce \u00e0 une exposition de partitions musicales, que commente Fran\u00e7oise C\u00f4t\u00e9 (MUSIQUE\/MONTR\u00c9AL).<\/p>\n\n\n\n<p>Nous maintenons d&#8217;un num\u00e9ro \u00e0 l&#8217;autre notre int\u00e9r\u00eat pour les r\u00e9gions, et Victoriaville est tout particuli\u00e8rement pr\u00e9sente dans ce num\u00e9ro (\u00e0 lire, comme toile de fonds, le dossier \u00abMaurice\u2013Bois-Francs\u00bb (nos 33 et 34)). L&#8217;article de Manon Morin (ARTS VISUELS\/VICTORIAVILLE) porte sur l&#8217;\u00e9v\u00e9nement&nbsp;<em>Proximit\u00e9s<\/em>&nbsp;tenu en m\u00eame temps que le FIMAV, et qu&#8217;avait organis\u00e9 le centre d&#8217;artistes de cette ville. En r\u00e9gion \u00e9galement : la r\u00e9trospective de l&#8217;artiste de Saint-Jean-Port-Joli, Michel Saulnier (ARTS VISUELS\/BAIE-SAINT-PAUL), \u00e9galement parcourue par Manon Morin. Cette auteure ne se soucie pas de plaire \u00e0 tous. Nora Ben Sa\u00e2dooune, ex-r\u00e9dactrice en chef de l&#8217;hebdomadaire&nbsp;<em>ICI<\/em>, r\u00e9plique \u00e0 son article, paru dans le dernier num\u00e9ro, sur la situation des pigistes dans les m\u00e9dias dits \u00abalternatifs\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd&#8217;hui, la critique d&#8217;art doit souvent se faire avec des gants blancs. Quelle place r\u00e9serverions-nous \u00e0 Claude Gauvreau, po\u00e8te, dramaturge et d\u00e9fenseur du mouvement automatiste, qui signait \u00e0 une \u00e9poque des propos tels que \u00abCe travestissement est intol\u00e9rable. On ne peut supporter avec indulgence ce massacre g\u00e9n\u00e9ral de la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 sous un visage qui fut r\u00e9cemment h\u00e9ro\u00efque\u00bb (Le Quartier latin, 30 janvier 1948) ou \u00abL&#8217;\u00e8re naus\u00e9euse des usurpateurs est r\u00e9volue\u00bb (<em>La revue les Trente A<\/em>, 1965). Le lire fait du bien. N&#8217;a-t-on pas souvent envie de mordre des mots, en consid\u00e9rant tout ce qui se passe actuellement?<\/p>\n<div style='display: none;'>Johanne Chagnon<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1303,"featured_media":0,"template":"","categories":[886],"numeros":[5458],"disciplines":[],"statuts":[],"checklist":[],"auteurs":[4826],"artistes":[],"thematiques":[],"type_editoriaux":[],"class_list":["post-180886","editoriaux","type-editoriaux","status-publish","hentry","category-editorial","numeros-36-artistes-emigres-a-montreal-en","auteurs-johanne-chagnon-en"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/editoriaux\/180886","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/editoriaux"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/editoriaux"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1303"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=180886"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=180886"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=180886"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=180886"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=180886"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=180886"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=180886"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=180886"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=180886"},{"taxonomy":"type_editoriaux","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_editoriaux?post=180886"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}