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{"id":180902,"date":"1997-01-01T20:00:00","date_gmt":"1997-01-02T01:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/editoriaux\/la-ronde-des-editoriaux-ou-se-garder-connecte-avec-la-realite\/"},"modified":"2022-12-05T15:15:11","modified_gmt":"2022-12-05T20:15:11","slug":"la-ronde-des-editoriaux-ou-se-garder-connecte-avec-la-realite","status":"publish","type":"editoriaux","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/editorial\/la-ronde-des-editoriaux-ou-se-garder-connecte-avec-la-realite\/","title":{"rendered":"La ronde des \u00e9ditoriaux ou se garder connect\u00e9 avec la r\u00e9alit\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p>[In French]<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Revient le temps d\u2019\u00e9crire un \u00e9ditorial, de se pencher sur le marasme \u00e9pouvantable dans lequel baigne le monde actuel, d\u2019identifier une situation qui nous touche plus particuli\u00e8rement \u00e0 ce moment pr\u00e9cis, d\u2019en d\u00e9noncer le caract\u00e8re injuste\u2026 Puis revient encore le temps d\u2019\u00e9crire un autre \u00e9ditorial en s\u2019attardant cette fois-l\u00e0 \u00e0 un autre probl\u00e8me\u2026 Traiter de l\u2019ind\u00e9cente attitude des privil\u00e9gi\u00e9s de cette plan\u00e8te face aux d\u00e9munis? Ou, plus pr\u00e8s de nous, de l\u2019incompr\u00e9hension (ou du m\u00e9pris) des dirigeants politiques face \u00e0 la situation \u00e9conomique pr\u00e9caire que conna\u00eet une grande part de la population? Du d\u00e9raillage incontr\u00f4l\u00e9 dans lequel se complaisent pr\u00e9sentement les anglophones au pays?<\/pre>\n\n\n\n<p>La t\u00eate peut commencer \u00e0 nous tourner\u2026 Quel conflit choisir parmi l\u2019\u00e9ventail possible? Et quand on sait \u00e0 quel point on ne peut se dire inform\u00e9s par la seule lecture ou \u00e9coute des m\u00e9dias\u2026 Servons-nous plut\u00f4t de notre tribune comme p\u00e9riodique culturel pour nous garder connect\u00e9s sur cette r\u00e9alit\u00e9 trop souvent m\u00e9connue, qui vit et se d\u00e9bat \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du syst\u00e8me en place, de \u00abce bord-l\u00e0 des choses\u00bb, expression emprunt\u00e9e \u00e0 Victor-L\u00e9vy Beaulieu.<\/p>\n\n\n\n<p>Un exemple parmi tant d\u2019autres et qui concerne les personnes assist\u00e9es sociales, qui sont tout de m\u00eame au-del\u00e0 de 800 000 au Qu\u00e9bec \u2014 ph\u00e9nom\u00e8ne collectif qui nous concerne tous: diverses mesures r\u00e9centes ne font qu\u2019appauvrir davantage les prestataires, dont une coupure de 30 $ par mois \u00e0 partir du 1er avril dernier, pour les prestataires aptes \u00abparticipants\u00bb \u2014 ce qui n\u2019est rien non plus pour les inciter \u00e0 d\u00e9velopper leur employabilit\u00e9. Les d\u00e9cideurs ont vraiment perdu le sens des r\u00e9alit\u00e9s pour ne pas se rendre compte que 30 $ ne repr\u00e9sentent pas le m\u00eame montant pour tout le monde: ce n\u2019est rien dans un portefeuille bien garni; c\u2019est tout autre chose dans celui d\u2019un soutien de famille d\u00e9j\u00e0 sous le seuil de la pauvret\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Si, en tant que soci\u00e9t\u00e9, il nous faut tous faire des efforts pour pallier une mauvaise gestion ant\u00e9rieure, qu\u2019on ait la d\u00e9cence, quand on coupe 30 $ \u00e0 des individus d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pourvus, d\u2019en couper au moins autant aux salaires des d\u00e9put\u00e9s, d\u2019en retrancher&nbsp;<em>au moin<\/em>s autant dans les frais administratifs n\u00e9cessaires pour g\u00e9rer ces coupures, d\u2019aller en chercher au moins autant en revisant les \u00e9vasions fiscales permises, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>On pourrait mentionner aussi, parmi tant d\u2019autre abus, l\u2019abolition du bar\u00e8me pour les personnes aptes, ce qui repr\u00e9sente une ponction de 10 % dans le revenu des assist\u00e9s sociaux, et la nouvelle loi sur l\u2019assurance-m\u00e9dicament, qui laisse aux personnes assist\u00e9es sociales le soin de payer le premier 100 $ et 25 % des 800 $ suivants. Quel sera le co\u00fbt social futur de telles mesures? Et que dire des coupures dans les services de garderie et de garde en milieu scolaire? Coupures annonc\u00e9es par une ministre, elle-m\u00eame m\u00e8re de quatre enfants qui n\u2019a s\u00fbrement jamais d\u00fb avoir recours \u00e0 ces services!<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, si on consid\u00e8re un tant soit peu les ressources du Qu\u00e9bec dans son ensemble, on s\u2019aper\u00e7oit qu\u2019il suffirait d\u2019un l\u00e9ger d\u00e9placement, qui ne ferait pas souffrir les mieux nantis, pour que tous b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un niveau de vie d\u2019une d\u00e9cence minimum et que nul n\u2019ait \u00e0 passer des nuits blanches \u00e0 angoisser sur son avenir. Est-ce trop demander? C\u2019est \u00e0 croire qu\u2019on est toujours \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 le roi et sa cour vivaient grassement alors que le reste des gens crevaient de faim. Certes, ce n\u2019est pas aussi tranch\u00e9 aujourd\u2019hui, mais il n\u2019en reste pas moins qu\u2019une classe sociale, une \u00ab\u00e9lite\u00bb, li\u00e9e au pouvoir politique et financier, se tient les coudes pour prot\u00e9ger et m\u00eame augmenter ses privil\u00e8ges et profits, au d\u00e9triment d\u2019une grosse part de la population qu\u2019on accule \u00e0 des situations \u00e9conomiques de plus en plus intenables. \u00abOn aurait tout pour \u00eatre heureux\u00bb, pour reprendre une petite phrase \u00e0 l\u2019allure cucu.<\/p>\n\n\n\n<p>Profitons \u00e9galement de notre tribune pour souligner des initiatives d\u2019individus qui n\u2019en cherchent aucune gloire. Comme celle de Robert Bouvier, musicien, qui, devant l\u2019\u00e9tat des berges du Canal Lachine, a d\u00e9cid\u00e9 de ramasser une partie des cochonneries qui y tra\u00eenent en quantit\u00e9. Ce geste permet, entre autres, aux employ\u00e9s des compagnies environnantes de disposer d\u2019un lieu agr\u00e9able pour y passer leur heure de d\u00eener. (Malgr\u00e9 toute notre bonne volont\u00e9, nous ne pouvons \u00e9viter \u00abl\u2019humain dans toute sa grandeur\u00bb: comme Robert n\u2019a pas les moyens de se payer suffisamment de sacs verts pour l\u2019ampleur de la t\u00e2che, il a fait appel \u00e0 ces compagnies environnantes pour en d\u00e9frayer une partie. Refus. Et pourtant, dix sacs verts, m\u00eame au prix r\u00e9guliers, ne reviennent qu\u2019\u00e0 2,49 $. Bel exemple de \u00abpartage\u00bb!)<\/p>\n\n\n\n<p>Profitons-en \u00e9galement pour signaler une production artistique qui fait place \u00e0 certaines questions d\u2019int\u00e9r\u00eat social: qu\u2019est-ce qu\u2019on fait? o\u00f9 est-on rendu? au niveau des relations homme-femme, au niveau du Qu\u00e9bec, au niveau mondial\u2026 Tel fut le cas du spectacle qu\u2019a \u00e9crit, et jou\u00e9 en mai dernier \u00e0 la petite salle de l\u2019Espace La Veill\u00e9e, Nathalie Derome, avec la complicit\u00e9 de Drae Rival (batterie, guitare, chant, r\u00e9pliques\u2026). Dans&nbsp;<em>Des mots, d\u2019la dynamite-th\u00e9\u00e2tre en fore de femme<\/em>, Nathalie Derome, comme dans ses autres spectacles, se permet une tr\u00e8s grande libert\u00e9. Ce qui n\u2019est as tr\u00e8s fr\u00e9quent; son audace stimulante est donc bienvenue. Le public embarque avec Nathalie et chante son refrain: &#8220;Des mots, d\u2019la dynamite\/ Des p\u00e9tards wow wow\/ Des p\u00e9tards wow wow\/ Des saint-simonaques \/ De j\u00e9riboire.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant ce temps, et avec comme fond les m\u00eames consid\u00e9rations\u2026, un nouveau&nbsp;<em>ESSE<\/em>&nbsp;para\u00eet\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne notre int\u00e9r\u00eat pour les r\u00e9gions du Qu\u00e9bec- notre projet \u00e0 longue haleine du moment-, nous en pr\u00e9sentons deux volets dans ce num\u00e9ro. Tout d\u2019abord, le troisi\u00e8me DOSSIER de sa s\u00e9rie \u00abLa visite s\u2019en vient\u00bb, sur la r\u00e9gion de Lanaudi\u00e8re. Pour ce dossier, Pauline Morier s\u2019est concentr\u00e9e sur le domaine des arts visuels et a rencontr\u00e9 des membres des deux regroupements d\u2019artistes situ\u00e9s \u00e0 Joliette. Comme lors des dossiers pr\u00e9c\u00e9dents sur d\u2019autres r\u00e9gions du Qu\u00e9bec, la r\u00e9alisation de la page couverture a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e \u00e0 une artiste de la r\u00e9gion, cette fois-ci de Lanaudi\u00e8re: Suzanne Joly.<\/p>\n\n\n\n<p>Le portrait culturel de l\u2019ensemble du Qu\u00e9bec que nous sommes en train de tracer, peu \u00e0 peu, rejoint les r\u00e9flexions \u00e9nonc\u00e9es plus haut. Les individus font preuve d\u2019initiative et de d\u00e9termination pour assurer le d\u00e9veloppement culturel de leur territoire, avec le plus souvent des moyens r\u00e9duits; les d\u00e9cideurs, eux, bien assis dans leurs bureaux, ne saisissant souvent pas \u00e0 quel point le contexte est d\u00e9terminant, leur rendent la vie dure en appliquant des mesures (et des coupures) d\u00e9connect\u00e9es. C\u2019est une histoire \u00e0 suivre: le prochain dossier de cette s\u00e9rie portera sur la r\u00e9gion du Bas-Saint-Laurent.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous esp\u00e9rons, de nos visites en r\u00e9gion, susciter des \u00e9chos, des textes. Nous avons de quoi nous r\u00e9jouir. Le deuxi\u00e8me volet de la \u00absection-r\u00e9gions\u00bb de ce num\u00e9ro comporte en effet un texte d\u2019opinion tr\u00e8s percutant, un \u00abtexte-n\u00e9cessit\u00e9\u00bb d\u2019Adrienne Luce, artiste en art actuel que les lecteurs et lectrices de notre dossier pr\u00e9c\u00e9dent sur la Gasp\u00e9sie ont d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9e. Le texte d\u2019Adrienne s\u2019ajoute \u00e0 ce qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 dit dans le dossier sur la Gasp\u00e9sie \u2014 rien n\u2019est exhaustif &#8211; et permet de mieux appr\u00e9cier des r\u00e9alit\u00e9s difficiles \u00e0 cerner pour qui ne les a pas v\u00e9cues \u00absur le terrain\u00bb. Il refl\u00e8te \u00e9videmment l\u2019opinion d\u2019une seule personne, mais une opinion bien formul\u00e9e, qui se tient, et qui de plus \u2014 on le comprendra \u00e0 la lecture \u2014 ne dispose d\u2019aucun lieu pour s\u2019exprimer. Il propose des r\u00e9flexions d\u2019int\u00e9r\u00eat qui d\u00e9bordent de la Gasp\u00e9sie et contribuent au d\u00e9bat actuel au Qu\u00e9bec sur l\u2019ouverture et l\u2019identit\u00e9, la r\u00e9gionalisation telle que pr\u00f4n\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 maintenant, en y apportant une optique diff\u00e9rente, justement \u00e0 cause de son point d\u2019origine. Nous pouvons ainsi continuer, avec ce deuxi\u00e8me texte que&nbsp;<em>ESSE<\/em>&nbsp;fait para\u00eetre sur la Gasp\u00e9sie, \u00e0 renouer avec cette partie de nous-m\u00eame, cette partie du Qu\u00e9bec trop souvent m\u00e9connue. Le texte d\u2019Adrienne est l\u2019occasion de d\u00e9couvrir non seulement une pens\u00e9e, mais aussi une \u00e9criture qui se d\u00e9ploie comme une vague \u2014 un raz-de mar\u00e9e plut\u00f4t! -, toute en images puis\u00e9es \u00e0 la \u00abmaritimit\u00e9\u00bb. Pour Adrienne, dot\u00e9e d\u2019une exp\u00e9rience concr\u00e8te d\u2019aide-p\u00eacheur, l\u2019expression &#8220;prendre la mer&#8221; n\u2019est pas seulement une figure de style!<\/p>\n\n\n\n<p>Puisque nous nous int\u00e9ressons aux r\u00e9gions et puisque nous parlons d\u2019\u00e9cart entre les classes sociales et de d\u00e9sinformatisation \u00e9manant des m\u00e9dias, profitons-en pour replacer certaines sonn\u00e9es. En mai dernier a eu lieu ce qu\u2019on a appel\u00e9 la \u00abguerre du crabe\u00bb, men\u00e9e \u00e0 partir du Nouveau-Brunswick mais affectant la Gasp\u00e9sie \u2014 conflit peu, et mal, m\u00e9diatis\u00e9 (\u00e0 Montr\u00e9al \u00e0 tout le moins). Il faut pr\u00e9ciser que cette guerre s\u2019inscrit dans le contexte d\u2019une mauvaise gestion f\u00e9d\u00e9rale, une gestion bureaucratique de la p\u00eache: on a laiss\u00e9 piller la mer jusqu\u2019\u00e0 \u00e9puisement, jusqu\u2019au moratoire sur la morue en 1993. Cette ann\u00e9e, le minist\u00e8re f\u00e9d\u00e9ral P\u00eaches et Oc\u00e9ans, principal responsable du marasme actuel, d\u00e9cide de redistribuer les quotas de crabe pour permettre \u00e0 tous les p\u00eacheurs d\u2019avoir droit \u00e0 l\u2019assurance-ch\u00f4mage, accordant ainsi aux p\u00eacheurs c\u00f4tiers (homardiers et morutiers) une part attribu\u00e9e auparavant aux crabiers. Dans cette \u00abguerre\u00bb, on retrouvait d\u2019un c\u00f4t\u00e9 des bien nantis, crabiers millionnaires, dont les chefs sont au Nouveau-Brunswick, et de l\u2019autre, des moins bien nantis, c\u2019est-\u00e0-dire les travailleurs des usines de crabes (propri\u00e9t\u00e9s de ces crabiers) et les hommes de pont de ces m\u00eames crabiers, ainsi que les p\u00eacheurs c\u00f4tiers, notamment les homardiers. Ici aussi, il y a eu d\u00e9sinformation, les homardiers \u00e9tant indistinctement pr\u00e9sent\u00e9s comme \u00e9tant tous prosp\u00e8res, alors que ceux de la Gasp\u00e9sie \u2014 sauf quelques-uns \u2014 ne le sont pas. Les biens nantis, dont les avocats n\u2019ont pas r\u00e9ussi \u00e0 prot\u00e9ger leurs quotas, ont alors dit \u00e0 leurs travailleurs, menac\u00e9s de perdre des revenus : \u00abAllez r\u00e9cup\u00e9rer votre part du contingent chez les p\u00eacheurs c\u00f4tiers\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire chez d\u2019autres moins nantis. C\u2019est ainsi que deux groupes de moins nantis se sont battus entre eux, pendant que des bien nantis les regardaient faire \u00e0 l\u2019abri, sans jamais penser partager un peu de leurs profits. Pendant ce temps, \u00e7a brassait, et assez violemment, sur les quais en Gasp\u00e9sie, o\u00f9 les p\u00eacheurs c\u00f4tiers sont en minorit\u00e9. Cette situation, m\u00eame si &#8220;locale&#8221;, se r\u00e9p\u00e8te \u00e0 divers niveaux; elle est typique du climat actuel dans le monde du travail o\u00f9 il y a beaucoup d\u2019ins\u00e9curit\u00e9, et o\u00f9 les solutions avanc\u00e9es d\u00e9favorisent souvent les plus d\u00e9munis.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre chronique ACTION POLITIQUE de ce num\u00e9ro s\u2019adresse \u00e0 d\u2019autres \u00abd\u00e9connect\u00e9s de la r\u00e9alit\u00e9\u00bb : le Conseil de liaison des Forces canadiennes qui invitait r\u00e9cemment notre &#8220;entreprise&#8221; \u00e0 engager parmi son personnel (!) un ou des membre de la Force de r\u00e9serve (!!).<\/p>\n\n\n\n<p>On pensait bien que la saga entourant le Regroupement des artistes en arts visuels (RAAV) \u00e9tait termin\u00e9e.&nbsp;<em>ESSE<\/em>&nbsp;y a d\u00e9j\u00e0 consacr\u00e9 un dossier (no 22) et un feuilleton qui s\u2019est \u00e9tal\u00e9 sur les sept num\u00e9ros suivants. On avait toutes les raisons de la croire : l\u2019AADRAV, \u00abennemie\u00bb du RAAV, \u00e9tant morte, et ses membres, issus du Regroupement des centres d\u2019Artistes autog\u00e9r\u00e9s, ayant int\u00e9gr\u00e9 les rangs du RAAV et s\u2019en trouvant satisfaits. Mais c\u2019\u00e9tait sans compter le d\u00e9sir de survie des \u00abmoribonds\u00bb! \u00c0 lire dans le COUP DE GRIFFE de Jocelyn Fiset. Ce qui est dommage cependant, c\u2019est que cette saga occulte les actions men\u00e9es par le RAAV\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un autre ordre d\u2019id\u00e9es, et sur un ton quelque peu diff\u00e9rent des&nbsp;<em>Alzheimer social<\/em>&nbsp;d\u00e9j\u00e0 parus dans la chronique GOSSAGE, le personnage de Djo, cr\u00e9\u00e9 par Paul Gr\u00e9goire, se fait plus songeur, philosophe m\u00eame\u2026 \u00e0 sa mani\u00e8re bien s\u00fbr\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Ce num\u00e9ro contient aussi un autre \u00e9pisode de la BD, Le chien de Sagr\u00e8s, de Luis Neves et Denis Lord. Ce dernier signe \u00e9galement une suite qu\u00e9b\u00e9coise, et aussi juteuse, \u00e0 son article sur l\u2019auteur hollandais Willem (<em>ESSE<\/em>&nbsp;no 28). Il traite de Henriette Valium, ce Qu\u00e9b\u00e9cois qui persiste comme b\u00e9d\u00e9iste depuis une quinzaine d\u2019ann\u00e9es, et dont vient de para\u00eetre un album qui regroupe sa production de 1990 \u00e0 1995, sous le titre de&nbsp;<em>Primitive Cr\u00e9tin<\/em>, chez Fantagraphics Books \u00e0 Seattle. Le milieu de la bande dessin\u00e9e qu\u00e9b\u00e9coise a toujours \u00e9t\u00e9 vivant, contre vents et mar\u00e9es, gr\u00e2ce aux individus qui continuent \u00e0 en faire et \u00e0 en publier. R\u00e9cemment, quelques faits t\u00e9moignent de cette effervescence : l\u2019\u00e9v\u00e9nement de b\u00e9d\u00e9 alternative&nbsp;<em>Komikaze<\/em>, r\u00e9unissant une soixantaine de cr\u00e9ateurs qu\u00e9b\u00e9cois et tenu pendant trois jours fin mai-d\u00e9but juin dernier \u00e0 Montr\u00e9al, et qui a fait l\u2019objet de la page couverture (couleurs!) du journal&nbsp;<em>Voir<\/em>&nbsp;(Montr\u00e9al), et de l\u2019article qui va de pair; la r\u00e9apparition de Yves Millet, des ex-\u00c9ditions du Phylact\u00e8re, qui reprend du service et, nouvelle strat\u00e9gie, ouvre la boutique FichTre!, rue Bienville \u00e0 Montr\u00e9al, consacr\u00e9e aux bandes dessin\u00e9es qu\u00e9b\u00e9coises et europ\u00e9ennes en plus de recommencer le travail d\u2019\u00e9dition avec Zone convective qui a d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 plusieurs titres, entre autres,&nbsp;<em>Le midi de la nuit<\/em>&nbsp;de Luis Neves (la suite des aventures de son h\u00e9ros Quinquim).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la chronique MONTR\u00c9ALIT\u00c9S, le texte de Sandrine Martinet donne l\u2019occasion de prendre connaissance de la production de plusieurs artistes montr\u00e9alais, la plupart encore rattach\u00e9s \u00e0 l\u2019UQAM. Et de constater quels sont les th\u00e8mes qui int\u00e9ressent ces artistes, ainsi que les formes de pratique qu\u2019ils privil\u00e9gient.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin le DOCUMENT de Johanne Chagnon sur la destruction dans la performance qu\u00e9b\u00e9coise se termine avec ce num\u00e9ro-ci. Mais ce filon sur l\u2019histoire de l\u2019art contemporain au Qu\u00e9bec n\u2019est pas \u00e9puis\u00e9 pour autant. Nous avons bien l\u2019intention de continuer \u00e0 r\u00e9server une section de&nbsp;<em>ESSE<\/em>&nbsp;\u00e0 notre histoire de l\u2019art r\u00e9cent, souvent si pr\u00e8s de nous qu\u2019on en oublie la trajectoire. Le paradoxe de l\u2019oubli instantan\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0&nbsp;<em>ESSE<\/em>, \u00abon se souvient\u00bb.<\/p>\n<div style='display: none;'>Johanne Chagnon<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1303,"featured_media":0,"template":"","categories":[886],"numeros":[5400],"disciplines":[],"statuts":[],"checklist":[],"auteurs":[4826],"artistes":[],"thematiques":[],"type_editoriaux":[],"class_list":["post-180902","editoriaux","type-editoriaux","status-publish","hentry","category-editorial","numeros-29-lanaudiere-en","auteurs-johanne-chagnon-en"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/editoriaux\/180902","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/editoriaux"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/editoriaux"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1303"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=180902"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=180902"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=180902"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=180902"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=180902"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=180902"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=180902"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=180902"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=180902"},{"taxonomy":"type_editoriaux","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_editoriaux?post=180902"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}