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{"id":180925,"date":"1994-05-01T20:00:00","date_gmt":"1994-05-02T01:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/editoriaux\/non-au-oui-pour-autrement\/"},"modified":"2024-10-10T11:09:49","modified_gmt":"2024-10-10T16:09:49","slug":"non-au-oui-pour-autrement","status":"publish","type":"editoriaux","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/editorial\/non-au-oui-pour-autrement\/","title":{"rendered":"Non au oui, pour \u00abautrement\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<pre class=\"wp-block-verse\">[In French]<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">L\u2019apr\u00e8s-26 octobre<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Depuis la parution du dernier num\u00e9ro de&nbsp;<em>ESSE<\/em>, certains \u00e9v\u00e9nements ont lieu au Qu\u00e9bec, un certain 26 octobre. Consid\u00e9rons le type de discours qui nous \u00e9tait alors propos\u00e9, et puisque la binarit\u00e9 semble \u00e0 l\u2019honneur ces temps-ci (et les r\u00e9f\u00e9rendums \u00e9galement), proc\u00e9dons par colonnes : OUI \u2013 NON. Mais pour contrer l\u2019impression d\u00e9sagr\u00e9able de tourner en rond, permettons-nous d\u2019en ajouter une troisi\u00e8me que nous appellerons L\u2019AUTRE. Celles du OUI et du NON correspondant \u00e0 quelques \u00e9l\u00e9ments du projet social des deux options qui se sont affront\u00e9es lors de la campagne r\u00e9f\u00e9rendaire qu\u00e9b\u00e9coise, celle de L\u2019AUTRE \u00e9tant d\u2019\u00e0-c\u00f4t\u00e9, l\u2019autrement, qui suppose un changement de pens\u00e9e en profondeur. Au moment o\u00f9 le paysage mondial se fendille \u2013 des fronti\u00e8res bougent, des pays sont en red\u00e9finition (m\u00eame notre page couverture semble en avoir subi les r\u00e9percussions) \u2013 nous ne faisons que colmater les br\u00e8ches. Ce travail est inutile parce que toujours \u00e0 recommencer. \u00c0 l\u2019image d\u2019une personne qui s\u2019acharne \u00e0 construire et reconstruire sans cesse une maison avec les m\u00eames mat\u00e9riaux que l\u2019ancienne, \u00e0 l\u2019endroit m\u00eame o\u00f9 la br\u00e8che s\u2019est faite, au lieu de construire une autre maison, \u00e0 c\u00f4t\u00e9, sur un terrain stable.<\/pre>\n\n\n\n<p>Pendant ce temps\u2026 et en rapport avec les \u00e9v\u00e9nements qui ont \u00e9branl\u00e9 le Qu\u00e9bec : nous avons \u00e9t\u00e9 \u00abpositivement\u00bb en faveur du NON. Pour ne pas c\u00e9der au chantage de la peur, pour ne pas accepter de mettre un point final au d\u00e9sir de se prendre en main, pour afficher pleinement notre confiance en nous-m\u00eames. Par contre, quel choix avions-nous! Les choses n\u2019\u00e9taient pas aussi simples.<\/p>\n\n\n\n<p>OUI<br>Les arguments du OUI portaient toujours sur le rendement \u00e9conomique : atteindre la plus forte croissance, afficher le plus bas taux d\u2019inflation, et autres plus plus;<br>NON<br>les adeptes du NON partageaient les m\u00eames buts, soit une plus grande force \u00e9conomique, quoique obtenue avec davantage de pouvoirs de d\u00e9cision.<br>AUTRE<br>Pourquoi tant s\u2019\u00e9chiner et ne pas \u00eatre simplement ce que nous sommes, au mieux? &#8220;Deviens ce que tu es&#8221;, disait Nietzsche.<\/p>\n\n\n\n<p>OUI<br>De toute fa\u00e7on, m\u00eame le discours \u00e9conomique est biais\u00e9 et n\u2019a plus de valeur scientifique : ainsi une banque aurait des visions de chaos,<br>NON<br>alors qu\u2019\u00e0 partir des m\u00eames donn\u00e9es, d\u2019autres \u00e9conomistes pensaient le contraire.<br>AUTRE<br>On pourrait plut\u00f4t offrir un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement au niveau mondial, se fixer comme objectif, par exemple, d\u2019\u00e9liminer la pauvret\u00e9 et d\u2019y concentrer tous les efforts, y compris ceux engloutis dans la d\u00e9fense militaire.<\/p>\n\n\n\n<p>OUI<br>Le discours politique du OUI \u00e9tait d\u00e9connect\u00e9 : les vrais probl\u00e8mes des gens (se trouver un emploi\u2026) \u00e9taient \u00e9vacu\u00e9s;<br>NON<br>et c\u2019\u00e9tait la m\u00eame chose dans le camp du NON.<br>AUTRE<br>Souvent, les propos les plus int\u00e9ressants sur ce d\u00e9bat proviennent des gens autour de nous, et ces propos tiennent compte des contingences de la vie quotidienne.<\/p>\n\n\n\n<p>OUI<br>Les OUI misaient sur une campagne de peur, sur la d\u00e9sinformation,<br>NON<br>alors que les NON agissaient d\u00e9fensivement.<br>AUTRE<br>\u00e0 quand un discours affirmatif, qui affiche une confiance en soi, en toute conscience?<\/p>\n\n\n\n<p>OUI<br>Bourassa repr\u00e9sente une classe \u00e9litique<br>NON<br>Parizeau de m\u00eame (tous deux sortent d&#8217;ailleurs des m\u00eames \u00e9coles de formation).<br>AUTRE<br>Il faut changer la vision de l&#8217;histoire, car celle-ci d\u00e9coule du regard de ceux qui ont le pouvoir.<\/p>\n\n\n\n<p>OUI<br>Dans tout cela, il y a maintien de la structure de pouvoir telle qu\u2019elle existe,<br>NON<br>et cette structure n\u2019est jamais remise en question.<br>AUTRE<br>Il faut changer cette notion m\u00eame de pouvoir, car m\u00eame si les individus sont remplac\u00e9s, ils sont toujours pris dans la m\u00eame structure qui, elle, ne change pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Constat : OUI ou NON, c\u2019\u00e9tait presque du pareil au m\u00eame. Il faudra repasser pour avoir un v\u00e9ritable choix. Le OUI et le NON relevaient d\u2019un m\u00eame d\u00e9bat, suscit\u00e9 par une forme d\u2019exercice de la gestion gouvernementale qui repose, elle, sur un type tr\u00e8s particulier du maniement du pouvoir. Et si ce d\u00e9bat nous a tous conduits dans cet \u00e9pouvantable cirque que nous avons vu, vers un gaspillage si \u00e9hont\u00e9 des fonds publics, vers cette impasse qu\u2019il fallait refuser, c\u2019est \u00e0 cause de ce type d\u2019exercice du pouvoir. Un type traditionnel, qui cherche davantage \u00e0 prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats de ceux et celles qui le d\u00e9tiennent qu\u2019\u00e0 imaginer et \u00e0 r\u00e9aliser un projet de soci\u00e9t\u00e9. Un type de pouvoir qui cherche \u00e0 imposer pour gouverner. N\u2019est-il pas symptomatique que les acteurs\/trices de notre paysage politique soient les m\u00eames que voici 20 ans?<\/p>\n\n\n\n<p>55,4 %, voil\u00e0 le r\u00e9sultat du vote NON au Qu\u00e9bec. Ce qui aurait pu \u00eatre un moment historique important pour le Qu\u00e9bec s\u2019est av\u00e9r\u00e9 une grosse baloune. Nous ne croyons pas qu\u2019il y ait vraiment raison de se r\u00e9jouir, et savons pertinemment que nous sommes revenu-e-s \u00e0 la case d\u00e9part. Le seul avantage de ce r\u00e9f\u00e9rendum aura \u00e9t\u00e9 que, pour une fois, Canadians et Qu\u00e9b\u00e9cois-e-s avons \u00e9t\u00e9 d\u2019accord sur un point : d\u00e9savouer la classe politique. La confiance est en perte de vitesse envers les politicien-ne-s qui se r\u00e9v\u00e8lent des administrateurs\/trices de \u00abventes de garage\u00bb, sans envergure.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons donc vot\u00e9 NON dans l\u2019imm\u00e9diat, en attendant\u2026 Car nous ne pouvons pas agir seulement dans la marge, la troisi\u00e8me colonne. Nous devons \u00eatre vigilant-e-s sur tous les plans. Pendant que se poursuit le travail sur L\u2019AUTRE. S\u2019il n\u2019y a pas d\u2019alternative, il faut s\u2019en cr\u00e9er une. Sinon, impr\u00e9gn\u00e9-e-s comme une \u00e9ponge de la structure en place, nous ne pourrons que contester ce dans quoi nous sommes pris-e-s. Mais agir n\u2019est pas chose simple aujourd\u2019hui, comparativement \u00e0 une autre \u00e9poque. Si on se r\u00e9f\u00e8re, par exemple, \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience de la revue Parti pris (1963-1968), on constate que l\u2019\u00e9quipe de cette publication pouvait clairement s\u2019afficher ind\u00e9pendantiste, la\u00efque et socialiste. Trois points bien d\u00e9finis. Alors qu\u2019aujourd\u2019hui\u2026 quand le NON veut dire OUI\u2026 \u00c0 ce sujet, il est cocasse, quoique plut\u00f4t d\u00e9courageant, de lire cette phrase de Jean-Marc Piotte dans un article intitul\u00e9 \u00abDu duplessisme au F.L.Q.\u00bb (Parti pris, octobre 1963, p. 29) : \u00abTout pouvoir conc\u00e9d\u00e9 par Ottawa sera, pour nous, toujours insuffisant et pour les Canadians, la derni\u00e8re bont\u00e9 consentie \u00e0 un peuple tapageur et tracassier.\u00bb Trente ans sont pass\u00e9s depuis\u2026 Que s\u2019est-il donc pass\u00e9?<\/p>\n\n\n\n<p>La nouvelle politique culturelle du Qu\u00e9bec<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis la derni\u00e8re parution de&nbsp;<em>ESSE<\/em>, dans laquelle le dossier sur le \u00abpost-rapport Arpin\u00bb faisait un constat douloureux de l\u2019\u00e9tat de la culture au Qu\u00e9bec, il y a eu d\u00e9p\u00f4t de la politique culturelle promise par la ministre Frulla-H\u00e9bert. Cette politique tant d\u00e9battue et attendue n\u2019est encore que des mots sur papier et n\u2019apporte pas de changement \u00e0 notre position : elle n\u2019est que de la poudre aux yeux pour masquer la direction contraire qu\u2019a prise le gouvernement en mati\u00e8re culturelle. Nous voudrions bien croire aux promesses de cette politique, mais il nous faut des preuves tangibles. Qu\u2019on nous prouve que la culture est pour le gouvernement un \u00e9l\u00e9ment important de notre d\u00e9veloppement. Ce n\u2019est pas ce qui nous a \u00e9t\u00e9 fourni lors des n\u00e9gociations en vue de l\u2019entente constitutionnelle, lorsque la culture a \u00e9t\u00e9 \u00aboubli\u00e9e\u00bb! et qu\u2019il a fallu r\u00e9gler cette question en l\u2019ajoutant en vitesse, par fax, un samedi apr\u00e8s-midi\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Les arguments, qui ne manquent pas, d\u00e9font la beaut\u00e9 toute en fausses paillettes de cette politique culturelle qu\u00e9b\u00e9coise. Ainsi, il est pr\u00e9sentement offert aux p\u00e9riodiques culturels des sessions de formation en gestion, dans le cadre des activit\u00e9s du Fonds de d\u00e9veloppement des industries culturelles (FOIC) en collaboration avec la Commission d\u2019initiative et de d\u00e9veloppement culturels (CIDEC) et la Banque f\u00e9d\u00e9rale de d\u00e9veloppement (BFD). Et ces s\u00e9minaires, tenus dans une chic salle du chic h\u00f4tel Holiday Inn, ont pour but de nous avertir que les subventions gouvernementales, d\u00e9j\u00e0 largement amput\u00e9es, devront peut-\u00eatre dispara\u00eetre d\u2019ici cinq ans!! Et ces subventions, parlons-en! Le minist\u00e8re n\u2019a pas encore nomm\u00e9 depuis deux ans de titulaire pour le dossier des p\u00e9riodiques culturels, si bien que les demandes de subventions d\u00e9pos\u00e9es en mai 1992 n\u2019avaient toujours pas \u00e9t\u00e9 examin\u00e9es en septembre\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Selon le sch\u00e8me adopt\u00e9 (OUI \u2013 NON \u2013 AUTRE), voici ci-contre ce que nous pouvons d\u00e9gager de cet imbroglio.<\/p>\n\n\n\n<p>OUI<br>La politique culturelle qu\u00e9b\u00e9coise a \u00e9t\u00e9 bien accueillie par certaines personnes qui, sur un ton franchement d\u00e9lirant, pensent qu\u2019elle constitue un avancement. Exemples : Lise Bissonnette, Le Devoir du 26 ao\u00fbt 1992 : \u00abLa ministre des Affaires culturelles m\u00e9rite une ovation. [\u2026] on devrait \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9, lui offrir des lauriers. Elle fait avancer les choses\u00bb ; Bernard Boulad, Voir du 25 juin au 1er juillet 1992 : \u00abC\u2019est en fait, ni plus ni moins, \u00e0 un changement de mentalit\u00e9 que nous invite Mme Liza Frulla-H\u00e9bert, pour ne pas dire \u00e0 une r\u00e9volution culturelle\u00bb,<br>NON<br>bien que nous soyons toujours \u00e0 la case d\u00e9part d\u2019il y a 30 ans.<br>AUTRE<br>Il faut changer le type de pouvoir politique actuellement en place. Tant que notre syst\u00e8me culturel y sera associ\u00e9, il ne pourra y avoir grand d\u00e9veloppement.<\/p>\n\n\n\n<p>OUI<br>D\u2019une part, les intervenant-e-s du milieu se disent favorables au Conseil des arts du Canada \u2013 c\u2019est ce qui ressort des t\u00e9moignages livr\u00e9s lors des audiences sur le rapport Arpin \u2013,<br>NON<br>alors qu\u2019ils\/elles consid\u00e8rent comme une horreur que de laisser au MAC le soin de rapatrier des pouvoirs culturels. Si le pass\u00e9 est garant de l\u2019avenir, on peut en effet avoir tr\u00e8s peur !<br>AUTRE<br>Les arts doivent \u00eatre autre chose qu\u2019une volont\u00e9 de plaire \u00e0 qui promet la manne de bonbons. Au contraire, il faut d\u00e9velopper une solidarit\u00e9 que seul apportera un profond changement social. IL faut nous lib\u00e9rer de cette comp\u00e9tition malsaine qui mine m\u00eame le milieu des arts. Savons-nous au moins ce qu\u2019est la d\u00e9mocratie culturelle ?<\/p>\n\n\n\n<p>OUI<br>D\u2019autre part, ces m\u00eames intervenant-e-s donnent leur appui \u00e0 Qu\u00e9bec, ce qu\u2019a fait derni\u00e8rement le Conseil qu\u00e9b\u00e9cois du th\u00e9\u00e2tre (la carotte des millions promis par la ministre lors du d\u00e9p\u00f4t de sa politique culturelle fonctionne tr\u00e8s bien merci),<br>NON<br>alors qu\u2019il a d\u00e9cid\u00e9 en m\u00eame temps de boycotter le Conseil des arts parce que les fonds attribu\u00e9s au th\u00e9\u00e2tre sont gel\u00e9s.<br>AUTRE<br>Tiraillements st\u00e9riles\u2026 Pendant ce temps, la ministre se tient silencieuse comme un tombeau\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Et que propose&nbsp;<em>ESSE<\/em>&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Et que propose le pr\u00e9sent num\u00e9ro de&nbsp;<em>ESSE<\/em>, devant cet incroyable brouet infect qui ne provoque que des flatulences culturelles ? (La colonne AUTRE exprime ici ce que proposent les articles.)<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 noter d\u2019abord une recherche de formes vari\u00e9es : un dossier au ton subjectif, un conte, une lettre, une courte pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre, une entrevue qui entrecoupe et prolonge un article, une BD, une recherche historique\u2026 Cela t\u00e9moigne d\u2019une recherche en cours \u00e0 la revue qui a pour but de refl\u00e9ter la diversit\u00e9 des individualit\u00e9s au sein d\u2019une r\u00e9flexion collective, avec une volont\u00e9 d\u2019\u00eatre fid\u00e8le \u00e0 soi-m\u00eame, de s\u2019ouvrir aux libert\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Le DOSSIER, \u00abUne dr\u00f4le d\u2019histoire trop triste pour ne pas en rire\u00bb d\u2019Anne Thibeault en de Sonia Pelletier, s\u2019ajoute \u00e0 la s\u00e9rie d\u2019articles qu\u2019ont suscit\u00e9s les propos de Jacques Dufresne et Jean-Claude Leblond dans La Presse \u00e0 l\u2019automne 1991, et de Genevi\u00e8ve Picard dans la revue MTL en novembre 1991. On en trouvait d\u2019ailleurs un \u00e9cho dans le dernier&nbsp;<em>ESSE<\/em>, sous la plume de Carole Brouillette. Pourquoi poursuivre encore ce d\u00e9bat ? Parce qu\u2019il touche \u00e0 un malaise profond et qu\u2019on ne peut tourner trop rapidement la page sur ce qu\u2019il soul\u00e8ve. Et aussi parce que c\u2019est une belle occasion d\u2019essayer de penser autrement.<\/p>\n\n\n\n<p>OUI<br>Les articles de Dufresne et Leblond qui ont parti le bal ont consist\u00e9 en un d\u00e9nigrement en r\u00e8gle du syst\u00e8me des arts visuels ;<br>NON<br>les textes qui ont suivi ont consist\u00e9 en r\u00e9ponses \u00e0 ces attaques.<br>AUTRE<br>Les auteures du DOSSIER ont tent\u00e9 de sortir de cette orni\u00e8re ; elles ont constat\u00e9 qu\u2019on critique beaucoup, mais qu\u2019on ne parle pas d\u2019art, qu\u2019on en occulte le contenu.<\/p>\n\n\n\n<p>OUI (suite)<br>Ces articles relevaient d\u2019un discours qui aime pontifier sur le syst\u00e8me, sans jamais s\u2019impliquer. Selon Leblond, les artistes de l\u2019UQAM ont \u00e9t\u00e9 accus\u00e9-e-s d\u2019\u00eatre une \u00abbande d\u2019\u00e9tudiants qui, sans esprit critique suffisamment d\u00e9velopp\u00e9 et le cr\u00e2ne bourr\u00e9 de succ\u00e9dan\u00e9s de th\u00e9ories, sont incapables de faire la part des choses et qui, l\u2019int\u00e9r\u00eat carri\u00e9riste aidant, donnent dans le syst\u00e8me sans discernement\u00bb. Accus\u00e9-e-s en somme de d\u00e9bilit\u00e9 avanc\u00e9e ;<br>NON (suite)<br>\u00e0 l\u2019UQAM, 27 artistes ont eu l\u2019opportunit\u00e9, dans le cadre d\u2019une exposition (rens. 499-0443), de r\u00e9pondre publiquement aux accusations de Leblond. Ils\/elles affirm\u00e8rent qu\u2019une exposition faisant \u00e9cho \u00e0 ces d\u00e9bats risquait d\u2019\u00eatre manipul\u00e9e ! Mais par qui\u2026 ?<br>AUTRE (suite)<br>Les points de vue expos\u00e9s dans ce DOSSIER sont tr\u00e8s subjectifs ; ils expriment de fa\u00e7on personnelle ce qui est v\u00e9cu de l\u2019int\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n<p>OUI<br>Dans ce d\u00e9bat, on parle d\u2019art en opposant figuration et abstraction ;<br>NON<br>On a beaucoup remis en question le syst\u00e8me d\u2019attribution des bourses, monopolis\u00e9 par une clique ; certains artistes ont d\u00e9plor\u00e9 l\u2019\u00e9cart entre les g\u00e9n\u00e9rations.<br>AUTRE<br>Figuration\/abstraction, aujourd\u2019hui ? On se demande bien de quoi on parle ? Y aurait-il moyen de b\u00e2tir un milieu plus solidaire ?<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la chronique MONTR\u00c9ALIT\u00c9S, Sylvie Raquer traite d\u2019un \u00e9v\u00e9nement multidisciplinaire, la&nbsp;<em>Fou-Art<\/em>. L\u2019\u00e9crit y c\u00f4toie le parl\u00e9 : de type reportage, l\u2019article est entrecoup\u00e9 d\u2019une entrevue d\u2019Anne Thibeault avec l\u2019auteure dans laquelle Anne am\u00e8ne Sylvie \u00e0 compl\u00e9ter son propos d\u2019une fa\u00e7on plus subjective.<\/p>\n\n\n\n<p>OUI<br>La<em>&nbsp;Fou-Art<\/em>&nbsp;se voulait un bouillonnement cr\u00e9ateur, une euphorie, une f\u00eate, la mise en commun d\u2019\u00e9nergies, bref l\u2019affaire la \u00abplus plus\u2026\u00bb ;<br>NON<br>mais on a rencontr\u00e9 de nombreuses difficult\u00e9s.<br>AUTRE<br>Il faut davantage de solidarit\u00e9 (encore !) et d\u2019implication de la part de chacun-e, et relancer le d\u00e9bat en consid\u00e9rant cette fois-ci les valeurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la chronique COMMENTAIRES, Sylvain Latendresse nous a \u00e9crit au retour d\u2019un voyage \u00e0 Paris. Le r\u00e9cit d\u2019une exp\u00e9rience v\u00e9cue s\u2019allie au ton plus d\u00e9tendu de la forme \u00e9pistolaire.<\/p>\n\n\n\n<p>OUI<br>Selon le projet de politique culturelle qu\u00e9b\u00e9coise, il est question, entre autres, d\u2019exporter notre potentiel artistique ;<br>NON<br>cela reste une belle promesse politique : on ne fournit pas encore les moyens n\u00e9cessaires, et les employ\u00e9-e-s des Services culturels du Qu\u00e9bec \u00e0 Paris doivent se d\u00e9mener dans des conditions difficiles.<br>AUTRE<br>\u00c0 cet \u00e9gard, ce qu\u2019on apprend est plus r\u00e9v\u00e9lateur que n\u2019importe quel discours officiel. Vu les exp\u00e9riences v\u00e9cues \u00e0 Paris par certains artistes, on peut croire que l\u2019\u00abexportation du potentiel\u00bb ne passera pas par la fili\u00e8re politique.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la chronique Portrait, Luis Neves nous fait le travail de Pierre Sirois (Siris). Pratiquer la bande dessin\u00e9e au Qu\u00e9bec est une aventure assez difficile; c\u2019est pourquoi il est important de mieux faire conna\u00eetre les b\u00e9d\u00e9iste d\u2019ici. Par contre\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>OUI<br>Pendant que les gros \u00e9diteurs, europ\u00e9ens et am\u00e9ricains, contr\u00f4lent l\u2019\u00e9dition de la bande dessin\u00e9e,<br>NON<br>La revue qu\u00e9b\u00e9coise&nbsp;<em>Mac Tin Tac<\/em>, \u00e0 laquelle collabore Siris, cherche \u00e0 survivre en partant \u00e0 la conqu\u00eate du march\u00e9 am\u00e9ricain en anglais.<br>AUTRE<br>Pourquoi ne pas plut\u00f4t essayer d\u2019am\u00e9liorer la situation ici? Sinon, pourquoi continue-t-on? On ferait aussi bien de fermer le Qu\u00e9bec et d\u00e9m\u00e9nager.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la nouvelle chronique GOSSAGE, Paul Gr\u00e9goire poursuit dans&nbsp;<em>ESSE<\/em>&nbsp;la publication de Alzheimer social, une s\u00e9rie de courts actes th\u00e9\u00e2traux commenc\u00e9e dan Journal art, maintenant disparu. L\u2019acte 8 est d\u2019\u00e0-propos dans le contexte actuel des revendications, o\u00f9 on suppose que le public est pr\u00eat \u00e0 d\u00e9fendre \u00abses\u00bb artistes.<\/p>\n\n\n\n<p>OUI<br>Alors que certains mythes sur l\u2019art ont la vie dure,<br>NON<br>\u2013 trou de m\u00e9moire \u2013<br>AUTRE<br>L\u2019auteur ne craint pas de questionner ce rapport art\/public.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la chronique DOCUMENTS, Andr\u00e9 Landry fait \u0153uvre de r\u00e9habilitation : il reconna\u00eet l\u2019influence de deux religieux qui ont marqu\u00e9 l\u2019enseignement des arts au Qu\u00e9bec avant les ann\u00e9es 50.<\/p>\n\n\n\n<p>OUI<br>\u00c0 la suite du&nbsp;<em>Refus Global<\/em>, et selon les canons de l\u2019histoire officielle, on a jet\u00e9 par-dessus bord les r\u00e9alisations ant\u00e9rieures,<br>NON<br>et on a continu\u00e9 ainsi apr\u00e8s la R\u00e9volution tranquille.<br>AUTRE<br>Pourtant, il avait exist\u00e9 un enseignement qui n\u2019\u00e9tait pas l\u2019\u0153uvre d\u2019incultes sans pratique artistique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le dixi\u00e8me \u00e9pisode de la BD&nbsp;<em>Cit\u00e9 solitaire<\/em>&nbsp;de Luis Neves poursuit l\u2019\u00e9vocation de l\u2019ann\u00e9e 1968.<\/p>\n\n\n\n<p>OUI<br>Violence, guerre\u2026<br>NON<br>Contestation, manifestations\u2026<br>AUTRE<br>Il faudra laisser de notre \u00e9poque un souvenir plus r\u00e9jouissant.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais heureusement, comme le dit Sonia Pelletier dans le DOSSIER, que nous vivons une \u00e9poque formidable. S\u2019il est vrai que les mots sont galvaud\u00e9s, qu\u2019ils changent de sens comme on change de chemise, que de nos jours le OUI veut dire NON et le NON, OUI\u2026 tout est quand m\u00eame possible, en y mettant du c\u0153ur. Ensemble. Sans se taper sur la t\u00eate. Assez, c\u2019est assez!<\/p>\n\n\n<div style='display: none;'>Johanne Chagnon<\/div><div style='display: none;'>Johanne Chagnon<\/div><div style='display: none;'>Johanne Chagnon<\/div><div style='display: none;'>Johanne Chagnon<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1303,"featured_media":0,"template":"","categories":[886],"numeros":[5416],"disciplines":[],"statuts":[],"checklist":[],"auteurs":[4826],"artistes":[],"thematiques":[],"type_editoriaux":[],"class_list":["post-180925","editoriaux","type-editoriaux","status-publish","hentry","category-editorial","numeros-21-une-drole-dhistoire","auteurs-johanne-chagnon-en"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/editoriaux\/180925","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/editoriaux"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/editoriaux"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1303"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=180925"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=180925"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=180925"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=180925"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=180925"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=180925"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=180925"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=180925"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=180925"},{"taxonomy":"type_editoriaux","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_editoriaux?post=180925"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}