<br />
<b>Notice</b>:  Function _load_textdomain_just_in_time was called <strong>incorrectly</strong>. Translation loading for the <code>woocommerce-shipping-per-product</code> domain was triggered too early. This is usually an indicator for some code in the plugin or theme running too early. Translations should be loaded at the <code>init</code> action or later. Please see <a href="https://developer.wordpress.org/advanced-administration/debug/debug-wordpress/">Debugging in WordPress</a> for more information. (This message was added in version 6.7.0.) in <b>/var/www/staging.esse.ca/htdocs/wp-includes/functions.php</b> on line <b>6131</b><br />
<br />
<b>Notice</b>:  Function _load_textdomain_just_in_time was called <strong>incorrectly</strong>. Translation loading for the <code>complianz-gdpr</code> domain was triggered too early. This is usually an indicator for some code in the plugin or theme running too early. Translations should be loaded at the <code>init</code> action or later. Please see <a href="https://developer.wordpress.org/advanced-administration/debug/debug-wordpress/">Debugging in WordPress</a> for more information. (This message was added in version 6.7.0.) in <b>/var/www/staging.esse.ca/htdocs/wp-includes/functions.php</b> on line <b>6131</b><br />
{"id":180897,"date":"1998-01-01T20:00:00","date_gmt":"1998-01-02T01:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/editoriaux\/editorial-no-32\/"},"modified":"2022-12-12T10:35:42","modified_gmt":"2022-12-12T15:35:42","slug":"las-fallas","status":"publish","type":"editoriaux","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/editorial\/las-fallas\/","title":{"rendered":"Las Fallas"},"content":{"rendered":"\n<p>[In French]<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Pour faire suite \u00e0 notre \u00e9ditorial du num\u00e9ro pr\u00e9c\u00e9dent, nous demeurons aux aguets de propositions pertinentes qui contribueraient \u00e0 une plus grande justice sociale de par le monde.<\/pre>\n\n\n\n<p>De plus en plus de commentateurs pointent \u00e0 la mondialisation comme source de nos probl\u00e8mes actuels. Cet ordre \u00e9conomique n\u2019a donn\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 maintenant que des situations d\u2019exploitation horribles dans le tiers monde, en m\u00eame temps que cr\u00e9\u00e9 en Occident des pertes d&#8217;emplois, des fermetures de petites entreprises, dont d\u00e9coule une d\u00e9gradation de la vie sociale. Pour satisfaire aux principes sacro-saints de cette mondialisation, qui pr\u00eachent la production \u00e0 grande \u00e9chelle et \u00e0 moindres co\u00fbts, et ce \u00e0 n&#8217;importe quel prix, de nombreux pays du tiers monde, trop heureux d\u2019accueillir des investisseurs \u00e9trangers, ont instaur\u00e9 des zones franches o\u00f9 toutes les sales besognes sont effectu\u00e9es par des sous-pay\u00e9s, en majorit\u00e9 des femmes. En effet, dans ces zones qui s&#8217;apparentent \u00e0 des camps de travaux forc\u00e9s, il n&#8217;existe aucune loi sur le salaire minimum, aucune s\u00e9curit\u00e9 d\u2019emploi&#8230;, pas non plus de taxes \u00e0 payer, et \u00e9videmment pas de normes environnementales \u00abembarrassantes\u00bb. Les situations cr\u00e9\u00e9es sont tellement inimaginables qu\u2019on ne d\u00e9noncera jamais trop les multinationales qui les entretiennent : \u00e0 l\u2019usine Bic de Bangkok, les travailleuses doivent assembler plus de 100 000 stylos par jour, sinon elles paient une amende; dans l\u2019industrie de l\u2019\u00e9lectronique, les employ\u00e9s d\u00e9veloppent de graves probl\u00e8mes de sant\u00e9 \u00e0 cause des substances toxiques utilis\u00e9es pour souder les circuits \u00e9lectroniques et v\u00e9rifier ces circuits dans des cuves elles aussi remplies de substances toxiques; Mattel Toys offre des compensations aux femmes qui acceptent de se faire st\u00e9riliser pour r\u00e9duire les interruptions de travail; Nike paie 30 $ par mois \u00e0 ses employ\u00e9s en Indon\u00e9sie; les entreprises Disney ne paient que 28 cents de l&#8217;heure en Ha\u00efti, alors qu&#8217;elles exhibent fi\u00e8rement dans quelles conditions princi\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s les dalmatiens utilis\u00e9s en tournage (Disney laisse aussi un montant aux gouvernements des pays h\u00f4tes pour s&#8217;assurer que les ouvriers r\u00e9calcitrants soient intimid\u00e9s ou \u00abinterrog\u00e9s\u00bb par l&#8217;arm\u00e9e); la compagnie Levi fait travailler du monde 90 heures par semaine pour un salaire qui n&#8217;\u00e9quivaut pas au prix d&#8217;une paire de jeans en Am\u00e9rique; d&#8217;autres compagnies encore : Sears, RCA, General Electric, Sony, Lipton, Zenith, Singer, Union Carbide, Unilever&#8230; Les salaires trop bas obligent \u00e0 travailler cent heures par semaine dans la plupart des zones franches de la Cor\u00e9e du Sud, de Taiwan, de Hong Kong, des Philippines, du Sri Lanka et autres. On ne parle pas ici de cas isol\u00e9s, mais d\u2019environ six millions de femmes du tiers monde, de moins de 30 ans, qui ont go\u00fbt\u00e9 \u00e0 de telles conditions, puis qui ont \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9es par les multinationales, une fois \u00abus\u00e9es\u00bb, malades, et non <span style=\"white-space: nowrap;\">rentables<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-1\" href=\"#footnote-1\"><sup>1<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-1\"><a href=\"#fn-ref-1\"> 1 <\/a> - Informations puis\u00e9es, entre autres, dans diverses parutions de&nbsp;<em>L&#8217;aut&#8217;journal<\/em>&nbsp;(Montr\u00e9al) et dans le livre de Joyce Nelson, Sultans of Sleaze, Toronto, Between the Lines, 1989.<\/span>. Tout cela pour que les sportifs aient des chaussures de plus en plus performantes, que chaque enfant joue avec des douzaines de Barbie, pour que les derniers mod\u00e8les d&#8217;ordinateurs soient remplac\u00e9s par de nouveaux le mois suivant&#8230; En tant qu&#8217;Occidentaux, nous sommes bien heureux de b\u00e9n\u00e9ficier de cette surproduction. Mais le prix \u00e0 payer par l&#8217;humanit\u00e9 en vaut-il la peine? Bien s\u00fbr que non.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour contrer de telles horreurs, des solutions ponctuelles sont \u00e0 l&#8217;essai. Orient\u00e9es vers un d\u00e9veloppement \u00ablocal\u00bb \u00e0 petite \u00e9chelle, elles visent \u00e0 stimuler un syst\u00e8me \u00e9conomique le plus possible autosuffisant qui r\u00e9ponde aux besoins des individus et non \u00e0 ceux des grandes entreprises.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s&#8217;av\u00e8re en effet envisageable de remplacer l&#8217;importation par une production locale, pour r\u00e9pondre \u00e0 certains besoins essentiels, pourvu toutefois qu&#8217;on trouve sur place les ressources et les habilet\u00e9s n\u00e9cessaires. Cela entra\u00eene des frais d&#8217;exploitation et de transport moindres. Pour certains autres besoins, des \u00e9changes peuvent se faire entre communaut\u00e9s de taille semblable. Cette d\u00e9centralisation cr\u00e9e plus de petites entreprises, donc davantage d\u2019emplois sur place, pr\u00e8s du milieu de vie des travailleurs, et permet en bout de ligne une distribution plus \u00e9quitable de la richesse. Ce type de planification constitue une prise en charge par les individus de leurs propres ressources, une fa\u00e7on de rapatrier leur \u00e9conomie en r\u00e9duisant leurs liens de d\u00e9pendance avec les pouvoirs qui les contr\u00f4lent.<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs ouvrages donnent des exemples de telles exp\u00e9riences et de leurs retomb\u00e9es positives, entre autres,&nbsp;<em>Entre nous. Reb\u00e2tir nos communaut\u00e9s<\/em>&nbsp;de Marcia Nozick (Montr\u00e9al, \u00c9ditions \u00c9cosoci\u00e9t\u00e9, 1995). [Les exp\u00e9riences mentionn\u00e9es proviennent surtout des milieux canadien et <span style=\"white-space: nowrap;\">\u00e9tats-unien<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-2\" href=\"#footnote-2\"><sup>2<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-2\"><a href=\"#fn-ref-2\"> 2 <\/a> - Le terme \u00ab\u00e9tats-unien\u00bb ou \u00ab\u00e9tats-unienne\u00bb, malgr\u00e9 sa construction boiteuse, est utilis\u00e9 ici non de fa\u00e7on p\u00e9jorative, mais pour d\u00e9signer les seuls habitants des \u00c9tats-Unis, alors que l&#8217;appellation \u00abAm\u00e9ricain\u00bb ou \u00abAm\u00e9ricaine\u00bb devrait, selon nous, s&#8217;appliquer \u00e0 tous les habitants du continent.<\/span>.] Pour nous, citadins, il est int\u00e9ressant d&#8217;examiner les projets qui exploitent les ressources possibles \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle des quartiers : centre de culture de l\u00e9gumes et d&#8217;\u00e9levage de volaille dans des lieux auparavant d\u00e9saffect\u00e9s; \u00e9tonnante m\u00e9thode de traitement des \u00e9gouts par diverses esp\u00e8ces de plantes ou de poissons, int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 des serres et une pisciculture (syst\u00e8me qui, \u00e0 petite \u00e9chelle, se r\u00e9v\u00e8le moins dispendieux et plus efficace). \u00c0 noter \u00e9galement ce projet de transformation de mines abandonn\u00e9es en serres de l\u00e9gumes et de fleurs \u00e0 Flin Flon (Manitoba), une \u00e9ventuelle solution d&#8217;approvisionnement pour les r\u00e9gions nordiques. \u00c9tablis dans plusieurs pays, les Syst\u00e8mes d&#8217;\u00e9changes locaux (SEL) fonctionnent \u00e0 partir d&#8217;une liste des savoir-faire et des marchandises des membres; on y fait le troc de biens et de services, autant de services de garde, que de comptabilit\u00e9, de cours de langues, de r\u00e9novation, etc. Les Cuisines collectives de D\u00e9gelis, au Qu\u00e9bec, fonctionnent selon ce syst\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu&#8217;elles soient tent\u00e9es dans le tiers monde ou en Occident, ces exp\u00e9riences ram\u00e8nent \u00e0 l&#8217;id\u00e9e de souverainet\u00e9 \u00abpopulaire\u00bb dont nous avons d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9, notamment \u00e0 propos des r\u00e9gions du Qu\u00e9bec. Cela pr\u00e9suppose un engagement social, sujet qui revient comme un leitmotiv dans le pr\u00e9sent num\u00e9ro. Par ailleurs, cette 32e parution de&nbsp;<em>ESSE<\/em>&nbsp;rev\u00eat un caract\u00e8re particulier : on y retrouve un c\u00f4toiement de diverses tendances artistiques, un m\u00e9lange de territoires, tant par la provenance des auteurs que des sujets trait\u00e9s. Beaucoup de place est accord\u00e9e \u00e0 des formes d\u2019art populaire, brut ou traditionnel, pour des raisons qui, elles, sont tr\u00e8s \u00abactuelles\u00bb, ainsi qu&#8217;\u00e0 une \u00e9criture qui cherche \u00e0 se renouveler formellement et qui puise beaucoup \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience personnelle, parfois m\u00eame \u00e0 l\u2019anecdotique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le DOSSIER sur les&nbsp;<em>Fallas<\/em>, \u00e9v\u00e9nement artistique populaire tenu chaque ann\u00e9e \u00e0 Valencia, en Espagne, s&#8217;ajoute \u00e0 notre s\u00e9rie de dossiers \u00e0 caract\u00e8re international (apr\u00e8s le Mexique, n\u00b0 26, et Cuba, n\u00b0 30). L\u2019auteur, Paul Gr\u00e9goire, a \u00e9t\u00e9 impressionn\u00e9 par l\u2019ampleur de cette manifestation sculpturale, par la pr\u00e9sence d&#8217;un art \u00e0 la grandeur d\u2019une ville (art qui mod\u00e8le toute la vie sociale des Valenciens, \u00e0 l\u2019ann\u00e9e longue), et par le caract\u00e8re de critique sociale des \u0153uvres pr\u00e9sent\u00e9es. Ce dossier se distingue formellement des pr\u00e9c\u00e9dents, mais fait lui aussi un tour d\u2019horizon qui englobe l\u2019histoire et la situation politique actuelle, sujet des sculptures faites \u00e0 Valencia.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour nous, Qu\u00e9b\u00e9cois et Nord-Am\u00e9ricains, il est int\u00e9ressant de nous pencher sur cette manifestation artistique, nous qui connaissons une flop\u00e9e de festivals \u00e0 chaque \u00e9t\u00e9. C&#8217;est l&#8217;exemple, en art, d\u2019un \u00e9v\u00e9nement populaire, \u00e0 caract\u00e8re \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, qu\u2019il est difficile d\u2019imaginer ici, vu l&#8217;obsession des artistes d&#8217;ici \u00e0 laisser des traces durables. Le poids de l\u2019histoire joue cependant en faveur de Valencia : ce festival a tellement marqu\u00e9 l\u2019histoire de la ville, et il contribue aujourd&#8217;hui d&#8217;une fa\u00e7on si capitale \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie locale, qu\u2019il ne serait plus possible de l\u2019interdire, m\u00eame pour des questions de s\u00e9curit\u00e9. \u00c0 la fin des&nbsp;<em>Fallas<\/em>, les sculptures sont br\u00fbl\u00e9es sur place. Tout ce feu qui fr\u00f4le les \u00e9difices ferait ici fr\u00e9mir tout inspecteur des incendies. Le feu est per\u00e7u chez nous davantage comme un \u00e9l\u00e9ment n\u00e9gatif, destructeur, et non pas purificateur, comme \u00e0 Valencia. En ce sens, il serait int\u00e9ressant de comparer l&#8217;aspect \u00abdestruction-purification\u00bb des&nbsp;<em>Fallas<\/em>&nbsp;valenciennes avec la forme de destruction revendicatrice relev\u00e9e dans l&#8217;art qu\u00e9b\u00e9cois, notamment en performance (voir la s\u00e9rie d&#8217;articles parus pr\u00e9c\u00e9demment dans&nbsp;<em>ESSE<\/em>&nbsp;\u00e0 ce sujet) et celle observable aussi dans quelques-unes des \u0153uvres pr\u00e9sent\u00e9es cet \u00e9t\u00e9 1997 au symposium d&#8217;Amos, celles-ci trouvant leur sens dans leur destruction. L&#8217;\u00e9clatement annuel valencien, ponctu\u00e9 de p\u00e9tards et de feux d\u2019artifice, ne serait pas non plus possible \u00e0 Madrid o\u00f9, par suite de nombreux attentats, la moindre explosion y est interdite, car elle cr\u00e9erait une panique instantan\u00e9e. Une situation toujours \u00abexplosive\u00bb : encore r\u00e9cemment, l&#8217;assassinat commis par le mouvement s\u00e9paratiste basque ETA a mobilis\u00e9 1,5 million de gens en col\u00e8re \u00e0 Madrid, et presque autant \u00e0 Barcelone! La d\u00e9mesure est de tradition dans ce pays!<\/p>\n\n\n\n<p>Devant les&nbsp;<em>Fallas<\/em>, c\u00e9l\u00e9bration de l&#8217;\u00e9ph\u00e9m\u00e8re mais combien fignol\u00e9e, on ne peut s&#8217;emp\u00eacher de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 notre propre existence : en effet, on s&#8217;active sans cesse, puis on meurt&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce dossier traitant d&#8217;histoire, il y est question des Celtib\u00e8res, qui furent les premiers \u00e0 peupler l&#8217;Espagne. Curieusement, les revoici dans le dernier \u00e9pisode de la BD&nbsp;<em>Le chien de Sagres<\/em>&nbsp;que nous livre Luis Neves (avec la collaboration de Denis Lord). Cet \u00e9pisode boucle l\u2019histoire d\u00e9but\u00e9e \u00e0 Berlin (n\u00b0 23) et qui, apr\u00e8s des d\u00e9tours sinueux par la Gasp\u00e9sie et Montr\u00e9al, se conclue \u00e0 Sagres, dans une synth\u00e8se qui m\u00eale le personnel et l&#8217;historique. Certains propos sur le Qu\u00e9bec feront sourciller. Inutile de dire que nous nous en dissocions.<\/p>\n\n\n\n<p>Poursuivant la veine hispanophone, deux MONTR\u00c9ALIT\u00c9S traitent de deux expositions o\u00f9 des artistes latino-am\u00e9ricains c\u00f4toyaient des Qu\u00e9b\u00e9cois. Andr\u00e9 Seleanu rend compte de l&#8217;exposition&nbsp;<em>Buenos-Aires\/Montr\u00e9al<\/em>&nbsp;en y m\u00ealant sa propre connaissance de l&#8217;Am\u00e9rique du Sud. On a eu droit \u00e0 un tout autre aper\u00e7u de l&#8217;Argentine, au dernier Festival de th\u00e9\u00e2tre des Am\u00e9riques (juin 1997), alors que la troupe De la Guarda a pr\u00e9sent\u00e9 la production la plus d\u00e9brid\u00e9e du festival,&nbsp;<em>Per\u00edodo Villa Villa<\/em>, qui a cr\u00e9\u00e9 une v\u00e9ritable exp\u00e9rience festive (et humide!) \u00e0 l\u2019Usine C! Malgr\u00e9 l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019exposition&nbsp;<em>Cultures hybrides, \u0153uvres de Mexico et Montr\u00e9al<\/em>, Johanne Chagnon souligne comment, dans ce cas-ci, la vision de la r\u00e9alit\u00e9 montr\u00e9alaise pr\u00e9sent\u00e9e oblige \u00e0 se questionner sur la nature des relations \u00e0 privil\u00e9gier avec d&#8217;autres pays. On a beau \u00eatre ouverts, il ne faut quand m\u00eame pas que cela nie la particularit\u00e9 francophone du Qu\u00e9bec. Lors du dernier Festival de jazz de Montr\u00e9al, par exemple, on a accueilli \u00e0 bras ouverts le groupe Cubanismo qui, dans ses pr\u00e9sentations, n&#8217;en a eu que pour la langue anglaise, la foule n&#8217;ayant m\u00eame pas eu droit \u00e0 un petit bonjour en fran\u00e7ais. On aura besoin de grande vigilance, comme le resouligne la lettre adress\u00e9e \u00e0 Anne McLellan, la nouvelle ministre de la Justice (!) \u2013 chronique ACTION POLITIQUE \u2013lettre qui d\u00e9nonce les grossi\u00e8res man\u0153uvres r\u00e9centes du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral.<\/p>\n\n\n\n<p>De fa\u00e7on non pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9e, un article de ce num\u00e9ro reprend le filon de l&#8217;art-th\u00e9rapie abord\u00e9 dans le dernier num\u00e9ro. Ce qui semble indiquer un int\u00e9r\u00eat pour un art \u00abautre\u00bb. Lou Hillman, un \u00c9tats-unien du Michigan, parle d\u2019une exposition qu&#8217;il a vue&#8230; \u00e0 Paris, Art brut et compagnie. Alors que l&#8217;UQAM a mis sur pied un doctorat en \u00e9tudes et pratiques des arts, cette exposition valorise l&#8217;apprentissage par soi-m\u00eame et l&#8217;affirmation personnelle. Prendre les choses en main, \u00e0 la mesure de ses moyens, voil\u00e0 un th\u00e8me qui rejoint les r\u00e9flexions \u00e9nonc\u00e9es au d\u00e9but de cet \u00e9ditorial. Compl\u00e9tant le texte de Lou Hillman suit une entrevue de Jacques Karamanoukian, lui-m\u00eame artiste autodidacte et propri\u00e9taire d&#8217;une galerie sp\u00e9cialis\u00e9e dans l&#8217;art brut, avec le commissaire de l\u2019exposition&nbsp;<em>Art brut<\/em>&nbsp;et compagnie.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est int\u00e9ressant d&#8217;avoir ainsi un point de vue diff\u00e9rent en provenance des \u00c9tats-Unis, de la part d&#8217;individus pr\u00e9occup\u00e9s de questions sociales. La d\u00e9couverte d&#8217;un Paris politis\u00e9 a surpris Lou Hillman, qui \u00e9tablit un parall\u00e8le avec sa propre exp\u00e9rience (\u00e9ducation, milieu de travail). Le rapprochement art et politique fait \u00e9galement l&#8217;objet du texte de Sylvain Latendresse, qui se nourrit des r\u00e9flexions de l&#8217;artiste \u00e9tats-unienne (tiens donc!) Adrian Piper. Celle-ci se dresse contre le manque d&#8217;engagement des artistes et la domination du march\u00e9, et propose d&#8217;adopter de nouvelles strat\u00e9gies. Les propos de Jocelyn Fiset, qui trace un PORTRAIT de l&#8217;engagement social de l&#8217;artiste Andr\u00e9 Michel, rejoignent ceux de Hillman et de Latendresse. L&#8217;auteur traite de l\u2019artiste derri\u00e8re l&#8217;\u0153uvre, toujours pr\u00eat \u00e0 s&#8217;impliquer dans l&#8217;espoir de changer quelque peu le monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir fait conna\u00eetre ses positions dans deux textes revendicateurs, dont l\u2019un voulait secouer le discours actuel en art, V\u00e9ronique Bellemare Bri\u00e8re plonge elle-m\u00eame cette fois-ci dans le discours pour traiter de l&#8217;\u00e9v\u00e9nement vid\u00e9o&nbsp;<em>Allez rouler jeunesse!<\/em>, un domaine qu\u2019elle conna\u00eet, vu sa propre pratique de la vid\u00e9o (chronique MONTR\u00c9ALIT\u00c9S).<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, deux articles offrent des \u00absuites\u00bb \u00e0 nos dossiers sur l\u2019Abitibi-T\u00e9miscamingue et la Gasp\u00e9sie. L&#8217;un rel\u00e8ve des affinit\u00e9s, dirions-nous, troublantes entre deux auteures, Jeanne-Mance Delisle et Rose-H\u00e9l\u00e8ne Tremblay, d\u00e9j\u00e0 abord\u00e9es dans les dossiers de leur r\u00e9gion respective. L&#8217;autre fait conna\u00eetre la maison d\u2019\u00e9dition gasp\u00e9sienne Les In\u00e9ditions. \u00c0 surveiller dans le prochain num\u00e9ro : des articles sur des \u00e9v\u00e9nements importants tenus en r\u00e9gion, et une suite au dossier sur le Bas-Saint-Laurent.<\/p>\n<div style='display: none;'>Johanne Chagnon<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1303,"featured_media":0,"template":"","categories":[886],"numeros":[5394],"disciplines":[],"statuts":[],"checklist":[],"auteurs":[4826],"artistes":[],"thematiques":[],"type_editoriaux":[],"class_list":["post-180897","editoriaux","type-editoriaux","status-publish","hentry","category-editorial","numeros-32-las-fallas-en","auteurs-johanne-chagnon-en"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/editoriaux\/180897","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/editoriaux"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/editoriaux"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1303"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=180897"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=180897"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=180897"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=180897"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=180897"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=180897"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=180897"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=180897"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=180897"},{"taxonomy":"type_editoriaux","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_editoriaux?post=180897"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}